{"id":5880,"date":"2021-03-09T14:25:19","date_gmt":"2021-03-09T13:25:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/?page_id=5880"},"modified":"2021-03-09T14:25:25","modified_gmt":"2021-03-09T13:25:25","slug":"documents-and-analyses","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/documents-and-analyses\/","title":{"rendered":"Documents and analyses"},"content":{"rendered":"\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"maquisdemalleval\">Le maquis de Malleval<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1943, deux maquis coexistent dans les hameaux qui ceinturent le village de Malleval. Un camp FTP, sous la direction de Raymond Perinetti, responsable r\u00e9gional, accueille des membres du FN et du PCF \u00ab&nbsp;grill\u00e9s&nbsp;\u00bb, notamment des cadres, des intern\u00e9s politiques, \u00e0 La Lia, hameau des Belles. Un autre camp, de l\u2019ORA (6<sup>e<\/sup>&nbsp;BCA reconstitu\u00e9), dirig\u00e9 par Gustave Eysseric (<em>Durand<\/em>) est \u00e9galement cr\u00e9\u00e9. Ce dernier a absorb\u00e9 un groupe form\u00e9 par l\u2019abb\u00e9 Grou\u00e8s, plus connu sous le nom d&#8217; <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#hgroues\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">&#8220;Abb\u00e9 Pierre&#8221;<\/a>, auteur plus tard de l\u2019appel de l\u2019hiver 1954 et fondateur de la communaut\u00e9 Emma\u00fcs.<br>\u00c0 No\u00ebl 1943, les camps install\u00e9s dans les environs de Malleval comprennent au total une centaine de maquisards.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 29 janvier au petit matin, la&nbsp;<em>Wehrmacht<\/em>, renseign\u00e9e, attaque le maquis de Malleval. Le village est cern\u00e9 par le bas, \u00e0 partir de Cognin-les-Gorges et, par le haut, \u00e0 partir des falaises et des pas surplombant le cirque. Le pi\u00e8ge est ainsi referm\u00e9 sur les maquisards. \u00c0&nbsp;la suite de l\u2019op\u00e9ration, huit civils seront d\u00e9port\u00e9s, cinq ne reviendront pas.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette op\u00e9ration des troupes allemandes dans le Vercors, alors que ces diff\u00e9rents camps ne d\u00e9pendent pas du \u00ab&nbsp;projet Montagnards&nbsp;\u00bb, illustre la brutalit\u00e9 de l\u2019occupation allemande effective, en remplacement des Italiens, \u00e0 partir de septembre 1943. Elle pr\u00e9figure \u00e9galement les raids et les coups de boutoir de la milice fran\u00e7aise et de la&nbsp;<em>Wehrmacht<\/em>&nbsp;du printemps 1944 au c\u0153ur du massif du Vercors.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Auteur :<\/strong>&nbsp;Julien Guillon<br><strong>Sources :<\/strong><br>Archives d\u00e9partementales de l&#8217;Is\u00e8re 57 J 50\/2. T\u00e9moignage de Jean Luzat, 1975, 4 pages.<br>Archives ANPCVV.<br>PARSUS (J.), <em>Malleval-en-Vercors dans la R\u00e9sistance<\/em>, Le peuple libre, Paris, 2011, 271 pages.<br>BILLAT (P.), &#8220;Lev\u00e9s \u00e0 l\u2019aube de la R\u00e9sistance dauphinoise &#8211; P.C.F.-FRONT NATIONAL-F.T.P.F.<em>&#8221; in La R\u00e9sistance de l\u2019Is\u00e8re<\/em>, Les imprimeurs r\u00e9unis, Sassenage, 1978, 218 pages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Pour en savoir plus&nbsp;: <a href=\"http:\/\/museedelaresistanceenligne.org\/musee\/doc\/pdf\/65.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Raids et coups de boutoir contre la R\u00e9sistance du Vercors<\/a> (G. Giraud)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"combatsbelvederevalchevriere\">21, 22 et 23 juillet 1944&nbsp;; les combats du belv\u00e9d\u00e8re de Valchevri\u00e8re<\/h2>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">I. Le contexte des forces en pr\u00e9sence<\/h4>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">Contexte strat\u00e9gique allemand<\/h6>\n\n\n\n<p>Le 21 juillet 1944, le g\u00e9n\u00e9ral Heinrich Niehoff, commandant l\u2019Arm\u00e9e allemande pour le Sud de la France, attaque le maquis du Vercors dans quatre directions pour pr\u00e9server sa libert\u00e9 d\u2019action sur ses voies de communication entre la M\u00e9diterran\u00e9e et le Lyonnais. Il s\u2019agit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>de Saint-Nizier en direction des Quatre Montagnes ;<\/li><li>de la vall\u00e9e du Drac, pour s\u2019emparer des pas de la falaise orientale&nbsp;;<\/li><li>de la vall\u00e9e de la Dr\u00f4me par Crest, Die et le col de Rousset&nbsp;;<\/li><li>par la troisi\u00e8me dimension \u00e0 Vassieux-en-Vercors, en proc\u00e9dant \u00e0 un assaut de parachutistes pos\u00e9s en planeurs.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Il est second\u00e9, notamment, par le g\u00e9n\u00e9ral Karl Pflaum, commandant la 157\u00b0 division de r\u00e9serve (157<sup>e<\/sup> DR).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ce qui concerne le Vercors-Nord, Pflaum engage le 2<sup>e<\/sup> bataillon de r\u00e9serve des Gebirgsj\u00e4ger 100, command\u00e9 par Seeger. L\u2019effectif du bataillon est de six cents hommes. Il d\u00e9bouche de Saint-Nizier :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>avec un sous groupement r\u00e9duit, en direction de la cr\u00eate de la Croix Perrin, Autrans et M\u00e9audre ;<\/li><li>avec un autre sous groupement plus important, il progresse vers Villard-de-Lans et Corren\u00e7on-en-Vercors. C\u2019est son axe d\u2019effort. Il concerne, notamment, le chemin carrossable du secteur du Belv\u00e9d\u00e8re.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">Contexte tactique allemand<\/h6>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Carte_EM_1950-1012x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5378\" width=\"506\" height=\"512\" srcset=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Carte_EM_1950-1012x1024.jpg 1012w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Carte_EM_1950-296x300.jpg 296w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Carte_EM_1950-768x777.jpg 768w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Carte_EM_1950.jpg 1156w\" sizes=\"auto, (max-width: 506px) 100vw, 506px\" \/><figcaption>Carte d&#8217;\u00e9tat-major, 1950. Echelle 1\/68000<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>A partir de Villard-de-Lans, la Wehrmacht doit s\u2019ouvrir une ouverture dans la d\u00e9fense de la R\u00e9sistance, via la route carrossable, actuellement dite \u00ab&nbsp;<em>du chemin<\/em> <em>de croix de Vachevri\u00e8re<\/em>&nbsp;\u00bb , pour atteindre La Chapelle-en-Vercors et, de l\u00e0, \u00e9tablir une liaison avec les parachutistes de Vassieux-en-Vercors.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ennemi a trois possibilit\u00e9s de progression&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>la route des gorges de la Bourne, mais le pont de la Goule Noir est d\u00e9truit ;<\/li><li>la ligne de cr\u00eate de l\u2019Ange et les pas de l\u2019\u00c2ne et de la Sambue ;<\/li><li>le chemin carrossable qui franchit le verrou naturel du Belv\u00e9d\u00e8re et le hameau de Valchevri\u00e8re, puis rejoint Saint-Julien-en-Vercors.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Contexte strat\u00e9gique de la R\u00e9sistance en Vercors<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p>Sa strat\u00e9gie repose sur l\u2019attente du d\u00e9clenchement du projet Montagnards en liaison avec un d\u00e9barquement des Alli\u00e9es en Provence et de l\u2019organisation civile et militaire du massif en cons\u00e9quence.<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Contexte tactique de la r\u00e9sistance en Vercors<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/documents-et-analyses\/#bataillenizierbrisac\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">l\u2019attaque allemande \u00e0 Saint-Nizie<\/a>r, les 13 et 15 juin 1944, Fran\u00e7ois Huet (<em>Hervieux<\/em>) ordonne un repli sur les hauteurs Ouest des Quatre Montagne&nbsp;; la ligne de d\u00e9fense s\u2019\u00e9tend de la for\u00eat de la Loubi\u00e8re, au sud, \u00e0 la zone de la Croix Perrin, au nord, avec un contr\u00f4le de l\u2019entr\u00e9e des gorges de la Bourne. La zone donne un acc\u00e8s direct \u00e0 l\u2019art\u00e8re vitale du Vercors qui relie Rencurel, Saint-Julien-en-Vercors et Saint-Martin-en-Vercors.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>II. Les combats Les combats du bois de la Loubi\u00e8re, dont celui du verrou du Belv\u00e9d\u00e8re de Valchevri\u00e8re<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Description du terrain d\u2019affrontement<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p>La rive droite des gorges de la Bourne est domin\u00e9e par le Gros Martel (1557m). Le terrain est tr\u00e8s pentu et bois\u00e9. L\u2019entr\u00e9e des gorges est tributaire de l\u2019unique pont de la Goule noire.<\/p>\n\n\n\n<p>La rive gauche de la Bourne, domin\u00e9e par le Belv\u00e9d\u00e8re de Vachevri\u00e8re, bois\u00e9e et difficile d\u2019acc\u00e8s&nbsp;; elle d\u00e9bouche, \u00e0 l\u2019est, sur la zone plate et d\u00e9gag\u00e9e du Bois Barbu.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Carte_EM_1950_2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5380\" width=\"582\" height=\"542\" srcset=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Carte_EM_1950_2.jpg 776w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Carte_EM_1950_2-300x280.jpg 300w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Carte_EM_1950_2-768x716.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 582px) 100vw, 582px\" \/><figcaption>Carte d&#8217;\u00e9tat-major, 1950. Echelle 1\/34000.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>La cr\u00eate de l\u2019Ange (1500m) domine Corren\u00e7on-en-Vercors (1055m)&nbsp;; elle est tr\u00e8s bois\u00e9e et pentue vers son sommet&nbsp;; elle est franchissable au pas de la Sambue (1390m), au pas de l\u2019\u00c2ne (1423m) et au collet de la Coinchette.<\/p>\n\n\n\n<p>La ferme d\u2019Herbouilly est dans un grand espace libre au pied du pas de la Sambue, \u00e0 l\u2019ouest.<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Enjeu de la bataille pour la r\u00e9sistance<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p>Le 21 juillet 1944, le territoire des Quatre Montagnes est occup\u00e9&nbsp;par l\u2019ennemi&nbsp;; La Wehrmacht attaque pour s\u2019emparer des pas de la falaise orientale&nbsp;; le 24 juillet l\u2019objectif est atteint&nbsp;; le pas de la Balme est franchi, la route est ouverte vers Corren\u00e7on-en-Vercors&nbsp;; Vassieux-en-Vercors est occup\u00e9&nbsp;; le Belv\u00e9d\u00e8re est le dernier obstacle avant la prise de d\u00e9cisions majeures du commandement, au cas o\u00f9 les Allemands neutraliseraient la derni\u00e8re r\u00e9sistance du Vercors.<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Dispositif de la r\u00e9sistance<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p>Le dispositif d\u00e9fensif est aux ordres de <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#jprevost\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Pr\u00e9vost (<em>Goderville<\/em>)<\/a>&nbsp;; il est install\u00e9 \u00e0 la ferme d\u2019Herbouilly . Il comprend&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/documents-et-analyses\/#belmont\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">la compagnie Brisac (<em>Belmont<\/em><\/a>) qui contr\u00f4le les hauteurs nord des gorges de la Bourne ;<\/li><li>le 14 juillet 1944, la compagnie Chabal du 6<sup>e<\/sup> BCA qui s\u2019installe au Belv\u00e9d\u00e8re&nbsp;; son effectif est de l\u2019ordre de 60 \u00e0 80 combattants selon les historiens&nbsp;; elle est organis\u00e9e en deux ou trois sections, dont la section aguerrie qui a combattu \u00e0 Saint-Nizier et la section des \u00ab&nbsp;jeunes&nbsp;\u00bb mobilis\u00e9s le 9 juin et par cons\u00e9quent moins aguerris, mais non moins motiv\u00e9s ;<\/li><li>la 4<sup>e<\/sup> compagnie de Pr\u00e9vost (Goderville), du 6<sup>e<\/sup> BCA, qui occupe le pas de la Sambue et le pas de l\u2019\u00c2ne. La Sambue est tenue, notamment, par les sections Bouchier et Liotard. Quelques \u00e9l\u00e9ments du groupe Vallier arriveront en renfort le 24 au matin apr\u00e8s avoir combattu \u00e0 la Croix Perrin et \u00e0 Valchevri\u00e8re, le reste du groupe restant avec l\u2019\u00e9tat-major en for\u00eat de Lente ;<\/li><li>des \u00e9l\u00e9ments de la <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/documents-et-analyses\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">compagnie <\/a><a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/documents-et-analyses\/#compagniephilippe\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Ullmann<\/a> (<em>Philippe<\/em>) (12<sup>e<\/sup> BCA) qui sont aux avant-postes, \u00e0 la Glaci\u00e8re de Corren\u00e7on il s\u2019agit de la section Philippe ;<\/li><li>les tirailleurs \u00ab&nbsp;s\u00e9n\u00e9galais&nbsp;\u00bb du lieutenant Point sont sur les hauteurs entre Chabal et la 2<sup>e<\/sup> compagnie.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Soit, au total, quatre cents hommes r\u00e9partis sur 15 kilom\u00e8tres.<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019engagement des Allemands<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p>A l\u2019\u00e9vidence, Seeger applique son axe d\u2019effort sur le chemin du Belv\u00e9d\u00e8re. Comme \u00e0 Saint-Nizier, il proc\u00e8de d\u2019abord \u00e0 des reconnaissances offensives pour localiser les d\u00e9fenses et en estimer le volume et les capacit\u00e9s de combat. Ensuite, il attaque en force les centres de r\u00e9sistance identifi\u00e9s, en combinant l\u2019avance des unit\u00e9s d&#8217;infanterie avec un appui de tirs de mortiers, arme \u00e0 tir courbe excellente en montagne.<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>L&#8217;action des R\u00e9sistants de la cr\u00eate de l\u2019Ane<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p>Le 21 juillet, ils repoussent la reconnaissance de la Wehrmacht \u00e0 la Glaci\u00e8re de Corren\u00e7on. Mais ce ne sera qu\u2019un r\u00e9pit. Les combats dans le secteur de la cr\u00eate de l\u2019\u00c2ne dureront jusqu\u2019au 24 juillet par l\u2019occupation de la Sambue.<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>La compagnie Chabal<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p>La compagnie arrive au Belv\u00e9d\u00e8re, le 14 juillet 1944, venant de la maison foresti\u00e8re de Chalimont. Chabal d\u00e9ploie son unit\u00e9 en deux groupes&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>la section des \u00ab&nbsp;anciens de Saint-Nizier&nbsp;\u00bb aguerris est aux avant-postes, \u00e0 hauteur de la grande Combe et en profondeur et en retrait sur le chemin. Une sonnette est install\u00e9e \u00e0 l\u2019avant pour observer la sortie du Bois Barbu ;<\/li><li>la section des \u00ab&nbsp;jeunes mobilis\u00e9s le 9 juin.&nbsp;\u00bb, moins instruite en vue du combat, mais tout aussi motiv\u00e9e, se d\u00e9ploie \u00e0 proximit\u00e9 dans les bois de la Loubi\u00e8re surplombant le chemin.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Les-combats-de-Valchevrie\u0300re-1280x909.