La mémoire de Marcel Moïse Benkemoun avait été oublié, sa tombe devenue anonyme. Le travail d’un membre des Pionniers du Vercors et de sa nièce ont permis de mettre au jour le parcours de celui qui fut un résistant du Vercors. Une cérémonie lui a rendu hommage en mars dernier.
Marcel Moïse Benkemoun est décédé le 8 janvier 1967. Il est alors inhumé dans le caveau familial de son épouse, Clémentine David, au cimetière Saint Roch à Grenoble. Sans descendance, le caveau n’est pas entretenu pendant de nombreuses années.
C’est au cours de recherches menées par un adhérent de l’association des Pionniers du Vercors que le lien est fait avec Lydia Athurion, sa nièce, qu’il souhaitait adopter. Débute alors un travail de mise au jour de documents, à partir du mois de janvier 2025, conduit par ce membre des Pionniers et Lydia Athurion. C’est le parcours d’un résistant du Vercors qui est ainsi sorti de l’oubli.

Marcel Moise Benkemoun, né en 1893 à Alger, a été mobilisé lors de la Première Guerre mondiale. Il est blessé et décoré de la Médaille militaire – Croix de guerre 14-18. Puis, il s’installe à Grenoble, loin de sa famille.
Le 1er janvier 1943, il rejoint le maquis du Vercors, affecté au PC civil, incorporé dans le groupe des francs tireurs où il assure des fonctions de renseignement et de propagande. Dénoncé, Marcel Benkemoun est arrêté par la Gestapo au café Quezel, cours Berriat puis, il est transféré à Drancy et déporté le 27 mars 1943 à Auschwitz wagon 70. Protégé par un médecin allemand, il sera libéré en mai 1944 et se marie dans la foulée. La guerre a laissé des traces indélébiles et Marcel Benkemoun est pensionné à 100% et proposé au grade d’ officier de la légion d’honneur dont il est décoré le 6 avril 1963.

C’est ce parcours, devant sa tombe rénovée, qui a été évoqué lors d’une cérémonie qui a eu lieu, à l’initiative des Pionniers, au cimetière Saint-Roch de Grenoble le 25 mars dernier. Elle s’est déroulée en présence notamment d’Isabelle Peters, adjointe à la maire de Grenoble ; d’Éric Bois, délégué général du Souvenir français et d’Évelyne Lellouche, secrétaire de la Hevra Kaddisha de Grenoble, aux côtés de nombreux porte-drapeaux et représentants d’associations mémorielles.
Une cérémonie qui aura été marquée par la prise de parole de Lydia Athurion qui a évoqué les recherches conduites pour retrouver la mémoire de celui qui fut un résistant, un déporté, et lui rendre, cinq décennies après sa disparition, l’hommage qui lui est dû.

Après une prière en hébreu, El Male Rahamim, les dépôts de gerbes, le Chant des partisans et le salut aux porte drapeaux ont conclu une cérémonie chargée d’émotion.