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5372\" width=\"640\" height=\"455\" srcset=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Les-combats-de-Valchevrie\u0300re-1280x909.jpg 1280w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Les-combats-de-Valchevrie\u0300re-300x213.jpg 300w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Les-combats-de-Valchevrie\u0300re-768x546.jpg 768w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Les-combats-de-Valchevrie\u0300re-1536x1091.jpg 1536w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Les-combats-de-Valchevrie\u0300re-2048x1455.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Chabal installe son PC sur l\u2019esplanade du Belv\u00e9d\u00e8re entour\u00e9 de quelques compagnons. L\u2019armement comprend&nbsp;: mitraillettes&nbsp;\u00bb Sten, fusils-mitrailleurs Bren, fusils Lee-Enfield, bazookas et mines. Le terrain est am\u00e9nag\u00e9 pour la d\u00e9fensive&nbsp;: arbres coup\u00e9s, champs de tir d\u00e9gag\u00e9s, postes de combat prot\u00e9g\u00e9s par des rondins, mines pos\u00e9es dans le bois pour \u00e9viter tout d\u00e9bordement de la position. Les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques sont mauvaises&nbsp;: pluie incessante, ce qui a l\u2019avantage de g\u00eaner l\u2019engagement de l\u2019aviation mais glace les corps de combattants.<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le d\u00e9roulement des \u00e9v\u00e9nements<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p><strong>Le 22 juillet, <\/strong>16 heures, les Allemands lancent une reconnaissance offensive appuy\u00e9es par des tirs de mitrailleuses lourdes et de mortiers. Les avant-postes sont bouscul\u00e9s&nbsp;; une contre-attaque, appuy\u00e9e par la section Bouchier arriv\u00e9e en renfort, r\u00e9tablit le dispositif. Il en d\u00e9coule un sentiment trompeur de victoire, mais Chabal sait que le plus dur est \u00e0 venir. Bouchier rejoint <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#jprevost\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Pr\u00e9vost<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le 23 juillet<\/strong>, le contact est subitement pris avec les Allemands sur le chemin. Ils fixent les avant-postes et s\u2019infiltrent dans les sous-bois pour les d\u00e9border par le haut. Un violent tir de mortiers s\u2019abat sur la position. Risquant l\u2019enveloppement, les combattants se replient vers le Belv\u00e9d\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabal tente d\u2019occuper les hauteurs qui dominent l\u2019esplanade, trop tard, les Allemands sont d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents. Bless\u00e9, il continue \u00e0 titrer&nbsp;; il confie \u00e0 Pitoulard le soin de porter son dernier message \u00e0 Pr\u00e9vost \u00e0 Herbouilly&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Je suis presque compl\u00e9tement encercl\u00e9. Nous nous appr\u00eatons \u00e0 faire Sidi-Brahim. Vive la France<\/em>&nbsp;\u00bb. Pitoulard ne trouvant pas Prevost, il remet le message \u00e0 Tanant <em>(Laroche<\/em>). Chabal rappelle aux rescap\u00e9s que le point de ralliement est le collet de la Coinchette. Il est tu\u00e9 \u00e0 son poste de combat.<\/p>\n\n\n\n<p>Liste des combattants tu\u00e9s&nbsp;: lieutenant Chabal, lieutenant Freddy Salomon (<em>Passy<\/em>), chasseurs Renoux, Vincendon, Perrin, Palme et Mulheim. Leurs noms figurent sur la st\u00e8le murale de l\u2019esplanade du Belv\u00e9d\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Monument-6e-BCA-1111x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5387\" width=\"556\" height=\"512\" srcset=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Monument-6e-BCA-1111x1024.jpg 1111w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Monument-6e-BCA-300x276.jpg 300w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Monument-6e-BCA-768x708.jpg 768w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Monument-6e-BCA-1536x1415.jpg 1536w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Monument-6e-BCA-2048x1887.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 556px) 100vw, 556px\" \/><figcaption>La st\u00e8le murale de l\u2019esplanade du Belv\u00e9d\u00e8re de Valchevri\u00e8re.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Situation le 24 juillet<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Les Allemands occupent le hameau de Valchevri\u00e8re&nbsp;d\u00e9sert\u00e9 par ses habitants. Ils incendient les maisons, sauf l\u2019\u00e9glise. Pr\u00e9vost rend compte \u00e0 Fran\u00e7ois Huet (<em>Hervieux) <\/em>que la cr\u00eate de l\u2019Ange et le chemin du belv\u00e9d\u00e8re sont aux mains des Allemands. Vassieux \u00e9tant d\u00e9finitivement occup\u00e9 par les parachutistes renforc\u00e9s par voie a\u00e9rienne, Fran\u00e7ois Huet d\u00e9cide la dispersion des unit\u00e9s dans les bois du massif.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>La dispersion<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s le 24 juillet, le groupe Vallier se reforme en for\u00eat de Lente o\u00f9 il combat \u00e0 la Sapine (un tu\u00e9) et assure le ravitaillement de l\u2019\u00e9tat-major par des descentes dans la plaine.<\/p>\n\n\n\n<p>La section Philippe rejoint la <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/documents-et-analyses\/#compagniephilippe\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">compagnie Ullmann (<em>Philippe<\/em>)<\/a>, 12<sup>e<\/sup> BCA, dans la for\u00eat de Lente.<\/p>\n\n\n\n<p>Le groupe des \u00ab&nbsp;S\u00e9n\u00e9galais&nbsp;\u00bb se replie en deux groupes et, par des itin\u00e9raires diff\u00e9rents, ils rejoignent la for\u00eat de Lente o\u00f9 ils se regroupent.<\/p>\n\n\n\n<p>Ob\u00e9issant aux ordres de son chef, le gros de la compagnie Chabal rejoint le collet de la Coinchette en passant, au pr\u00e9alable, par le PC de F. Huet \u00e0 Saint-Martin. Une autre \u00e9quipe redescend au hameau de Valchevri\u00e8re et rejoint la for\u00eat des Coulmes puis une cache au-del\u00e0 de Malleval.<\/p>\n\n\n\n<p>Au re\u00e7u de l\u2019ordre de dispersion, le d\u00e9tachement de la cr\u00eate de l&#8217;Ange se replie, notamment \u00e0 Herbouilly, passe pr\u00e8s de Roybon (baraque Magnan), atteint la plaine de la Sarna, o\u00f9 l\u2019ordre est donn\u00e9 d\u2019\u00e9clater la compagnie <em>Goderville<\/em> en petits groupes de gu\u00e9rilla. <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#jprevost\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Jean Pr\u00e9vost<\/a> (<em>Goderville<\/em>) trouve refuge avec un petit groupe \u00e0 la Grotte des F\u00e9es, au-dessus du hameau des Valets. Le 1er ao\u00fbt 1944,&nbsp;alors qu&#8217;il tentait de sortir du Vercors encercl\u00e9, il tombe sous les balles de tireurs allemands post\u00e9s au Pont-Charvet, pr\u00e8s de Sassenage, avec quatre de ses camarades. Louis Bouchier prend alors le commandement des \u00e9l\u00e9ments dispers\u00e9s de la compagnie et participe \u00e0 la lib\u00e9ration de Romans du 22 au 27 ao\u00fbt 1944.&nbsp;Par la suite,&nbsp;apr\u00e8s la mort de son chef Jean Pr\u00e9vost, il regroupa les \u00e9l\u00e9ments de la compagnie pour les lancer \u00e0 la seconde attaque de Romans les 22, 27 et 28 ao\u00fbt 1944<strong>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Auteur :<\/strong> Guy Giraud<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Sources<\/strong><br>Colonel Richard Marillier \u00ab&nbsp;<em>Vercors 1943-1944 malentendu permanent<\/em>&nbsp;\u00bb, Editions de l\u2019Arman\u00e7on, mai 2003, 205p<br>Commandant Pierre Tanant, \u00ab&nbsp;<em>Vercors Haut lieu de France- Souvenirs<\/em> \u00bb, Editions Artaud&nbsp;; 1947, 228p.<br>Fran\u00e7ois Roche, \u00ab&nbsp;<em>Fran\u00e7ois Huet chef militaire du Vercors-Une vie au service de la<\/em> <em>France<\/em>&nbsp;\u00bb, Editions Italiques, 303p.<br>Mus\u00e9e de la r\u00e9sistance en ligne, \u00ab&nbsp;<em>Exposition Vercors-R\u00e9sistant<\/em>&nbsp;\u00bb.<br>L\u2019Hirondelle des diables bleus n\u00b0106 de janvier 2017, <em>\u00ab&nbsp;Ma v\u00e9rit\u00e9 sur le Vercors de Robert Pitoulard&nbsp;\u00bb, 4p<\/em><br>Peter Lieb, \u00ab&nbsp;<em>Vercors 1944, Resistance in the French Alps<\/em>&nbsp;\u00bb, Editions Osprey publishing 2012, 96p<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"250\" src=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Village_Valchevrie\u0300re_site.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5473\" srcset=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Village_Valchevrie\u0300re_site.jpg 400w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Village_Valchevrie\u0300re_site-300x188.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption>Le village d\u00e9truit et la chapelle de Valchevri\u00e8re, en 2020.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"messagesradio\">Une s\u00e9lection de messages radio \u00e9chang\u00e9s entre le Vercors et Alger ou Londres en 1944<\/h2>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cette s\u00e9lection a \u00e9t\u00e9 construite \u00e0 partir des travaux de Fernand Rude et des archives de Robert Bennes, repris par Philippe Huet.<\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table is-style-stripes\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><br><strong>\u00c9metteur <\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>Alger<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>Londres<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>Total<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Bennes (<em>Bob<\/em>)<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">15<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">3<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>18<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Descour (<em>Bayard<\/em>, <em>P\u00e9rim\u00e8tre<\/em>)<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">16<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">1<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>17<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Zeller (<em>Faisceau<\/em>)<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">13<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">3<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>16<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>De Lassus Saint-Geni\u00e8s (<em>Legrand<\/em>) de la Dr\u00f4me<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">7<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">0<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>7<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Longe (<em>Eucalytptus<\/em>)<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">3<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">0<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>3<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Huet (<em><a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#huet\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Hervieux<\/a><\/em>)<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">2<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">0<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>2<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Chavant (<em>Cl\u00e9ment<\/em>)<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">1<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">0<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>1<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Tournissa (<em>Paquebot<\/em>)<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">9<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">0<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>9<\/strong><\/td><\/tr><tr><td><strong>Total<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>66<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>7<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>73<\/strong><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><figcaption><em><strong>Tableau 1<\/strong> &#8211; Du Vercors vers Alger ou Londres<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table is-style-stripes\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><strong>\u00c9metteur<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>Constans (<em>Saint-Sauveur<\/em>)<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>Cochet<\/strong> <strong>(\u00e9tat-major<\/strong> <strong>de la D\u00e9fense nationale)<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>SPOC<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>Total<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Alger pour le Vercors<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">13<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">4<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">1<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>18<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Londres pour le Vercors<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>5<\/strong><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><figcaption><br><em><strong>Tableau 2 <\/strong>&#8211; D\u2019Alger ou de Londres pour le Vercors<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table is-style-stripes\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><br>  <\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>Entre le 10 et le 30 juin<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>Entre le 1er et le 14 juillet<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>Entre le 15 et le 27 juillet<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>Total<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Du Vercors vers Londres ou Alger<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">27<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">18<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">28<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>63<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>De Londres ou d\u2019Alger vers le Vercors<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">5<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">8<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\">10<\/td><td class=\"has-text-align-right\" data-align=\"right\"><strong>23<\/strong><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><figcaption><em><strong>Tableau 3<\/strong> &#8211; Flux de messages du 10 juin au 27 juillet 1944<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>On observe, avec les r\u00e9serves d\u2019usage, que les comptes rendus et demandes du Vercors sont les plus intenses au d\u00e9but et \u00e0 la fin de la p\u00e9riode. Les r\u00e9ponses d\u2019Alger et de Londres sont, elles, moins nombreuses que les questions&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Sur plus de vingt messages, quatorze concernent des demandes de la R\u00e9sistance :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>de mortiers ;<\/li><li>d\u2019\u00e9quipement de 18 compagnies types maquis et de six compagnies lourdes ;<\/li><li>d\u2019envoi de mitrailleuses l\u00e9g\u00e8res et lourdes, de bazookas ;<\/li><li>de munitions pour chaque type d\u2019arme ;<\/li><li>d\u2019arr\u00eat de l\u2019envoi de mitraillettes de type Sten, car l\u2019arme est dangereuse \u00e0 l\u2019emploi et a une port\u00e9e insuffisante. <\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019initiative d\u2019Alger, l\u2019envoi de dix batteries de canons si les hommes sont pr\u00eats \u00e0 leur mise en \u0153uvre (il ne sera pas donn\u00e9 suite \u00e0 cette offre).<br>\u00c0 l\u2019automne 1945, R. Bennes recopie, de sa main, les messages \u00e9chang\u00e9s entre le Vercors et Londres et Alger \u00e0 partir du 8 juin, date de l\u2019installation des radios \u00e0 la Briti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces documents \u00e9taient archiv\u00e9s \u00e0 la DGSR, boulevard Suchet \u00e0 Paris. Les plus caract\u00e9ristiques, en regard de la situation de la R\u00e9sistance en Vercors, sont pr\u00e9sent\u00e9s ci- dessous.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table is-style-stripes\"><table><tbody><tr><td><strong>Date de r\u00e9ception<\/strong><\/td><td><strong>Exp\u00e9diteur<\/strong><\/td><td><strong>Destinataire (s)<\/strong><\/td><td><strong>Texte<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>10\/06\/1944<\/td><td><em>Bob <\/em>(Bennes)<\/td><td><em>Saint-Sauveur<\/em><\/td><td><em>Bayard<\/em> vous rappelle urgence parachutage <em>Homo et Arma<\/em> r\u00e9gion Vercors. Pouvons recevoir au moins un, je dis un, r\u00e9giment de parachutistes. Mobilisation faite dans Vercors mais armement actuel tr\u00e8s insuffisant. Ne pouvons r\u00e9sister si sommes attaqu\u00e9s. Manque armement l\u00e9ger et lourd pour 2000 hommes, je dis 2000 hommes bastion Vercors. Est urgent les armer et les \u00e9quiper. Terrains Taille-Crayon, Coupe-papier et Papier- Gomm\u00e9, pr\u00eats \u00e0 recevoir de nuit ou de jour. Respects, <em>Bob<\/em>.<\/td><\/tr><tr><td>10\/06\/1944<\/td><td><em>P\u00e9rim\u00e8tre<\/em><br>(Descour)<\/td><td>BCRAA, DGSS et <em>Saint-Sauveur<\/em><\/td><td>Vercors 2 000 volontaires \u00e0 armer. Stop. Enthousiasme premier fl\u00e9chit devant carence armement. Urgence extr\u00eame envoyer hommes, armes, essence, tabac d\u2019ici 48 heures maximum. Attaque en force possible. Impossible de r\u00e9sister efficacement dans conditions actuelles. Echec entra\u00eenerait repr\u00e9sailles impitoyables sur population. Serait d\u00e9sastre pour r\u00e9sistance r\u00e9gion. Troupes arm\u00e9es ont 3 minutes de tir seulement.<\/td><\/tr><tr><td>10\/06\/1944<\/td><td><em>P\u00e9rim\u00e8tre<\/em><br>(Descour)<\/td><td>DTSS<\/td><td>Pour Vercors demandons armement type maquis pour 18 compagnies l\u00e9g\u00e8res et type lourd pour 6 compagnies lourdes. Ces effectifs une fois arm\u00e9s sont strictement n\u00e9cessaires Vercors. Serons alors pr\u00eats \u00e0 op\u00e9rations offensives toutes directions. Mobilisation a \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9e sur assurance formelle recevoir armement. Stop. Non-ex\u00e9cution promesse cr\u00e9era Vercors situation dramatique<\/td><\/tr><tr><td>12\/06\/1944<\/td><td><em>Bob<\/em><\/td><td><em>Saint-Sauveur<\/em><\/td><td>Envoyer urgence max. sur chaque terrain Bob dans Vercors. manquons mitrailleuses, F.M., mortiers, si possible armes antichars et canons. Boite aux lettres pour moi Givors inchang\u00e9e, Valence Dr\u00f4me-bar 60 rue des Alpes-dire patronne <em>Quel est le jour de l\u2019enterrement de Mme. Pierre<\/em>&#8211; R\u00e9ponse lettre \u00e0 mon code. Troisi\u00e8me boite Mme. Bec institutrice St. Nazaire-en-Royans, Dorme. Mot de passe.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><figcaption><em><strong>Tableau 4 <\/strong>&#8211;<strong> <\/strong>Demandes de renforcements en combattants et armes Vercors vers Alger.<br>Sources : F. Rude (<\/em>Revue de l\u2019Arm\u00e9e<em>) et archives de R. Bennes<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table is-style-stripes\"><table><tbody><tr><td><strong>Date de r\u00e9ception<\/strong><\/td><td><strong>Exp\u00e9diteur<\/strong><\/td><td><strong>Destinataire<\/strong><\/td><td><strong>Texte<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>12\/06\/1944<\/td><td><em>Saint-Sauveur<\/em><\/td><td><em>P\u00e9rim\u00e8tre<\/em><\/td><td>Selon expos\u00e9 <em>Cl\u00e9ment<\/em> programme \u00e9quipement 5 compagnies en premi\u00e8re urgence, 5 compagnies 2e urgence. Stop. Seul obstacle jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent conditions atmosph\u00e9riques. Stop. Ferons de notre mieux suivant possibilit\u00e9s transports a\u00e9riens limit\u00e9es. Amiti\u00e9s<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><figcaption><em><strong>Tableau 5<\/strong><\/em> &#8211; <em>Demandes de renforcements en combattants et armes Alger vers Vercors<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table is-style-stripes\"><table><tbody><tr><td><strong>Date de r\u00e9ception<\/strong><\/td><td><strong>Exp\u00e9diteur<\/strong><\/td><td><strong>Destinataire<\/strong><\/td><td><strong>Texte<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>24\/06\/1944<\/td><td><em>Faisceau<\/em><\/td><td>Alger<\/td><td>Renouvelle demande bombardement urgent et r\u00e9p\u00e9t\u00e9 sur terrain avions Chabeuil, 50 \u00e0 60 appareils sur terrain ou dans bois \u00e0 proximit\u00e9<\/td><\/tr><tr><td>27\/06\/1944<\/td><td><em>Rogers<\/em><\/td><td><em>Saint-Sauveur<\/em><\/td><td><br>Vous devez imm\u00e9diatement bombarder un a\u00e9rodrome \u00e0 Chabeuil. Il est absolument certain qu\u2019il y a 110 avions de Salon et Avignon dans les bois autour du terrain. Vercors menac\u00e9 de l\u00e0. Ceci est absolument essentiel. Tr\u00e8s important stock de bombes non encore plac\u00e9s dans les abris. Demandons l\u2019aviation dessus + commande du docteur Raoul (<em>Rozan<\/em>) de mat\u00e9riel sanitaire et m\u00e9dicaments pour 3 000 hommes.<\/td><\/tr><tr><td>4\/07\/1944<\/td><td><em>Saint-Sauveur<\/em><\/td><td><em>Faisceau<\/em><\/td><td>Aviation alli\u00e9e a photographi\u00e9 terrain Chabeuil et n\u2019a trouv\u00e9 trace que de 10 avions. Avons re\u00e7u 3 coordonn\u00e9es diff\u00e9rentes. Pr\u00e9ciser coordonn\u00e9es terrain d\u2019urgence.<br><em>Ndlr : les avions alli\u00e9s prennent des photos en volant \u00e0 tr\u00e8s haute altitude. Il est donc difficile de rep\u00e9rer des avions allemands camoufl\u00e9s dans les bois et prot\u00e9g\u00e9s par une d\u00e9fense contre avion (DCA) dangereuse.<\/em><\/td><\/tr><tr><td>14\/07\/1944<\/td><td><em>Saint-Sauveur<\/em><\/td><td><em>P\u00e9rim\u00e8tre<\/em><\/td><td>Redemandons \u00e0 l\u2019aviation bombardement de jour Chabeuil. Confirmez d\u2019urgence pour assurer coup de main la nuit sur avions dispers\u00e9s en cas seconde attaque de plus petite envergure qui aurait comme but de d\u00e9sorganiser la garde des installations. Confirmez que vous pouvez entrer en action sous pr\u00e9avis 12 heures.<br><em>Ndlr : L\u2019a\u00e9rodrome de Valence-Chabeuil sera bombard\u00e9 le 24 juillet. Une trentaine d\u2019avions seront d\u00e9truits. Cette action survient trop tard pour soulager les combattants du Vercors.<\/em><\/td><\/tr><tr><td><br>23\/07\/1944, 19 heures<\/td><td><em><a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#huet\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Hervieux<\/a><\/em><\/td><td>Alger<\/td><td>Parachutistes contenus dans Vassieux. Bombardements et mitraillages. Les hommes sont fatigu\u00e9s et le ravitaillement manque. 300 camions et 4 chars montent de Die. Demandons bombardement massif de Chabeuil et de Saint- Nizier. Demande parachutage \u00e0 Saint-Martin o\u00f9 nous pouvons recevoir. Aidez-nous vite.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><figcaption><em><strong>Tableau 6<\/strong> &#8211; Messages relatifs \u00e0 l\u2019a\u00e9rodrome de Valence-Chabeuil (Dr\u00f4me)<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table is-style-stripes\"><table><tbody><tr><td><strong>Date de r\u00e9ception<\/strong><\/td><td><strong>Exp\u00e9diteur<\/strong><\/td><td><strong>Destinataire<\/strong><\/td><td><strong>Texte<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>5 juillet 1944<\/td><td><em>Saint-Sauveur<\/em><\/td><td><em>P\u00e9rim\u00e8tre<\/em><\/td><td>Alpes annonce mise \u00e0 disposition Vercors artillerie de montagne avec 1e envoi 2 \u00e0 3 pi\u00e8ces de 75 am\u00e9ricains pouvant servir comme antichars. Demande si Vercors a personnel et mat\u00e9riel n\u00e9cessaire.<\/td><\/tr><tr><td>5 juillet 1944<\/td><td><em>P\u00e9rim\u00e8tre<\/em><\/td><td><em>Saint-Sauveur<\/em><\/td><td>Acceptons avec enthousiasme envoi imm\u00e9diat 3 pi\u00e8ces 75 am\u00e9ricains. Davantage si possible. Sommes en mesure \u00e9quiper en cadre, personnel, transport. 1 groupe complet sous r\u00e9serve envoi environ 24 boites. Proportion munitions : 70 % instantan\u00e9s ou sans retard, 30 % perforants.<\/td><\/tr><tr><td>5 juillet 1944<\/td><td><em>P\u00e9rim\u00e8tre<\/em><\/td><td><em>Saint-Sauveur<\/em><\/td><td>Correction : 60 % instantan\u00e9s, 10 % retard ; encadrement pour 3 batteries de + possibles mais essence indispensable, mat\u00e9riel de transmission t\u00e9l\u00e9phonique.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><figcaption><strong><em>Tableau 7 <\/em><\/strong>&#8211; <em>Messages relatifs \u00e0 l\u2019artillerie<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table is-style-stripes\"><table><tbody><tr><td><strong>Date de r\u00e9ception<\/strong><\/td><td><strong>Exp\u00e9diteur<\/strong><\/td><td><strong>Destinataire<\/strong><\/td><td><strong>Texte<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>14\/06\/44<\/td><td><em>P\u00e9rim\u00e8tre<\/em><\/td><td>Constans (<em>Saint-Sauveur<\/em>)<\/td><td>Vercors attaqu\u00e9 le 13 par bataillon ennemi, dut abandonner lutte apr\u00e8s 12 h combat. Attendons reprise offensive bref d\u00e9lai. Avons 8 tu\u00e9s et 4 bless\u00e9s. Manquons armes. Vous demandons redoubler effort pour nous venir en aide. Population se l\u00e8ve en masse contre ennemi. Effectif \u00e0 armer augmente tous les jours. Bazookas ont fait merveille.<\/td><\/tr><tr><td><br>22\/06\/44<\/td><td><em>P\u00e9rim\u00e8tre<\/em><\/td><td><br><em>Delphin<\/em> et <em>Saint-Sauveur<\/em><\/td><td>Vercors va \u00eatre attaqu\u00e9 au N.E et Sud. Impossibilit\u00e9 tenir si sommes pas secourus imm\u00e9diatement. Possibilit\u00e9s magnifiques ouvertes par Vercors pour op\u00e9rations \u00e0 venir seront perdues. Amiti\u00e9s.<\/td><\/tr><tr><td>22\/06\/44<\/td><td><em>Saint-Sauveur<\/em><\/td><td><em>P\u00e9rim\u00e8tre<\/em><\/td><td>Savons importance Vercors. Mettons tout en \u0153uvre pour vous aider. Serez servis d\u00e8s que conditions atmo le permettront. Amiti\u00e9s saint-Sauveur. F\u00e9licitations pour admirable tenue Vercors.<\/td><\/tr><tr><td>28\/06\/44<\/td><td><em>Saint-Sauveur<\/em><\/td><td><em>Bob<\/em><\/td><td>Importance primordiale Vercors, n\u00e9cessitant pr\u00e9sence sur place officier op\u00e9ration ayant fait ses preuves et sur lequel on peut compter en raison excellent travail fait jusqu\u2019\u00e0 ce jour. Envoi prochain agent <em>Paquebot<\/em> pour \u00e9tablissement piste atterrissage dans le Vercors. Vous demandons faciliter maximum son travail.<\/td><\/tr><tr><td>12\/07\/1944<\/td><td>Cochet<\/td><td><em>P\u00e9rim\u00e8tre <\/em>(alors en d\u00e9placement dans l\u2019Ain)<\/td><td>Renseignements de bonnes sources indiquent des possibilit\u00e9s attaque allemande en force sur le Vercors. Vous demande donner tous indices permettant confirmation de la menace et pr\u00e9cisions permettant de d\u00e9clencher op\u00e9ration a\u00e9rienne dont nous allons demander pr\u00e9paration.<br><em>Ndlr : Commentaire de F. Huet (archives Huet). Je n\u2019ai pas eu connaissance de ce message. Pourquoi Alger ne nous a-t-il pas d\u00e9livr\u00e9s de la mission Vidal (Projet Montagnards)?<\/em><\/td><\/tr><tr><td>15\/07\/1944<\/td><td>Koenig<\/td><td>Soustelle<\/td><td><em>(Texte transmis \u00e0 Cochet par Soustelle)<\/em><br>Le g\u00e9n\u00e9ral Koenig rappelle que le Vercors appartient \u00e0 la zone Nord. Veuillez demander au Gal Cochet l\u2019aide qu\u2019il attend du g\u00e9n\u00e9ral Koenig qui s\u2019efforcera de satisfaire \u00e0 ses demandes. Tous ordres \u00e0 acheminer sur le Vercors doivent \u00e9maner du g\u00e9n\u00e9ral Koenig seul.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><figcaption><strong><em>Tableau 8<\/em><\/strong> &#8211; <em>Messages relatifs \u00e0 la strat\u00e9gie<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table is-style-stripes\"><table><tbody><tr><td><strong>Date de r\u00e9ception<\/strong><\/td><td><strong>Exp\u00e9diteur<\/strong><\/td><td><strong>Destinataire<\/strong><\/td><td><strong>Texte<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>22 juillet, vers 2h du matin (radio : Aspirant Marcel Chapuis)<\/td><td>Chavant (<em>Cl\u00e9ment<\/em>)<\/td><td>Constans (<em>Saint-Sauveur<\/em>)<\/td><td>La Chapelle, Vassieux, Saint-Martin bombard\u00e9s par l\u2019aviation allemande. Troupe ennemies parachut\u00e9es sur Vassieux. Demandons bombardement imm\u00e9diat. Avions promis de tenir trois semaines&nbsp;: temps \u00e9coul\u00e9 depuis la mise en place de notre organisation&nbsp;: six semaines. Demandons ravitaillement en hommes, vivres et mat\u00e9riel. Moral de la population excellent, mais se retournera rapidement contre vous si vous ne prenez pas dispositions imm\u00e9diates et nous serons d\u2019accord avec eux pour dire que ceux qui sont \u00e0 Londres et \u00e0 Alger n\u2019ont rien compris \u00e0 la situation dans laquelle nous nous trouvons et sont consid\u00e9r\u00e9s comme des criminels et des l\u00e2ches. Nous disons bien criminels et l\u00e2ches.<br><em>Source&nbsp;: Paul Dreyfus, <\/em>Vercors citadelle de libert\u00e9<em>, Arthaud 1969 page 220. Dreyfus pr\u00e9cise page 343 que ce texte est bien le message original&nbsp;:&nbsp;<\/em>\u00ab&nbsp;Le t\u00e9moignage de Chavant est formel sur ce point&nbsp;\u00bb.<\/td><\/tr><tr><td><br>23\/07\/1944 \u00e0 13h45<\/td><td><em>Bob<\/em><\/td><td>Constans (<em>Saint-Sauveur<\/em>)<\/td><td>Voici situation Vercors. Boches sont encercl\u00e9s mais par manque mortiers ne pouvons emp\u00eacher atterrissage au-dessus. Attaque sur toute p\u00e9riph\u00e9rie. Communication impossible avec ext\u00e9rieur. R\u00e9sistons notre mieux. Sommes harcel\u00e9s par aviation. Envoyez avions chasses sinon sommes tous sacrifi\u00e9s. Sommes sans nouvelle <em>Faisceau<\/em>. <em>Paquebot <\/em>probablement tu\u00e9. Vu n\u00e9cessit\u00e9, radios sont combattants. Adieu.<\/td><\/tr><tr><td>25\/07\/1944<\/td><td><em><a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#huet\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Hervieux<\/a><\/em><\/td><td><br>Koenig (Londres)<\/td><td>D\u00e9fenses du Vercors perc\u00e9es le 23 juillet apr\u00e8s lutte 56 heures. Ai ordonn\u00e9 dispersion par petits groupes en vue reprendre lutte d\u00e8s que possible. Tous ont fait courageusement leur devoir dans lutte d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e et emportent la tristesse d\u2019avoir d\u00fb c\u00e9der sous le nombre et d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9s seuls au moment des combats.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><figcaption><strong><em>Tableau 9<\/em><\/strong> &#8211; <em>Messages relatifs \u00e0 la fin des combats<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Auteur :<\/strong> Guy Giraud<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Dictionnaire des noms et des pseudonymes figurant dans les messages :<\/strong><br><em>Bob<\/em> : Robert Bennes.<br><em>Bayard<\/em>, <em>P\u00e9rim\u00e8tre<\/em> : colonel Descour.<br><em>Cl\u00e9ment<\/em> : Eug\u00e8ne Chavant<br>DGER : Direction g\u00e9n\u00e9rale des \u00c9tudes et de la Recherche (Alger).<br>DGSS : Direction g\u00e9n\u00e9rale des Services Sp\u00e9ciaux (Alger).<br>DTSS : Direction Technique des Services Sp\u00e9ciaux (Alger).<br><em>Delphin<\/em> : Lejeune (Londres &#8211; DTSS &#8211; Bloc op\u00e9rationnel).<br><em>Faisceau<\/em>, <em>Joseph<\/em> : Zeller.<br><em>Hervieux<\/em> : Fran\u00e7ois Huet.<br>Homo et Arma : terrains am\u00e9nag\u00e9s pour recevoir des hommes et des armes.<br><em>Paquebot<\/em> : Jean Tournissa.<br><em>Rogers<\/em> : Francis Cammaerts.<br><em>Saint-Sauveur<\/em> : Constans.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"compagnieabel\">La compagnie Abel<\/h2>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La cr\u00e9ation de la compagnie <em>Abel<\/em><\/h4>\n\n\n\n<p>En juin 1943, le lieutenant Alain Le Ray (<em>Bastide, Rouvier<\/em>), chef militaire du maquis, propose d\u2019en finir avec l&#8217;immobilisme des camps de r\u00e9fractaires \u00e9tablis dans le Vercors, chacun li\u00e9 \u00e0 son village nourricier, pour y substituer des unit\u00e9s mobiles divis\u00e9es en trentaines, auxquelles s\u2019ajouteront des compagnies dites \u00ab&nbsp;civiles&nbsp;\u00bb, r\u00e9servistes du maquis, \u00e9galement divis\u00e9es en trentaines, dans les communes du massif (Villard-de-Lans et pays du Royans), mais aussi \u00e0 Grenoble et dans la r\u00e9gion de Romans-sur-Is\u00e8re. Ces s\u00e9dentaires se voient confier un double r\u00f4le&nbsp;: renseignement, alerte, ravitaillement des r\u00e9guliers du maquis et mise sur pied imm\u00e9diate \u00e0 la demande, en vue des missions du moment.<\/p>\n\n\n\n<p>Le comit\u00e9 de combat du Vercors va ainsi initier la cr\u00e9ation clandestine de <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/le-vercors-resistant\/#compagniesciviles\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">quatre compagnies civiles<\/a> compos\u00e9es de s\u00e9dentaires, demeurant \u00e0 leur domicile mais destin\u00e9es \u00e0 \u00eatre mobilis\u00e9es le jour J. Deux compagnies doivent \u00eatre recrut\u00e9es sur le massif et deux \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans ce cadre qu\u2019en juin-juillet 1943, le docteur Samuel (<em>Ravalec, Jacques<\/em>), membre du comit\u00e9 de combat, demande \u00e0 Andr\u00e9 Vincent-Beaume (<em>Sambo<\/em>), chef de la R\u00e9sistance du canton de Bourg-de-P\u00e9age, de recruter dans les cantons de Romans, Bourg-de-P\u00e9age et Saint-Donat-sur-L\u2019Herbasse, une compagnie de 235 volontaires pour renforcer les camps du Vercors lorsque l\u2019ordre de mobilisation sera donn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Andr\u00e9 Vincent-Beaume commence aussit\u00f4t le recrutement de cadres et de volontaires. Il organise sa compagnie, qui prend l\u2019appellation de 3e compagnie de l\u2019unit\u00e9 W (pour Wolfram, nom de code du Vercors) \u00e0 partir d\u2019un groupe de professeurs et d\u2019instituteurs syndicalistes, officiers de r\u00e9serve, sympathisants ou membres de la SFIO (Section Fran\u00e7aise de l&#8217;Internationale Ouvri\u00e8re), de surcro\u00eet anciens condisciples de l\u2019Ecole normale de Valence.<\/p>\n\n\n\n<p>Le recrutement s\u2019effectue rapidement&nbsp;; dans les ateliers, usines, bureaux, entre camarades, coll\u00e8gues, membres du club de rugby, d\u2019aviron, dans les familles, parmi les patients d\u2019un m\u00e9decin, d\u2019un dentiste\u2026 Il se poursuivra durant les mois qui suivent.<\/p>\n\n\n\n<p>Des s\u00e9ances clandestines d\u2019instruction en mati\u00e8re d\u2019armement sont organis\u00e9es au domicile de certains r\u00e9sistants. Le dimanche, des volontaires partent dans le Vercors pour suivre une instruction militaire dispens\u00e9e par les cadres des camps. D\u2019autres font de longues marches dans le Vercors qui, outre l\u2019exercice physique, leur permettent de se familiariser avec les lieux, ce qui leur sera extr\u00eamement utile dans les mois \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p>En avril 1944, le capitaine Narcisse Geyer (<em>Thivollet<\/em>), nouveau chef militaire du Vercors, apprend \u00e0 Andr\u00e9 Vincent-Beaume que la compagnie de Romans prendra sans doute position en zone nord du Vercors.<\/p>\n\n\n\n<p>En mai, Fernand Crouau (<em>Abel<\/em>), professeur au coll\u00e8ge technique de Romans, lui succ\u00e8de en tant que commandant de la compagnie.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La mobilisation<\/h4>\n\n\n\n<p>Dans la soir\u00e9e du 8 juin, le lieutenant-colonel Marcel Descour (<em>Bayard, P\u00e9rim\u00e8tre<\/em>), chef d\u2019\u00e9tat-major FFI (Forces Fran\u00e7aises de l\u2019Int\u00e9rieur) de la r\u00e9gion R1, ordonne au chef d\u2019escadrons <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#huet\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Huet<\/a> (<em>Hervieux<\/em>), nouveau chef militaire du maquis, de mobiliser le Vercors. Bien que le Vercors ne soit cens\u00e9 intervenir qu&#8217;au moment d&#8217;un d\u00e9barquement dans le Midi de la France, le lieutenant-colonel Descour consid\u00e8re que l&#8217;ordre de mobilisation g\u00e9n\u00e9rale a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la nuit, celui-ci pr\u00e9pare les instructions. Toutes les unit\u00e9s form\u00e9es en secret par le comit\u00e9 de combat du Vercors recevront l\u2019ordre n\u00b01 de se rassembler en des points du massif fix\u00e9s \u00e0 l\u2019avance. Le 9 juin \u00e0 midi, Fernand Crouau re\u00e7oit par estafette motocycliste le message suivant&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Mobilisation imm\u00e9diate. Mission&nbsp;: verrouillage de La Balme-de-Rencurel. Liaison demain \u00e0 6 heures au pont de la Goule Noire. <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#huet\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Hervieux<\/a>. P.C. minuit&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ordre de mobilisation est transmis aux hommes de la compagnie.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 17 heures, les volontaires, arrivant de tous les quartiers des deux villes, se rassemblent dans l\u2019enthousiasme sur la place de la gare de tramway de Bourg-de-P\u00e9age. Dans une grande animation et au milieu de nombreux curieux en ce jour de march\u00e9, environ 400 hommes partent \u00e0 bord de camions \u00e0 gazog\u00e8ne en plusieurs convois \u00e9chelonn\u00e9s entre 17 h 30-18 h et 19 h 30 et atteignent La Balme-de-Rencurel.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la soir\u00e9e, les hommes sont r\u00e9partis en sections, per\u00e7oivent leurs premi\u00e8res armes et prennent position autour de La Balme. Dans le village, on organise le ravitaillement et les divers services. Le lendemain matin 10 juin, \u00e0 6 heures, le capitaine Crouau se rend au pont de la Goule Noire, o\u00f9 le commandant Huet le rejoint. Il lui rend compte de l\u2019accomplissement de la mission et de son besoin imm\u00e9diat en armes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Le Vercors<\/h4>\n\n\n\n<p>La compagnie <em>Abel<\/em> a pour mission la d\u00e9fense de la vall\u00e9e de la Bourne, de Pont-en-Royans jusqu\u2019aux ponts de la Goule Noire et de Valchevri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Des postes de garde sont positionn\u00e9s le long de la vall\u00e9e. Le poste le plus avanc\u00e9 \u00e0 l\u2019ouest est install\u00e9 \u00e0 Pont-en-Royans et le plus avanc\u00e9 \u00e0 l\u2019est est charg\u00e9 de d\u00e9fendre le pont de la Goule Noire, le pont de Valchevri\u00e8re et la route de Villard-de-Lans.<\/p>\n\n\n\n<p>Mille t\u00e2ches absorbent les maquisards et une activit\u00e9 fi\u00e9vreuse r\u00e8gne dans le village&nbsp;: incorporation des volontaires qui continuent \u00e0 affluer apr\u00e8s le 9 juin, r\u00e9ception des parachutages, distribution des armes, liaisons, renseignement\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le 10 juin, les hommes re\u00e7oivent une instruction militaire, notamment \u00e0 la ferme des Gl\u00e9nats et s\u2019entra\u00eenent au combat et au tir. Des instructeurs, dont les Am\u00e9ricains de <em>l\u2019Operational Group Justine<\/em> parachut\u00e9s dans le Vercors le 29 juin et des gendarmes de Saint-Marcellin, viendront plus tard les former au maniement des armes parachut\u00e9es qu\u2019ils vont percevoir (fusils, pistolets-mitrailleurs, fusils-mitrailleurs, grenades <em>Gammon, bazookas<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s l\u2019offensive allemande du 13 juin, des renforts sont achemin\u00e9s vers Saint-Nizier. Pour garnir ceux-ci, le commandant Huet estime qu\u2019il peut retirer cent hommes \u00e0 la compagnie <em>Abel<\/em>. \u00c0 4 heures, le capitaine Crouau annonce l\u2019envoi d\u2019un renfort de cent hommes. Mais, la compagnie manquant encore cruellement d\u2019armes, seuls soixante hommes n\u2019ayant per\u00e7u que trois grenades chacun peuvent partir de La Balme. Ils vont percevoir \u00e0 Saint-Nizier des armes parmi celles parachut\u00e9es la veille.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 15, vers 5 heures &#8211; 5 heures 30, apr\u00e8s un pilonnage d\u2019artillerie de 155 mm, les Allemands attaquent. Tr\u00e8s vite, le combat prend un caract\u00e8re d\u2019extr\u00eame violence. Les infiltrations ennemies se font plus profondes. Les maquisards s\u2019accrochent au terrain et plusieurs contre-attaques sont tent\u00e9es par les diff\u00e9rentes unit\u00e9s engag\u00e9es, dont le d\u00e9tachement de la compagnie <em>Abel.<\/em> Mais les maquisards sont \u00e0 peine 300, \u00e9tir\u00e9s sur un front de quatre kilom\u00e8tres, contre environ 1 200 \u00e0 2 000 soldats de la <em>Wehrmacht<\/em>, biens arm\u00e9s et entra\u00een\u00e9s et appuy\u00e9s par de l\u2019artillerie. Les combats se poursuivent jusqu\u2019\u00e0 environ 10 heures.&nbsp;\u00c0 ce moment, voyant la menace de d\u00e9bordement se pr\u00e9ciser sur sa gauche, le commandant Huet donne l\u2019ordre de repli.<\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu\u2019au 19 juillet, la compagnie, qui contribue \u00e0 reformer, avec la compagnie Philippe, le 12e bataillon de chasseurs alpins, va conna\u00eetre de nombreux mouvements de personnels. 52 volontaires ou appel\u00e9s vont la rejoindre. 16 hommes vont y \u00eatre mut\u00e9s. 78 hommes vont la quitter pour regagner d&#8217;autres unit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces semaines vont \u00eatre mises \u00e0 profit par le capitaine Crouau pour consolider la d\u00e9fense de son secteur de responsabilit\u00e9&nbsp;: renforcement des postes de surveillance, r\u00e9cup\u00e9ration d\u2019armes parachut\u00e9es, liaisons, renseignement sur les mouvements des troupes allemandes et des miliciens\u2026<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">L&#8217;attaque du maquis et la dispersion<\/h4>\n\n\n\n<p>Le maquis du Vercors repr\u00e9sente pour les Allemands une menace importante sur la s\u00e9curit\u00e9 de leurs voies de communication dans la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne et ses bordures.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 compter du 20 juillet, des renseignements recueillis par les maquisards relatifs \u00e0 d\u2019importants mouvements de troupes allemands autour du Vercors ainsi que des passages de plus en plus fr\u00e9quents des avions allemands d\u2019observation Fieseler Fi 156 <em>Storch<\/em>, sont des signes avant-coureurs de l\u2019offensive qui se pr\u00e9pare contre le maquis. Autour du massif s\u2019\u00e9tend un cordon de surveillance. Des barrages sont \u00e9tablis sur toutes les routes d\u2019acc\u00e8s. La compagnie <em>Abel<\/em> est mise en \u00e9tat d\u2019alerte. Elle a pour mission de d\u00e9fendre la vall\u00e9e de la Bourne contre toute attaque lanc\u00e9e \u00e0 partir du Royans.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Vercors est maintenant compl\u00e8tement encercl\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 21 juillet, l&#8217;attaque contre le Vercors est lanc\u00e9e par la 157. Reserve-Division. 11 000 \u00e0 12 000 Allemands, dont 8 000 de cette division attaquent le Vercors.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutes les voies de communication sont harcel\u00e9es par les avions ennemis qui, \u00e0 basse altitude, mitraillent les routes et les agglom\u00e9rations.<\/p>\n\n\n\n<p>6 heures, une colonne allemande forte d\u2019environ 2000 hommes d\u00e9bouche de Saint-Nizier et se dirige vers Lans. \u00c0 l\u2019issue de rudes combats men\u00e9s par les maquisards, Villard-de-Lans est atteint \u00e0 11 heures et \u00e0 midi, l\u2019avant-garde allemande occupe Corren\u00e7on. Autrans tombe \u00e0 17 heures. Les Allemands ont ainsi atteint un objectif important en coupant les \u00e9l\u00e9ments fran\u00e7ais op\u00e9rant au nord de la Bourne, dont la compagnie <em>Abel<\/em>, de ceux agissant dans la r\u00e9gion de Corren\u00e7on au sud de la rivi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 La Balme-de-Rencurel, une section re\u00e7oit l\u2019ordre de se porter \u00e0 Pont-en-Royans \u00e0 6 h 30. Peu apr\u00e8s, elle est rembarqu\u00e9e et dirig\u00e9e vers la Croix-Perrin. Post\u00e9s sur une cr\u00eate, les hommes observent les Allemands prendre position du c\u00f4t\u00e9 de Lans. \u00c0 20 heures, ils re\u00e7oivent l\u2019ordre de retourner \u00e0 La Balme-de-Rencurel pour contribuer \u00e0 la mise en d\u00e9fense du village. Des \u00e9l\u00e9ments de la compagnie <em>Abel<\/em> sont envoy\u00e9s en renfort pour consolider les lignes de d\u00e9fense tenues notamment par la compagnie <em>Goderville<\/em>. Ainsi, la section du sous-lieutenant Chazalon (<em>William<\/em>) est envoy\u00e9e en renfort \u00e0 Saint-Martin-en-Vercors. Le capitaine <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#costa\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Costa de Beauregard<\/a> (<em>Durieu<\/em>), chef de la zone nord du Vercors, la met \u00e0 disposition du capitaine <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#jprevost\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Pr\u00e9vost<\/a> (<em>Goderville<\/em>) dont elle rejoint le PC \u00e0 Herbouilly. La section de trente hommes, dot\u00e9e de deux fusils-mitrailleurs, prend position en arri\u00e8re de Corren\u00e7on, avec pour mission d\u2019assurer la d\u00e9fense d\u2019un front de trois kilom\u00e8tres.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 22 juillet, les chasseurs de montagne allemands ach\u00e8vent la conqu\u00eate de la zone situ\u00e9e au nord de la Bourne et prennent \u00e0 revers Rencurel.<\/p>\n\n\n\n<p>Au pas de la Balme, un groupe de maquisards charg\u00e9 d\u2019emp\u00eacher les Allemands de p\u00e9n\u00e9trer sur le massif par les sentiers venant de Corren\u00e7on et de Ch\u00e2teau Bernard est attaqu\u00e9 par une colonne ennemie. Trois membres de la compagnie <em>Abel<\/em> tombent en combattant.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 23 juillet, d&#8217;autres \u00e9l\u00e9ments de la compagnie <em>Abel<\/em> sont envoy\u00e9s au Pas de la Sambue et au Pas de l\u2019\u00c2ne pour d\u00e9fendre les voies d\u2019acc\u00e8s. Vers 13 heures, les Allemands rompent le dispositif de d\u00e9fense. \u00c0 17 heures, l&#8217;ordre de dispersion du chef d\u2019escadrons <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#huet\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Huet<\/a> est transmis \u00e0 la compagnie <em>Abel<\/em>. \u00c0 18 heures, la Goule Noire \u00e9tant menac\u00e9e de d\u00e9bordement par Valchevri\u00e8re et la Haute Valette, le capitaine Crouau donne l&#8217;ordre \u00e0 la compagnie de gagner la for\u00eat des Coulmes avec, comme premier point de ralliement, la Goulandi\u00e8re. Le lieutenant Bleicher (<em>Fred<\/em>) part imm\u00e9diatement \u00e0 l&#8217;avant-poste de Pont-en-Royans pour ramener le d\u00e9tachement qui s&#8217;y trouve. De retour \u00e0 La Balme \u00e0 21 heures, les hommes partent avec armes, munitions, ravitaillement et v\u00e9hicules vers 23 heures. Durant la nuit, afin d&#8217;\u00e9viter l&#8217;irruption des Allemands, le lieutenant Lallemand et Aim\u00e9 T\u00e9zier (<em>Maurice<\/em>) font sauter le pont de la Goule Noire sous le feu de l\u2019ennemi. Le pont de Valchevri\u00e8re et les deux tunnels sur la route de La Balme et de Saint-Martin sautent \u00e9galement.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 24 juillet, le capitaine Crouau donne l&#8217;ordre de d\u00e9fendre les routes de Rencurel, P\u00e9touze, Le Charmeil.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 25 juillet, un groupe d\u2019hommes de la compagnie <em>Abel<\/em> fait sauter le pont enjambant la Bourne \u00e0 Pont-en-Royans. Ils se replient dans la nuit sur Presles.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9pression et exactions<\/h4>\n\n\n\n<p>M\u00e9thodiquement, les Allemands ratissent le Vercors et se livrent \u00e0 de violentes exactions. Apr\u00e8s avoir sillonn\u00e9 toutes les routes, fouill\u00e9 les villages, les fermes isol\u00e9es, les avoir souvent pill\u00e9s et incendi\u00e9s, ex\u00e9cut\u00e9 des civils, les soldats battent la for\u00eat. Ils suivent les haies et les sentiers sans toutefois s\u2019aventurer dans la profondeur des bois.<\/p>\n\n\n\n<p>C&#8217;est alors que commence une p\u00e9riode d\u00e9moralisante pour les hommes : se cacher, ne pas tirer. Les d\u00e9fections sont rapidement nombreuses. \u00c9tant donn\u00e9 le r\u00e9seau serr\u00e9 que l&#8217;ennemi maintient le long de la vall\u00e9e de l&#8217;Is\u00e8re, il s&#8217;av\u00e8re impossible de se glisser entre les mailles. Le ravitaillement pr\u00e9caire, les r\u00e9serves de nourriture ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvertes par les Allemands, l&#8217;insuffisance d&#8217;eau, l&#8217;\u00e9nervement cons\u00e9cutif \u00e0 la pr\u00e9sence de l&#8217;ennemi, l&#8217;inaction, alt\u00e8rent rapidement le moral des hommes et, la plupart du temps sans consulter leurs chefs directs, beaucoup cherchent par une descente sur la plaine un salut pr\u00e9caire. D\u2019autres hommes, qui occupent des avant-postes en petits d\u00e9tachements se retrouvent isol\u00e9s et sans consignes et tentent \u00e9galement de quitter le Vercors.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais plusieurs maquisards de la compagnie <em>Abel<\/em> sont malheureusement intercept\u00e9s par les Allemands. Deux sont tu\u00e9s au combat \u00e0 Malleval, vingt-trois sont fusill\u00e9s par les Allemands ou les miliciens, notamment \u00e0 la grotte de La Luire, \u00e0 Saint-Barth\u00e9l\u00e9my-du-Gu\u00e2, \u00e0 Beauvoir-en-Royans, \u00e0 Miribel-Lanch\u00e2tre, \u00e0 Saint-Nazaire-en-Royans. Onze r\u00e9ussissent \u00e0 faire admettre qu\u2019ils ne sont pas des maquisards et sont intern\u00e9s puis transf\u00e9r\u00e9s en Allemagne. Deux sont port\u00e9s disparus.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la fin du mois de juillet, dans la for\u00eat des Coulmes, il ne reste plus que soixante-dix hommes environ de la compagnie <em>Abel<\/em> qui ont r\u00e9ussi \u00e0 surmonter les difficult\u00e9s mat\u00e9rielles et morales. Conscient de l\u2019absence criante de ravitaillement, le capitaine Crouau donne l&#8217;ordre de se fractionner par petits groupes de cinq \u00e0 dix maquisards et de passer dans la plaine d\u00e8s que possible. La plupart des hommes attendent le d\u00e9part des Allemands qui d\u00e9bute dans la nuit du 4 au 5 ao\u00fbt.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La lib\u00e9ration<\/h4>\n\n\n\n<p>Le 15 ao\u00fbt, l&#8217;op\u00e9ration<em> Dragoon<\/em> est d\u00e9clench\u00e9e et les troupes alli\u00e9es et fran\u00e7aises d\u00e9barquent en Provence.<\/p>\n\n\n\n<p>Les maquisards rescap\u00e9s du Vercors se r\u00e9organisent et, en liaison avec les FFI de l&#8217;Is\u00e8re et de la Dr\u00f4me, multiplient les embuscades contre les troupes allemandes qui entament leur retraite vers le nord \u00e0 compter du 18 ao\u00fbt.<\/p>\n\n\n\n<p>Vers le 20 ao\u00fbt, le capitaine Crouau se met \u00e0 la disposition du commandant Vuchot (<em>Noir<\/em>), chef du 1er bataillon AS (Arm\u00e9e secr\u00e8te) Dr\u00f4me Nord. Bien que la dispersion des hommes depuis le Vercors n\u2019ait pas permis la reconstitution formelle de la compagnie<em> Abel<\/em>, nombreux sont les membres de cette compagnie qui vont participer aux combats de la lib\u00e9ration de Romans le 22 ao\u00fbt, notamment aux attaques contre le coll\u00e8ge classique et la caserne Bon. Deux anciens de la compagnie sont tu\u00e9s pendant les combats.<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs anciens de la compagnie <em>Abel<\/em> vont se voir confier des responsabilit\u00e9s dans Romans nouvellement lib\u00e9r\u00e9e, au sein des autorit\u00e9s civiles comme des autorit\u00e9s militaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Roger Raoux (<em>Morgan<\/em>) est nomm\u00e9 administrateur de Romans, Pierre Dornic, membre du comit\u00e9 de lib\u00e9ration, repr\u00e9sentant du Front national et Pierre Cuminal, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint de la mairie de Romans.<\/p>\n\n\n\n<p>Le capitaine Crouau sera nomm\u00e9, dans les premiers jours de septembre, adjoint au commandant du secteur Dr\u00f4me Nord et de la place de Romans-Bourg-de-P\u00e9age, et le lieutenant Bleicher chef du 2e bureau.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s le retour des Allemands \u00e0 Romans et Bourg-de-P\u00e9age le 27 ao\u00fbt, durant lequel deux anciens de la compagnie sont tu\u00e9s, les deux villes sont d\u00e9finitivement lib\u00e9r\u00e9es le 30 ao\u00fbt.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les anciens de la compagnie <em>Abel<\/em> comme pour leurs camarades des autres unit\u00e9s du Vercors et des maquis de la Dr\u00f4me, c\u2019est \u00e0 nouveau l\u2019heure du choix. Des hommes vont \u00eatre d\u00e9mobilis\u00e9s et rentrer dans leurs foyers&nbsp;: des jeunes, des soutiens de famille, des agriculteurs, des \u00e9tudiants et bien s\u00fbr les bless\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains vont s\u2019engager dans le bataillon de s\u00e9curit\u00e9 en cours de formation qui d\u00e9pend de la subdivision militaire command\u00e9e par le colonel Arnaud.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres enfin, choisissent de poursuivre le combat.<\/p>\n\n\n\n<p>Des anciens de la compagnie <em>Abel<\/em> vont s\u2019engager dans le 11e r\u00e9giment de cuirassiers qui quitte Romans le 11 septembre pour aller combattre dans les Vosges et en Alsace jusqu\u2019en f\u00e9vrier 1945. Trois seront tu\u00e9s \u00e0 Lure, \u00e0 Besan\u00e7on et \u00e0 S\u00e9lestat.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres anciens de la compagnie <em>Abel<\/em> vont choisir de s\u2019engager au sein de la 2e demi-brigade de la Dr\u00f4me. Ils vont contribuer \u00e0 en former le 1er bataillon (bataillon <em>Phi-Phi)<\/em>. Le capitaine Crouau fera fonction de capitaine adjudant-major avant d\u2019en prendre le commandement le 25 octobre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bataillon est officiellement form\u00e9 le 18 septembre et quitte Romans le 21. Il combat en Haute-Maurienne jusqu\u2019en novembre. Il contribue ensuite \u00e0 former le 159e r\u00e9giment d\u2019infanterie alpine qui assure la d\u00e9fense de Strasbourg jusqu&#8217;au 23 f\u00e9vrier 1945 puis rejoint les Alpes et p\u00e9n\u00e8tre en Italie \u00e0 la fin du mois d\u2019avril.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1945, environ 270 anciens membres de la compagnie <em>Abel<\/em> se retrouveront au sein de la section de Romans-Bourg-de-P\u00e9age de l\u2019Amicale des Pionniers du Vercors et feront perdurer les liens d&#8217;amiti\u00e9 forg\u00e9s tant dans les jours sombres, que dans les jours glorieux du maquis.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Auteur&nbsp;:<\/strong> Maurice Bleicher<br>\u00ab La compagnie Abel &#8211; Romans-sur-Is\u00e8re &#8211; Bourg-de-P\u00e9age &#8211; maquis du Vercors &#8211; 1943-1944 \u00bb,&nbsp;<em>in<\/em> bulletin <em>Le Pionnier du Vercors<\/em>, num\u00e9ro sp\u00e9cial 2012, ANPCVV (\u00e9tude d&#8217;une soixantaine de pages).<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 id=\"donsuissereconstruction\">Le \u00ab Don suisse \u00bb et la reconstruction du Vercors 1944-1948<\/h2>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Fonctionnement et principes du \u00ab Don suisse \u00bb<\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">A. Organisation du \u00ab Don suisse \u00bb<\/h5>\n\n\n\n<p>Pour les autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales suisses c\u2019est la tradition de l&#8217;activit\u00e9 humanitaire de la Suisse qui se manifeste \u00e0 travers le principe du \u00ab Don suisse \u00bb. Sa vocation va au del\u00e0 de la politique et des Sa vocation va au del\u00e0 de la politique et des consid\u00e9rations strictement \u00e9conomiques. Il comporte \u00e9galement un aspect moral (1).<\/p>\n\n\n\n<p>Selon les principes dict\u00e9s par le \u00ab Don suisse \u00bb, chacun, quelles que soient sa nationalit\u00e9, sa confession ou ses id\u00e9es politiques, peut faire partie de la cat\u00e9gorie des b\u00e9n\u00e9ficiaires (2). D\u00e9j\u00e0 pendant la guerre, la Suisse, dans les limites fix\u00e9es par sa neutralit\u00e9, avait apport\u00e9, aide et assistance chaque fois que les circonstances s\u2019y sont pr\u00eat\u00e9es. Ainsi de nombreuses entreprises charitables ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es en Suisse : aide aux enfants, secours aux r\u00e9fugi\u00e9s, assistance m\u00e9dicale, participation active aux innombrables t\u00e2ches de la Croix-Rouge internationale dont le Vercors a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, pendant la guerre, de nombreuses familles pers\u00e9cut\u00e9es furent accueillies en Suisse par des particuliers ou des organismes via de nombreuses fili\u00e8res dont les points d\u2019ancrages se situaient \u00e0 Grenoble et dans les environs. Le \u00ab Don suisse \u00bb s\u2019inscrivait ainsi dans la continuit\u00e9 de cette tradition humanitaire d\u2019accueil et d\u2019entraide.<\/p>\n\n\n\n<p>Les bases de l&#8217;organisation du \u00ab Don suisse \u00bb ont \u00e9t\u00e9 pos\u00e9es dans l\u2019arr\u00eat\u00e9 f\u00e9d\u00e9ral du 13 d\u00e9cembre 1944. L&#8217;organe sup\u00e9rieur est constitu\u00e9 par le comit\u00e9 national dont la pr\u00e9sidence a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e \u00e0 Ernst Wetter.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5125\" width=\"364\" height=\"503\" srcset=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-1.jpg 485w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-1-217x300.jpg 217w\" sizes=\"auto, (max-width: 364px) 100vw, 364px\" \/><figcaption><em><strong>1. Ernst Wetter, ancien conseiller F\u00e9d\u00e9ral, responsable de l\u2019ensemble du \u00ab Don suisse \u00bb<\/strong><\/em>. Source : <em>l\u2019Illustr\u00e9<\/em>, revue hebdomadaire, Lausanne, Suisse, n\u00b048, 30 novembre 1944, 48 pages.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Dix-huit membres constituent l&#8217;organe directeur qui est responsable de l&#8217;activit\u00e9 du \u00ab Don suisse \u00bb dans son ensemble. Les divers partis, les organisations humanitaires, les femmes suisses, ainsi que les administrations f\u00e9d\u00e9rales importantes pour l&#8217;activit\u00e9 du \u00ab Don suisse \u00bb, sont repr\u00e9sent\u00e9s. Pour promouvoir son action, des campagnes de sensibilisation, notamment par voix de presse sont organis\u00e9es. Des journalistes suisses sillonnent alors l\u2019Europe d\u00e9vast\u00e9e. Les reportages sont cens\u00e9s \u00e9mouvoir la population suisse et engendrer des dons substantiels car \u00ab Pour pouvoir solliciter la remise au \u00ab Don suisse \u00bb d&#8217;une partie convenable de la fortune et du revenu, il fallait expliquer largement le but assign\u00e9 \u00bb (3).<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5126\" width=\"525\" height=\"443\" srcset=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-2.jpg 1049w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-2-300x253.jpg 300w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-2-768x648.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 525px) 100vw, 525px\" \/><figcaption><em><strong>2. Clich\u00e9 issu d\u2019un reportage effectu\u00e9 par un journaliste de \u00ab l\u2019Illustr\u00e9 \u00bb, pour sensibiliser la population suisse aux n\u00e9cessit\u00e9s du Don (lieu inconnu)<\/strong><\/em>. Source : <em>l\u2019Illustr\u00e9<\/em>, revue hebdomadaire, Lausanne, Suisse, n\u00b048, 30 novembre 1944, 48 pages.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">B. Les collectes en Suisse<\/h5>\n\n\n\n<p>Plusieurs formes de collectes furent envisag\u00e9es. Dans les premiers temps des bulletins de versement furent envoy\u00e9s dans tous les foyers. Des dons furent faits spontan\u00e9ment, et dans certains cantons, des qu\u00eates \u00e0 domicile furent r\u00e9alis\u00e9es. La collecte dite \u00ab Don du travail \u00bb se d\u00e9roula dans les entreprises industrielles et commerciales et fut organis\u00e9e en partie par les syndicats d&#8217;employ\u00e9s et d&#8217;ouvriers (sacrifice du salaire d&#8217;une journ\u00e9e, etc.). Le \u00ab Don de la jeunesse \u00bb : Dans toute la Suisse, les \u00e9coliers et les \u00e9coli\u00e8res r\u00e9pondirent \u00e0 l&#8217;appel et rassembl\u00e8rent 590 000 francs (4) r\u00e9colt\u00e9s gr\u00e2ce aux ma\u00eetres d&#8217;\u00e9cole et aux \u00e9l\u00e8ves. Le \u00ab Don des arts \u00bb : des \u0153uvres d&#8217;artistes, des livres, furent vendus. Les Suisses \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger contribu\u00e8rent de mani\u00e8re significative. Une somme de 477 000 francs fut recueillie dans les marmites plac\u00e9es dans les rues et sur les places pendant l&#8217;\u00e9poque de la collecte. Ce fut le \u00ab Don des passants \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les milieux agricoles et l&#8217;artisanat, on avait pr\u00e9vu une contribution en nature mais les paysans et les artisans firent remarquer que d&#8217;autres collectes avaient b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de leurs contributions. Les associations f\u00e9minines suisses organis\u00e8rent une vaste collecte d&#8217;ustensiles de m\u00e9nage. Le r\u00e9sultat de la vente des timbres-poste du \u00ab Don suisse \u00bb a rapport\u00e9 un montant de 1 314 000 francs.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-3-1280x879.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5127\" width=\"640\" height=\"440\" srcset=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-3-1280x879.jpg 1280w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-3-300x206.jpg 300w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-3-768x527.jpg 768w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-3.jpg 1535w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><figcaption><em><strong>3. Timbres-Poste \u00e9dit\u00e9s pour le \u00ab Don suisse \u00bb<\/strong><\/em>. Source : collection priv\u00e9e, droits libres.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Le don des cantons s&#8217;est mont\u00e9 \u00e0 5 876 000 francs, celui des communes \u00e0 3 061 000 francs. Au total, le \u00ab Don suisse \u00bb pour la France s\u2019\u00e9leva entre novembre 1944 et ao\u00fbt 1946 \u00e0 27 901 millions de francs suisses sur un total de 123 125 millions de francs, soit 23 % de l\u2019aide totale. C\u2019est le montant le plus \u00e9lev\u00e9 : l\u2019Italie, l\u2019Allemagne et les Pays-Bas arrivent apr\u00e8s la France. En juin 1946, deux ans apr\u00e8s sa fondation et face \u00e0 une Europe en ruine, le Conseil national adopta l&#8217;ouverture d&#8217;un cr\u00e9dit de 20 millions de francs suppl\u00e9mentaire pour la poursuite des \u0153uvres d&#8217;entraide internationale. Les r\u00e9gions frontali\u00e8res : Jura, Alpes en recevront une part importante.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne le choix des pays \u00e0 secourir, le \u00ab Don suisse \u00bb dut se laisser guider par diverses consid\u00e9rations. C&#8217;est dans un premier temps le degr\u00e9 des besoins, qui a surtout \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminant. Les villes touch\u00e9es par les combats de Normandie : Caen, Falaise, Avranches re\u00e7urent des aides cons\u00e9quentes. Ainsi, les destructions et les massacres survenus dans le Vercors orient\u00e8rent naturellement les choix. En outre, le \u00ab Don suisse \u00bb s\u2019effor\u00e7a de venir en aide aux Etats voisins et tout sp\u00e9cialement aux r\u00e9gions fronti\u00e8res qui entretenaient des liens \u00e9conomiques, sociaux et culturels bien avant guerre. Des groupes sp\u00e9cifiques d\u00e9di\u00e8rent m\u00eame leur action uniquement au Vercors ; le \u00ab Groupe d\u2019action pour les populations du Vercors \u00bb, pr\u00e9sid\u00e9 par M. du Bochet du journal de Gen\u00e8ve fut un des premiers \u00e0 envoyer des vivres et des m\u00e9dicaments en novembre 1944 (5).<\/p>\n\n\n\n<p>La chronologie de la Lib\u00e9ration des pays a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminante. En \u00e9t\u00e9 et en automne 1944, les possibilit\u00e9s d\u2019aide s&#8217;esquissaient de plus en plus clairement : \u00ab Comme l\u2019aide que l&#8217;on pourrait apporter imm\u00e9diatement apr\u00e8s la cessation des op\u00e9rations militaires semblait particuli\u00e8rement utile, on ne voulut pas retarder plus longtemps l&#8217;ex\u00e9cution des premi\u00e8res mesures de secours \u00bb (6). Le \u00ab Don suisse \u00bb commen\u00e7a alors son activit\u00e9 avec une organisation provisoire au mois de novembre 1944 dans le Vercors.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">II. L\u2019aide au Vercors<\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">A. Les premiers secours<\/h5>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s le d\u00e9part des Allemands du massif du Vercors, 573 b\u00e2timents (habitations, b\u00e2timents agricoles et publics, commerces) sont compl\u00e8tement d\u00e9truits d\u2019apr\u00e8s Peter H. Nash agent de l\u2019U.S. Army Intelligence service et chercheur \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de G\u00e9ographie de Californie (7).<\/p>\n\n\n\n<p>Les destructions sont telles qu\u2019un Comit\u00e9 d\u2019aide et de reconstruction du Vercors est cr\u00e9\u00e9 le Ier octobre 1944. D\u00e8s septembre 1944, Tanant fut charg\u00e9 de le mettre en place et de l\u2019organiser avant de laisser la place \u00e0 Eug\u00e8ne Chavant, au mois de novembre 1944. C\u2019est le comit\u00e9 qui sera charg\u00e9 de recevoir les premiers dons venant de Suisse et de les repartir.<\/p>\n\n\n\n<p>Les premiers secours avaient pour objectif de parer \u00e0 l\u2019urgence. Cela se manifesta par l\u2019envoi de vivres, de v\u00eatements, de chaussures, de produits pharmaceutiques, et des \u0153uvres en faveur d&#8217;enfants et de malades. L\u2019ex\u00e9cution des \u0153uvres de secours est confi\u00e9e autant que possible \u00e0 des institutions suisses de bienfaisance sp\u00e9cialis\u00e9es. Ainsi l\u2019achat de m\u00e9dicaments et du mat\u00e9riel sanitaire est confi\u00e9 \u00e0 la Croix-Rouge internationale. Le \u00ab Don suisse \u00bb renonce, par principe, \u00e0 se procurer des marchandises sur les lieux, car il consid\u00e8re que sa t\u00e2che consiste \u00e0 envoyer des produits suppl\u00e9mentaires l\u00e0 ou r\u00e8gne le besoin. Le \u00ab Don suisse \u00bb ne prend pas part aux travaux de reconstruction proprement dits. C\u2019est le Comit\u00e9 d\u2019Aide et de Reconstruction du Vercors qui g\u00e8re, sur place, les dons et les modalit\u00e9s de distribution, en fonction des besoins identifi\u00e9s par ses membres qui parcourent le plateau pour les recenser.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les premiers jours d\u2019octobre 1944, deux camions avec remorques livr\u00e8rent dans le Vercors des produits alimentaires (8). Une deuxi\u00e8me aide substantielle, coordonn\u00e9e entre la Croix-Rouge et le \u00ab Don suisse \u00bb, fut obtenue par le Comit\u00e9 d\u2019aide et de reconstruction du Vercors9 : 500 kilos de p\u00e2tes, 600 kilos de farine, 200 kilos de m\u00e9dicaments et des v\u00eatements usag\u00e9s furent ainsi exp\u00e9di\u00e9s en novembre 1944. Ces actions furent poursuivies les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. De plus, au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1945, les organes d\u00e9finitifs du \u00ab Don suisse \u00bb entr\u00e8rent en fonction assurant ainsi une distribution r\u00e9guli\u00e8re et mieux cibl\u00e9e. La liaison avec les autorit\u00e9s fran\u00e7aises fut \u00e9tablie par l&#8217;interm\u00e9diaire d\u2019un d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 du \u00ab Don suisse \u00bb r\u00e9sidant \u00e0 Paris. Les Fran\u00e7ais ouvrirent, de leur c\u00f4t\u00e9, un bureau \u00e0 Gen\u00e8ve qui se tenait en contact avec le \u00ab Don suisse \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">B. Reconstruire<\/h5>\n\n\n\n<p>Outres les urgences sanitaires et les besoins de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9, le \u00ab Don suisse \u00bb s\u2019attela rapidement aux travaux de fond \u00e0 r\u00e9aliser. Il fallait trouver des logements provisoires aux familles sinistr\u00e9es. Tr\u00e8s rapidement, en pr\u00e9vision de l\u2019hiver, d\u00e8s la fin de l\u2019ann\u00e9e 1944, le \u00ab Don suisse \u00bb, par l\u2019interm\u00e9diaire de La Croix-Rouge, \u00ab [&#8230;] d\u00e9ploya une vaste activit\u00e9 en Maurienne et dans le Vercors : elle livra des outils, des machines \u00e0 travailler le bois et m\u00eame du bois de construction afin de venir en aide \u00e0 la population de cette r\u00e9gion dans son travail de reconstruction\u00bb.(10). Des v\u00eatements et des chaussures compl\u00e9taient r\u00e9guli\u00e8rement ces envois ponctuels et cibl\u00e9s (11).<\/p>\n\n\n\n<p>A partir de l\u2019automne, le climat montagnard du Vercors n\u00e9cessite d\u2019isoler les maisons partiellement d\u00e9truites. Ainsi 850 m3 de bois (bastaings, madriers, planches) furent exp\u00e9di\u00e9s par train en gare de Saint Hilaire-du-Rosier, au pied du massif. Pour l\u2019isolation 10 000 m2 de carton bitum\u00e9 et du papier \u00e0 vitre connu sous le nom de \u00ab Pergament \u00bb compl\u00e9taient l\u2019envoi. Il s\u2019agissait alors de panser les plaies avant de commencer le processus de reconstruction \u00e0 proprement parler. De nombreux outils furent \u00e9galement achemin\u00e9s gr\u00e2ce au \u00ab Don des artisans \u00bb : scies \u00e0 ruban, meules, forges portatives, rabots, vilebrequins pour un montant d\u2019environ 150 000 francs suisses (12).<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019hiver 1944-1945, des baraques en bois furent \u00e9difi\u00e9es dans le Vercors notamment gr\u00e2ce aux dons en nature. Le \u00ab Groupe d\u2019action pour les populations du Vercors \u00bb, pr\u00e9sid\u00e9 par M. du Bochet du journal de Gen\u00e8ve, apr\u00e8s avoir envoy\u00e9 dans l\u2019urgence vivres et m\u00e9dicaments en novembre 1944, attribua au Comit\u00e9 d\u2019aide pour la reconstruction du Vercors, une somme de 100 000 francs (fran\u00e7ais). Le Comit\u00e9, pr\u00e9sid\u00e9 par Eug\u00e8ne Chavant, l\u2019utilisa pour fournir des outils et des mat\u00e9riaux aux sinistr\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir contribu\u00e9 aux premi\u00e8res n\u00e9cessit\u00e9s (nourritures, m\u00e9dicament, v\u00eatements, logements provisoires ou en cours de r\u00e9novation), le \u00ab Don suisse \u00bb adapta son aide afin de subvenir aux besoins du Vercors sur le long terme : <em>\u00ab Pour sauver v\u00e9ritablement le Vercors il fallait aider le paysan qui n\u2019a plus ni charrue, ni herse, ni char, ni rien qui puisse faciliter les travaux des champs ou les transports \u00bb<\/em> (13).<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">C. L\u2019agriculture et l\u2019\u00e9conomie<\/h5>\n\n\n\n<p>A la sortie de l\u2019hiver 1944\/1945, pour relancer les activit\u00e9s agricoles, le \u00ab Don suisse \u00bb d\u00e9ploya des moyens cons\u00e9quents car les cheptels \u00e9taient d\u00e9cim\u00e9s : \u00e0 Vassieux-en-Vecors, 80 % des chevaux ont \u00e9t\u00e9 vol\u00e9s ou tu\u00e9s, le b\u00e9tail d\u00e9truit \u00e0 96 % et 100 % des porcs ont \u00e9t\u00e9 soit tu\u00e9s soit pr\u00e9lev\u00e9s. De plus les moyens techniques faisaient d\u00e9faut (charrues, outillage) pour le travail des champs. Au mois de novembre 1944, seules 10 % des terres pouvaient \u00eatre travaill\u00e9es en raison de la destruction des machines agricoles et du manque de semences (14).<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, quarante-deux vaches suisses furent-elles envoy\u00e9es \u00e0 Saint-Julien, sept \u00e0 Corren\u00e7on par l\u2019interm\u00e9diaire du gouvernement fran\u00e7ais et dix-sept \u00e0 Saint-Agnan. Mais selon le rapport de Nash, quelques critiques furent apport\u00e9es par les agriculteurs, les vaches suisses soit produiraient du lait soit travailleraient, mais pas les deux contrairement \u00e0 celles du Vercors. Cinq des sept vaches re\u00e7ues \u00e0 Corren\u00e7on furent abattues, car elles \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es comme sans valeur. A l\u2019\u00e9t\u00e9 1945, le journaliste suisse Paul Bourquin rapporte quant \u00e0 lui que les vaches suisses ont du mal \u00e0 s\u2019accommoder au climat du Vercors dans un article publi\u00e9 dans <em>L\u2019Illustr\u00e9 <\/em>(15) .<\/p>\n\n\n\n<p>Afin d\u2019entretenir le cheptel restant, le \u00ab Don suisse \u00bb, envoya par l\u2019interm\u00e9diaire de La Croix-Rouge, 345 kilos de clous de ferrage. Cette quantit\u00e9 devait permettre, selon les pr\u00e9visions, de ferrer 250 chevaux, trois fois chacun et 2000 vaches, deux fois chacune.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-4-1280x665.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5128\" width=\"640\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-4-1280x665.jpg 1280w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-4-300x156.jpg 300w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-4-768x399.jpg 768w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-4-1536x798.jpg 1536w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-4.jpg 1710w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><figcaption><em><strong>4. Le \u00ab Don suisse \u00bb et l\u2019agriculture : relancer l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique<\/strong><\/em>. <em>L\u2019Illustr\u00e9<\/em>, revue hebdomadaire, Lausanne, Suisse, n\u00b043, octobre 1945, 24 pages.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Des outils portatifs individuels furent \u00e9galement livr\u00e9s, soit environ 1 000 pi\u00e8ces, pour une valeur de 70 000 francs (fran\u00e7ais-valeur 1944) (16). Une machine \u00e0 bois Olma, des charrues, des \u00e9pandeuses \u00e0 herbe, des arracheuses de pomme de terre et des tracteurs compl\u00e9taient ce don. Le \u00ab Don suisse \u00bb disposait d\u2019un service, dirig\u00e9 par un agronome bernois, dont la mission \u00e9tait d\u2019envoyer des tracteurs aux r\u00e9gions sinistr\u00e9es. Ainsi cinq tracteurs \u00ab Hurlimann \u00bb <em>\u00ab [&#8230;] de 65 cv, moteur Diesel, munis des derniers perfectionnements de l\u2019industrie suisse \u00bb<\/em> furent envoy\u00e9s dans le Vercors. Ils \u00e9taient accompagn\u00e9s, comme le note Nash, d\u2019un chauffeur m\u00e9canicien et d\u2019un chauffeur agriculteur. A La Chapelle-en-Vercors, un tracteur suisse fut envoy\u00e9 au printemps 1945 (17). A Vassieux, deux exemplaires furent mis \u00e0 disposition pour la fenaison et la moisson du printemps 1945 . De l\u2019engrais et des semences furent distribu\u00e9s soit aux mairies, soit aux coop\u00e9ratives.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-et-la-reconstruction-du-Vercors-8-1280x956.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5130\" width=\"640\" height=\"478\" srcset=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-et-la-reconstruction-du-Vercors-8-1280x956.jpg 1280w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-et-la-reconstruction-du-Vercors-8-300x224.jpg 300w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-et-la-reconstruction-du-Vercors-8-768x574.jpg 768w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Don-suisse-et-la-reconstruction-du-Vercors-8.jpg 1308w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><figcaption><em><strong>5. Tracteurs suisses en action<\/strong><\/em>.<em> L\u2019Illustr\u00e9<\/em>, revue hebdomadaire, Lausanne, Suisse, n\u00b043, novembre 1945, 24 pages.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Paul Bourquin, le reporter de l\u2019Illustr\u00e9 (18), note que les tracteurs \u00ab Hurlimann \u00bb \u00e9taient sollicit\u00e9s 20 heures par jour ; des phares furent m\u00eame install\u00e9s pour pouvoir travailler \u00e0 la tomb\u00e9e du jour. Les activit\u00e9s de b\u00fbcheronnage \u00e9taient \u00e9galement pourvues. Au mois de novembre 1945, 2000 paires de chaussure furent envoy\u00e9es aux b\u00fbcherons et aux paysans du Vercors (19).<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><em><strong>6. Bilan du \u00ab Don suisse \u00bb en chiffres en 1946 ou en 1947 dans le Vercors<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table aligncenter\"><table><tbody><tr><td><strong>Nature<\/strong><\/td><td><strong>Quantit\u00e9<\/strong><\/td><td><strong>Valeurs en francs en 1944<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Bois de charpente<\/td><td>750 m 3      <\/td><td>1 500 000<\/td><\/tr><tr><td>V\u00eatements neufs<\/td><td>1059 pi\u00e8ces<\/td><td>529 000<\/td><\/tr><tr><td>Outillage individuel<\/td><td>445 caisses<\/td><td>445 000<\/td><\/tr><tr><td>Outillage communes<\/td><td>50 caisses<\/td><td>&#8211;<\/td><\/tr><tr><td>Outillage chantiers<\/td><td>10 caisses<\/td><td>200 000<\/td><\/tr><tr><td>Outillage agricole<\/td><td>1004 pi\u00e8ces<\/td><td>70 000<\/td><\/tr><tr><td>Couvertures Steppa en papier<\/td><td>950 pi\u00e8ces<\/td><td>47 500<\/td><\/tr><tr><td>Clous de ferrage pour chaussures<\/td><td>&#8211;<\/td><td>106 000<\/td><\/tr><tr><td>Clous de ferrage pour chevaux et bovins<\/td><td>&#8211;<\/td><td>25 000<\/td><\/tr><tr><td>Carton bitum\u00e9<\/td><td>950 rouleaux<\/td><td>304 000<\/td><\/tr><tr><td>Papier \u00e0 vitre<\/td><td>18 rouleaux<\/td><td>45 000<\/td><\/tr><tr><td>Bandages pour charron<\/td><td>6 tonnes<\/td><td>75 000<\/td><\/tr><tr><td>Scies \u00e0 ruban<\/td><td>6<\/td><td>&#8211;<\/td><\/tr><tr><td>Tracteurs<\/td><td>5<\/td><td>2 500 000<\/td><\/tr><tr><td>Boites de lait condens\u00e9<\/td><td>1165 kilos<\/td><td>60 000<\/td><\/tr><tr><td><\/td><td><\/td><td><\/td><\/tr><tr><td><strong>Pr\u00eat pour trois ans<\/strong><\/td><td><\/td><td><\/td><\/tr><tr><td>Machine \u00e0 bois<\/td><td>1<\/td><td>&#8211;<\/td><\/tr><tr><td>Forges<\/td><td>5<\/td><td>&#8211;<\/td><\/tr><tr><td>Meules<\/td><td>5<\/td><td>&#8211;<\/td><\/tr><tr><td><\/td><td><strong>Total (\u00e9valuation approximative) :<\/strong><\/td><td><strong>6 516 500 francs (fran\u00e7ais)<\/strong><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><figcaption><br>Source : collection priv\u00e9e Chavant, \u00ab R\u00e9sum\u00e9 des principaux r\u00e9sultats obtenus en faveur de la r\u00e9gion sinistr\u00e9e du Vercors par l\u2019action du Comit\u00e9 d\u2019aide et de reconstruction du Vercors \u00bb, document non dat\u00e9 (probablement 1946) et non sign\u00e9.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>En 1946, dans certains pays o\u00f9 la situation s&#8217;\u00e9tait rapidement am\u00e9lior\u00e9e ou qui n&#8217;avaient plus besoin de secours dans la m\u00eame proportion que d&#8217;autres, le \u00ab Don suisse \u00bb put cesser son activit\u00e9. Mais dans le Vercors, si une partie des \u0153uvres furent arr\u00eat\u00e9es, de nouvelles furent cr\u00e9\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">D. Le quotidien<\/h5>\n\n\n\n<p>Le \u00ab Don suisse \u00bb tenait \u00e9galement \u00e0 soutenir moralement la population du Vercors. Il tenait ainsi \u00e0 doubler les efforts de reconstruction \u00e9conomiques et urbanistiques de gestes forts et symboliques. A l\u2019hiver 1944-1945, les 450 caisses d\u2019outils individuels envoy\u00e9es aux sinistr\u00e9s \u00e9taient accompagn\u00e9es d\u2019une lettre selon Joseph La Picirella :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em>\u00ab Le peuple suisse a appris avec \u00e9motion et stupeur les terribles \u00e9preuves qui vous ont frapp\u00e9es en 1944. Les outillages et mat\u00e9riaux de construction qu\u2019il est en mesure de vous envoyer sont bien modestes en regard de tout ce qui vous manque. Veuillez quand m\u00eame voir en eux le t\u00e9moignage de sa sympathie la plus profonde et le v\u0153u unanime de tous les Suisses que le Vercors renaisse de ses cendres le plus rapidement possible, gr\u00e2ce au labeur de ses enfants \u00bb<\/em> (20).<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>A l\u2019automne 1946, des ustensiles de cuisine, r\u00e9colt\u00e9s par les associations f\u00e9minines, des chaussures, du linge de maison, des v\u00eatements et des meubles furent envoy\u00e9s dans les foyers, \u00e0 Vassieux-en-Vercors et \u00e0 La Chapelle-en-Vercors notamment (21). Au premier semestre 1945, une distribution de fruits frais fut effectu\u00e9e dans les \u00e9coles, de Pontarlier et Besan\u00e7on jusqu&#8217;\u00e0 Marseille en passant par le Vercors. Les \u00e9coliers qui purent recevoir une pomme par jour pendant un certain temps b\u00e9n\u00e9fici\u00e8rent de cette fa\u00e7on d&#8217;un apport utile de vitamines, tandis que l&#8217;\u00e9conomie suisse trouvait un d\u00e9bouch\u00e9 pour ses fruits vu l&#8217;abondance de la r\u00e9colte.<\/p>\n\n\n\n<p>Des liens tr\u00e8s forts entre Suisses et Fran\u00e7ais se sont \u00e9tablis par l\u2019interm\u00e9diaire du \u00ab Don suisse \u00bb. Les \u00e9quipes de jeunes charg\u00e9s de faire fonctionner les tracteurs envoy\u00e9s dans le Vercors furent des ambassadeurs tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9s de la population locale (22). Au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1946, une \u00ab Conf\u00e9rence agricole franco-suisse \u00bb tenue \u00e0 Zurich contribua \u00e0 renforcer les liens entre le peuple suisse et les habitants du Vercors. Il fut en effet pr\u00e9vu que des familles suisses d\u2019agriculteurs viennent s\u2019installer dans le Vercors pour apporter leur savoir-faire et exploiter les terres laiss\u00e9es \u00e0 l\u2019abandon par manque de moyens humains et techniques sur la proposition de monsieur Boissi\u00e8re, pr\u00e9sident du Comit\u00e9 d\u2019Aide et de Reconstruction du Vercors (23) . L\u2019information, relay\u00e9e aupr\u00e8s des maires des communes sinistr\u00e9es rencontra un \u00e9cho tr\u00e8s favorable ; l\u2019adjoint au maire de La Chapelle-en-Vercors, note que <em>\u00ab [&#8230;] le conseil municipal rend hommage aux populations rurales de la Suisse dont la valeur morale et sociale est indiscutable. Il verrait volontiers des Suisses s\u2019\u00e9tablir dans la commune \u00e0 l\u2019avenir \u00bb <\/em>(24).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Auteur&nbsp;:<\/strong> Julien Guillon<br>septembre 2013<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Notes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>  1 Archives F\u00e9d\u00e9rales Suisses, R\u00e9f\u00e9rence N\u00b010 090 110, Feuille f\u00e9d\u00e9rale, n\u00b096, Berne, 7 d\u00e9cembre 1944. (Publications officielles num\u00e9ris\u00e9es).<br>  2 Archives F\u00e9d\u00e9rales Suisses, R\u00e9f\u00e9rence N\u00b010 090 110, Feuille f\u00e9d\u00e9rale, n\u00b096, Berne, 7 d\u00e9cembre 1944. (Publications officielles num\u00e9ris\u00e9es).<br>  3 Archives F\u00e9d\u00e9rales Suisses, R\u00e9f\u00e9rence N\u00b010 090 110, Feuille f\u00e9d\u00e9rale, n\u00b096, Berne, 7 d\u00e9cembre 1944. (Publications officielles num\u00e9ris\u00e9es).<br>  4 Francs suisses<br>  5 Collection priv\u00e9e Chavant, \u00ab R\u00e9sum\u00e9 des principaux r\u00e9sultats obtenus en faveur de la R\u00e9gion sinistr\u00e9e du Vercors par l\u2019action du Comit\u00e9 d\u2019aide et de reconstruction du Vercors \u00bb, document non dat\u00e9 (probablement 1946) et non sign\u00e9.<br>  6 Archives F\u00e9d\u00e9rales Suisses, R\u00e9f\u00e9rence N\u00b010 090 110, Feuille f\u00e9d\u00e9rale, n\u00b096, Berne, 7 d\u00e9cembre 1944. (Publications officielles num\u00e9ris\u00e9es).<br>  7 Nash Peter H., \u00ab Le massif du Vercors en 1945. Etude sur les d\u00e9vastations caus\u00e9es par l&#8217;Arm\u00e9e allemande dans une r\u00e9gion alpine de la France et de leurs effets sur les traits g\u00e9ographiques \u00bb. In : <em>Revue de g\u00e9ographie alpine<\/em>, 1946, Tome 34, N\u00b01, pp. 87-100.<br>  8 La Picirella (J.), <em>Le martyre de Vassieux-en-Vercors<\/em>, Chez l\u2019auteur, 1994, 150 pages.<br>  9 Collection priv\u00e9e Chavant, \u00ab R\u00e9sum\u00e9 des principaux r\u00e9sultats obtenus en faveur de la R\u00e9gion sinistr\u00e9e du Vercors par l\u2019action du Comit\u00e9 d\u2019Aide et de Reconstruction du Vercors \u00bb, document non dat\u00e9 (probablement 1946) et non sign\u00e9.<br>  10 Archives F\u00e9d\u00e9rales Suisses, R\u00e9f\u00e9rence N\u00b010 090 528, Message du Conseil f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 l&#8217;Assembl\u00e9e f\u00e9d\u00e9rale concernant le \u00ab Don suisse pour les victimes de la guerre \u00bb du 19 ao\u00fbt 1946, Berne, 1946, 51 pages.<br>  11 Collection priv\u00e9e Chavant, \u00ab R\u00e9sum\u00e9 des principaux r\u00e9sultats obtenus en faveur de la R\u00e9gion sinistr\u00e9e du Vercors par l\u2019action du Comit\u00e9 d\u2019aide et de reconstruction du Vercors \u00bb, document non dat\u00e9 (probablement 1946) et non sign\u00e9.<br>  12 La Picirella (J.), <em>Le martyre de Vassieux-en-Vercors<\/em>, Chez l\u2019auteur, 1994, 150 pages.<br>  13 <em>L\u2019Illustr\u00e9<\/em>, revue hebdomadaire, Lausanne, Suisse, n\u00b043, octobre 1945, 24 pages.<br>  14 Nash Peter H., Op. Cit.<br>  15 <em>L\u2019Illustr\u00e9<\/em>, revue hebdomadaire, Lausanne, Suisse, n\u00b043, octobre 1945, 24 pages.<br>  16 Collection priv\u00e9e Chavant, \u00ab R\u00e9sum\u00e9 des principaux r\u00e9sultats obtenus en faveur de la R\u00e9gion sinistr\u00e9e du Vercors par l\u2019action du Comit\u00e9 d\u2019Aide et de Reconstruction du Vercors \u00bb, document non dat\u00e9 (probablement 1946) et non sign\u00e9.<br>  17 Nash Peter H., \u00ab Le massif du Vercors en 1945. Etude sur les d\u00e9vastations caus\u00e9es par l&#8217;Arm\u00e9e allemande dans une r\u00e9gion alpine de la France et de leurs effets sur les traits g\u00e9ographiques \u00bb. In : <em>Revue de g\u00e9ographie alpine<\/em>, 1946, Tome 34, N\u00b01, pp. 87-100.<br>  18 <em>L\u2019Illustr\u00e9<\/em>, revue hebdomadaire, Lausanne, Suisse, n\u00b043, octobre 1945, 24 pages.<br>  19 La Picirella (J.), Op. Cit., p. 133.<br>  20 La Picirella (J.), Op. Cit., p. 134.<br>  21 La Picirella (J.), Op. Cit., p. 133.<br>  22 <em>L\u2019Illustr\u00e9<\/em>, revue hebdomadaire, Lausanne, Suisse, n\u00b043, octobre 1945, 24 pages.<br>  23 A.D Dr\u00f4me, 943W13.<br>  24 A.D Dr\u00f4me, 943W13. Courrier du 8 avril 1946 adress\u00e9 au pr\u00e9fet de la Dr\u00f4me.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sources archivistiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Archives F\u00e9d\u00e9rales Suisses, R\u00e9f\u00e9rence N\u00b010 090 110, Feuille f\u00e9d\u00e9rale, n\u00b096, Berne, 7 d\u00e9cembre 1944. (Publications officielles num\u00e9ris\u00e9es).<br>Archives F\u00e9d\u00e9rales Suisses, R\u00e9f\u00e9rence N\u00b010 090 528, Message du Conseil f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 l&#8217;Assembl\u00e9e f\u00e9d\u00e9rale concernant le \u00ab Don suisse pour les victimes de la guerre \u00bb du 19 ao\u00fbt 1946, Berne, 1946, 51 pages.<br>Archives D\u00e9partementales de la Dr\u00f4me, 943W13. Reconstruction \u00e9conomique de la Dr\u00f4me, correspondances, rapports (1944-1948).<br>Collection priv\u00e9e Chavant, Arr\u00eat\u00e9 N\u00b0704 d\u2019Yves Farge relatif au fonctionnement du Comit\u00e9 d\u2019aide et de reconstruction du Vercors, 19 d\u00e9cembre 1944.<br>Collection priv\u00e9e Chavant, \u00ab R\u00e9sum\u00e9 des principaux r\u00e9sultats obtenus en faveur de la R\u00e9gion sinistr\u00e9e du Vercors par l\u2019action du Comit\u00e9 d\u2019Aide et de Reconstruction du Vercors \u00bb, document non dat\u00e9 (probablement 1946) et non sign\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sources imprim\u00e9es<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019Illustr\u00e9<\/em>, revue hebdomadaire, Lausanne, Suisse, n\u00b048, 30 novembre 1944, 48 pages.<br><em>L\u2019Illustr\u00e9<\/em>, revue hebdomadaire, Lausanne, Suisse, n\u00b043, octobre 1945, 24 pages.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bibliographie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La Picirella (J.), <em>Le martyre de Vassieux-en-Vercors<\/em>, Chez l\u2019auteur, 1994, 150 pages.<br>Nash Peter H., \u00ab Le massif du Vercors en 1945. Etude sur les d\u00e9vastations caus\u00e9es par l&#8217;Arm\u00e9e allemande dans une r\u00e9gion alpine de la France et de leurs effets sur les traits g\u00e9ographiques \u00bb. In : <em>Revue de g\u00e9ographie alpine<\/em>, 1946, Tome 34, N\u00b01, pp. 87-100.<br>Tanant (P.), <em>Vercors : Haut lieu de France, Souvenirs<\/em>, Arthaud, Grenoble, 1971, 230 pages.<br>Vergnon (G.), <em>Le Vercors, Histoire et m\u00e9moire d\u2019un maquis<\/em>, Collection \u00ab patrimoine \u00bb, Les \u00e9ditions de l\u2019Atelier, Paris, 2002, 256 pages.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"compagniephilippe\">La compagnie \u00ab Philippe \u00bb. De la gen\u00e8se \u00e0 ao\u00fbt 1944  <\/h2>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">I.\nPrincipes de l\u2019organisation civile et militaire du Vercors \n<\/h4>\n\n\n\n<p>L\u2019entit\u00e9 du \u00ab Vercors R\u00e9sistant \u00bb repose sur la compl\u00e9mentarit\u00e9 entre une gouvernance dite civile et une gouvernance militaire. Ce principe fut peu \u00e0 peu d\u00e9termin\u00e9 par les comp\u00e9tences et les m\u00e9tiers respectifs des personnalit\u00e9s r\u00e9unies autour de Pierre Dalloz qui avait pressenti les possibilit\u00e9s d\u2019utilisations militaires du Vercors : le projet \u00ab Montagnards \u00bb. Il avait r\u00e9uni l\u2019inspecteur des Eaux et for\u00eats R\u00e9mi Bayle de Jess\u00e9, Marcel Pourchier, Yves Farge, journaliste, Aim\u00e9 Pupin, membre pr\u00e9curseur du Mouvement \u00ab Franc-Tireur \u00bb, Max Chamson, ainsi qu\u2019Alain Le Ray (Rouvier), auteur de l\u2019\u00e9tude militaire, au sein d\u2019un premier comit\u00e9 entre le mois de mars et le mois d\u2019avril 1943 <em>(1)<\/em>. Alain Le Ray avait pour mission de recruter et d\u2019organiser des camps tandis que les premiers r\u00e9fractaires au S.T.O. \u00e9taient dirig\u00e9s sur le plateau par les civils de \u00ab Franc- Tireur \u00bb, bien implant\u00e9s \u00e0 Grenoble. Au printemps 1943, la distinction entre les civils et les militaires n\u2019\u00e9taient pas \u00e9vidente, mais les jalons de l\u2019organisation du Vercors \u00e9taient pos\u00e9s.  <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em>\u00ab Un fois, deux fois dans la journ\u00e9e, sac au dos, Le Ray vient \u00e0 la boulangerie demander \u2018Martin\u2019 qui n\u2019est pas l\u00e0. Les gens du village le rep\u00e8rent, arpentant la place et la rue, le signalent \u00e0 Vincent- Martin qui n\u2019\u00e9tait averti de rien [&#8230;] \u00bb<\/em> <em>(2)<\/em>.  <\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Mais peu \u00e0 peu les relations entre les responsables civils et les militaires, notamment Le Ray, se dessinent : les relations sont empreintes <em>\u00ab [&#8230;] de franchises [&#8230;] \u00bb<\/em> <em>(3)<\/em> puis <em>\u00ab [&#8230;] de sympathie [&#8230;] \u00bb (4)<\/em>. Alors m\u00eame que la toile se tisse, non sans difficult\u00e9s, le 27 mai 1943 le premier comit\u00e9 du Vercors est d\u00e9cim\u00e9 par les arrestations.  <\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but du mois de juin, Charles Delestraint confie \u00e0 Alain Le Ray la direction militaire du Vercors. Eug\u00e8ne Chavant (<em>Cl\u00e9ment<\/em>) prend, quant \u00e0 lui, la direction civile du plateau. Pionnier de la premi\u00e8re \u00e9quipe de \u00ab Franc-Tireur \u00bb constitu\u00e9e \u00e0 Grenoble, il h\u00e9site puis se d\u00e9cide \u00e0 quitter sa ville de Saint-Martin-d\u2019H\u00e8res pour s\u2019installer d\u00e9finitivement sur le plateau en septembre ou octobre 1943. Ainsi, \u00e0 partir de juin 1943 et jusqu\u2019au mois de d\u00e9cembre de la m\u00eame ann\u00e9e, Eug\u00e8ne Chavant et Alain Le Ray (<em>Rouvier<\/em>) tentent de r\u00e9organiser le Vercors et de prendre le contr\u00f4le de l\u2019ensemble des camps : <em>\u00ab A la fin de l\u2019ann\u00e9e 1943, l\u2019organisation civile est en place. Chavant a juridiction sur l\u2019ensemble du plateau \u00bb (5)<\/em>. Chavant s\u2019impose peu \u00e0 peu comme un v\u00e9ritable meneur d\u2019hommes et sait se montrer paternaliste, humain.  <\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Le Ray s\u2019efforce d\u2019insuffler un esprit militaire \u00e0 l\u2019organisation du plateau. Apr\u00e8s l\u2019avoir divis\u00e9 en cinq sous-Secteurs lors de son \u00e9tude men\u00e9e \u00e0 la fin de l\u2019hiver 1943, il se calque sur l\u2019organisation civile et adopte une division en deux du plateau, comme l\u2019avait initi\u00e9 \u00ab Franc- Tireur \u00bb en 1942. Le 10 ao\u00fbt 1943, lors de la r\u00e9union de d\u2019Arbounouze qui r\u00e9unit les responsables civils et militaires du plateau, des doctrines de combat sont \u00e9labor\u00e9es et les relations entre les civils et les militaires sont mieux d\u00e9finies. Le Ray note d\u2019abord que les r\u00e9fractaires doivent devenir des maquisards et propose d\u2019en <em>\u00ab [&#8230;] faire des combattants r\u00e9guliers \u00bb (6) <\/em>associ\u00e9s aux trentaines issues des hommes des communes, les Compagnies civiles.  <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em>\u00ab La cr\u00e9ation de corps francs (nombre, commandement, effectif, armement, cantonnement, emplacement). L\u2019effectif des corps francs sera demand\u00e9 \u00e0 la population locale \u00bb<\/em> <em>(7)<\/em>.  <\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ces corps francs, constitu\u00e9s de civils habitant le plateau, doivent rester s\u00e9dentaires et ne pas n\u00e9cessairement \u00eatre instruits d\u2019un point de vue militaire avant <em>\u00ab [&#8230;] l\u2019occupation de la France par les Alli\u00e9s \u00bb (8)<\/em>, et ce malgr\u00e9 les armes disponibles et les possibilit\u00e9s d\u2019encadrement propos\u00e9es par les militaires. Ainsi des Compagnies civiles sont cr\u00e9\u00e9es, \u00e0 Grenoble, Romans et sur le plateau en lui- m\u00eame <em>(9)<\/em>, notamment \u00e0 Villard-de-Lans, M\u00e9audre et Autrans. De 1943 \u00e0 la mobilisation de juin 1944, ces unit\u00e9s de civils recrutent parmi les locaux. Elles s\u2019apparentent aux trentaines de l\u2019A.S. constitu\u00e9es dans les vall\u00e9es. Ces sections, charg\u00e9es d\u2019effectuer des actions de sabotage, dans les vall\u00e9es, notamment dans les environs de Vinay <em>(10)<\/em>. Elles sont distinctes des camps :  <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em>\u00ab Les chefs n\u2019ont jamais voulu emmener les jeunes des camps dans ces exp\u00e9ditions mais seulement les membres des compagnies civiles : il est arriv\u00e9 que les jeunes maquisards ne fussent pas contents d\u2019\u00eatre rel\u00e9gu\u00e9s loin de l\u2019action elle-m\u00eame \u00bb<\/em>.  <\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">II. Henri Ullmann et\nl\u2019organisation civile \n<\/h4>\n\n\n\n<p>Avant guerre, Ullmann est un producteur de films important, il a notamment \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine du lancement de Tino Rossi. En 1940, pendant la campagne de France, Henri Ullmann est capitaine au sein du 510e R\u00e9giment de chars de Nancy. A l\u2019automne 1941, il r\u00e9side \u00e0 Juan-les-Pins. De confession juive, l\u2019ensemble de ses biens est mis sous s\u00e9questre. Pourchass\u00e9 par la Gestapo, il contacte Henri Chabert, qui r\u00e9side \u00e0 Grenoble et qu\u2019il a connu au R\u00e9giment de Chars. Henri Ullmann arrive au domicile de Chabert \u00e0 l\u2019automne 1941 <em>(11)<\/em> affubl\u00e9 d\u2019un grand chapeau qui cache son nez fractur\u00e9. Soign\u00e9 par un m\u00e9decin, il est en tr\u00e8s piteux \u00e9tat. C\u2019est Henri Chabert qui ira chercher son \u00e9pouse, son fils Fran\u00e7ois \u00e2g\u00e9 de 3 mois et une amie de la famille dans le Midi, et qui placera la famille Ullmann chez sa propre m\u00e8re, dans sa ferme natale \u00e0 Rencurel, pendant deux ann\u00e9es.  <\/p>\n\n\n\n<p>A une date non pr\u00e9cis\u00e9e, il \u00e9chappe de peu aux GMR qui ont investi un h\u00f4tel de La Balme de Rencurel en demandant directement ou se cachait <em>Philippe<\/em>. Alert\u00e9, Ullmann (<em>Philippe<\/em>) sait que le commandant est un ancien des \u00ab chars \u00bb, il se pr\u00e9sente alors spontan\u00e9ment \u00e0 l\u2019homme qui le serre dans ses bras. Il est convenu qu\u2019il ne sera pas arr\u00eat\u00e9 et les GMR repartent imm\u00e9diatement.  <\/p>\n\n\n\n<p>Le t\u00e9moignage d\u2019Henri Chabert ne mentionne pas quand et pour quels motifs le contact est \u00e9tabli entre Eug\u00e8ne Samuel (<em>Ravalec<\/em>) de Villard-de-Lans et Ullmann, mais ce dernier int\u00e8gre l\u2019organisation civile du Vercors certainement en 1943, \u00e0 l\u2019hiver 1942-1943 au plus t\u00f4t. A l\u2019automne 1943, c\u2019est sous le pseudonyme de <em>Philippe (12)<\/em> qu\u2019il devient le responsable de la compagnie civile de Villard-de-Lans. Henri Ullmann, lors de son s\u00e9jour dans le Vercors, entretient encore des contacts avec l\u2019AS dans le Midi ; ceci est corrobor\u00e9 par sa d\u00e9position relatant l\u2019interrogatoire subi dans les ge\u00f4les de la Gestapo \u00e0 Grenoble le 10 ao\u00fbt 1944 : <em>\u00ab Chef de la Gestapo qui l\u2019accueille : \u2018Philippe, je t\u2019aime, je te connais depuis 1942, je t\u2019ai rat\u00e9 \u00e0 Cannes, tu t\u2019es f&#8212;- de ma gueule \u00e0 Marseille en 1943, mais en 1944 tu vas crever en 10 minutes\u2019 \u00bb (13). <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Entre la volont\u00e9 de cr\u00e9er des Compagnies civiles en ao\u00fbt 1943, leur mise en place effective, la mobilisation du 9 juin 1944, et, enfin, la reconstitution des unit\u00e9s militaires, en l\u2019espace de 11 mois et dans la clandestinit\u00e9, les terminologies entrem\u00ealant les conceptions civiles et militaires ont \u00e9volu\u00e9 et refl\u00e8tent certainement la v\u00e9ritable gageure qu\u2019a constitu\u00e9 leur mise en place sur le terrain. Selon le peu de sources dont nous disposons, les termes suivants ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s : compagnie civile, bataillon, trentaine, sixaine, section, groupe.  <\/p>\n\n\n\n<p>Lors de la cr\u00e9ation\nth\u00e9orique des Compagnies civiles \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1943, elles sont\nrattach\u00e9es \u00e0 une commune (Villard-de-Lans ou Autrans) et elles\ncomprennent plusieurs trentaines appel\u00e9es sections, elles-m\u00eames\ncompos\u00e9es de sixaines. Ainsi entre la fin de l\u2019ann\u00e9e 1943 et la\nfin du printemps 1944, il est manifeste que l\u2019organisation se\nmilitarise peu \u00e0 peu jusqu\u2019au D\u00e9barquement de Normandie qui va\nengendrer la mobilisation du 9 juin 1944. \n<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">III.\nDe la mobilisation \u00e0 la dispersion \n<\/h4>\n\n\n\n<p>Le 8 juin 1944, \u00e0 la demande d\u2019Ullmann, Chavant r\u00e9unit les responsables des <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/le-vercors-resistant\/#compagniesciviles\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Compagnies civiles<\/a> dans l\u2019\u00e9cole de Rencurel pour leur pr\u00e9senter les rouages du commandement militaire et exposer son voyage \u00e0 Alger, les assurant ainsi du soutien des Alli\u00e9s <em>(14)<\/em>. Le m\u00eame jour \u00e0 minuit, l\u2019ordre de mobilisation de Fran\u00e7ois Huet est r\u00e9dig\u00e9 et envoy\u00e9 aux diff\u00e9rentes compagnies. Il est re\u00e7u \u00e0 Villard-de-Lans dans la matin\u00e9e du 9 juin par Francisque Troussier, qui remplace Ullmann \u00e0 la t\u00eate de la compagnie. En effet, <em>Philippe<\/em> prend alors en charge l\u2019ensemble des compagnies civiles issues de Villard-de-Lans, d\u2019Autrans, de M\u00e9audre, en plus des volontaires qui affluent sur le plateau, ce qui cr\u00e9e une grande confusion comme le souligne Henri Chabert : <em>\u00ab [&#8230;] il n\u2019y a pas eu assez de tri \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e. Pl\u00e9thore de gars. Trop de gens \u00bb (15)<\/em>, tandis que les unit\u00e9s, dans un temps tr\u00e8s court, sont en cours de formation. (Mais) le bataillon <em>Philippe<\/em> est ainsi cr\u00e9\u00e9. Il est charg\u00e9 de mettre en \u00e9tat de d\u00e9fense la partie Nord-Ouest du Vercors. Une compagnie (la deuxi\u00e8me compagnie), cr\u00e9\u00e9e le 6 juin 1944 et plac\u00e9e sous le commandement du lieutenant Villard (<em>Adrian<\/em>), renforce le bataillon. Elle installe son PC <em>\u00ab [&#8230;] \u00e0 la maison foresti\u00e8re de P\u00e9touze et eut pour mission de d\u00e9fendre le secteur s\u2019\u00e9tendant du Faz pr\u00e8s de Saint Pierre-de-Cherennes \u00e0 Malleval dominant les gorges du Nan \u00bb (16)<\/em>. Selon Joseph La Picirella, la section de Villard-de-Lans se rassemble \u00e0 la Roche-Pointue le 9 vers 12h30 avant de se d\u00e9ployer pour d\u00e9fendre l\u2019acc\u00e8s de la route des Ecouges en investissant les Coulmes <em>(17)<\/em>.  <\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s les combats de Saint Nizier des 13 et 15 juin 1944, une forme d\u2019accalmie se dessine : le synclinal de Lans\/Villard devient un <em>no man\u2019s land<\/em>. Mais le 24 juin les Allemands testent \u00e0 nouveau les d\u00e9fenses du Vercors sur le versant Nord-Ouest du plateau. Ils lancent une colonne motoris\u00e9e dans les gorges des Ecouges, au dessus de Saint Gervais. Elle est stopp\u00e9e par le bataillon <em>Philippe<\/em> qui pr\u00e9cipite de gros blocs de pierre du haut des falaises. Ils ajust\u00e8rent le convoi avec leurs armes automatiques et les Allemands se repli\u00e8rent <em>(18)<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>Le 13 juillet 1944, <em><a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#huet\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Hervieux<\/a><\/em> reconstitue les unit\u00e9s militaires dissoutes lors de l\u2019invasion de la zone libre. Le bataillon <em>Philippe<\/em> \u00bb devient le 12e BCA, en r\u00e9serve du 6e BCA ; il regroupe <em>\u00ab [&#8230;] les unit\u00e9s stationn\u00e9es actuellement \u00e0 La Balme et Rencurel, volontaires de Romans et de la r\u00e9gion Nord du plateau \u00bb (19)<\/em> ; cependant la d\u00e9nomination reste th\u00e9orique : en effet, les r\u00e9alit\u00e9s du terrain et l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration des \u00e9v\u00e9nements auront compromis la cr\u00e9ation des ces unit\u00e9s. A la date du 9 septembre 1944, la section de Villard-de-Lans et les groupes de M\u00e9audre\/Autrans sont assimil\u00e9s au 6e BCA.  <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/La-Compagnie-Philippe-1-1280x821.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5108\" width=\"640\" height=\"411\" srcset=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/La-Compagnie-Philippe-1-1280x821.jpg 1280w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/La-Compagnie-Philippe-1-300x192.jpg 300w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/La-Compagnie-Philippe-1-768x492.jpg 768w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/La-Compagnie-Philippe-1-1536x985.jpg 1536w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/La-Compagnie-Philippe-1.jpg 1719w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><figcaption>Reconstruire apr\u00e8s le d\u00e9part des troupes allemandes : les r\u00e9quisitions. Source : AD Is\u00e8re, 57J36. Vercors.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le 14 juillet, <em>Philippe<\/em> donne l\u2019ordre \u00e0 la section de r\u00e9serve de se rendre dans le secteur des Ecouges pour renforcer le dispositif de surveillance. Mais il garde \u00e0 son PC l\u2019adjudant Florentin Brasseur qui est charg\u00e9 d\u2019accueillir les nouvelles recrues pour les former. En effet, l\u2019afflux de nombreux volontaires se pr\u00e9sentant individuellement dans les camps doit \u00eatre g\u00e9r\u00e9 afin d\u2019organiser les unit\u00e9s. Pour cela, Brasseur dispose d\u2019un Colt pour former les nouveaux volontaires au maniement des armes. L\u2019entra\u00eenement reste une pr\u00e9occupation majeure : la section de r\u00e9serve, en rejoignant son lieu d\u2019affectation, doit en profiter <em>\u00ab [&#8230;] pour faire une marche d\u2019entra\u00eenement et apprendre \u00e0 utiliser le terrain contre les vues a\u00e9riennes \u00bb (20).  <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le 15 juillet, \u00e0 19 heures, des renseignements selon lesquels des Allemands seraient en train de s\u2019infiltrer <em>\u00ab [&#8230;] dans la r\u00e9gion au nord d\u2019Autrans \u00bb (21) <\/em>parviennent au lieutenant Planche. L\u2019ordre est donn\u00e9 au sergent Georges Buisson, qui commande les groupes d\u2019Autrans et de M\u00e9audre, de se tenir en alerte et de placer six hommes qui seront charg\u00e9s de surveiller jour et nuit le Pas de Pertuson et de mettre en batterie des FM.  <\/p>\n\n\n\n<p>La vie quotidienne s\u2019organise aussi, des corv\u00e9es d\u2019eau sont organis\u00e9es \u00e0 partir du PC de la cabane foresti\u00e8re de P\u00e9touze, et, contrairement au sort r\u00e9serv\u00e9 aux autres unit\u00e9s, l\u2019eau fra\u00eeche et potable ne pose pas de probl\u00e8mes : plusieurs sources alimentent les unit\u00e9s, notamment au lieu dit La Citerne, distant d\u2019environ 1,4 kilom\u00e8tre avec peu de d\u00e9nivel\u00e9. Le 20 juillet, trois jours avant l\u2019ordre de dispersion, \u00ab Monsieur Camp militaire du Vercors \u00bb ach\u00e8te \u00ab l\u00e9galement \u00bb et en argent liquide, cinq kilos de beurre et deux kilos de Gruy\u00e8re chez un fromager d\u2019Autrans pour une somme de 417 francs r\u00e9gl\u00e9e par Georges Buisson <em>(22)<\/em>.  <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/La-Compagnie-Philippe-2-1280x861.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5109\" width=\"640\" height=\"431\" srcset=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/La-Compagnie-Philippe-2-1280x861.jpg 1280w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/La-Compagnie-Philippe-2-300x202.jpg 300w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/La-Compagnie-Philippe-2-768x517.jpg 768w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/La-Compagnie-Philippe-2-1536x1033.jpg 1536w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/La-Compagnie-Philippe-2.jpg 1727w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><figcaption>Le ravitaillement en vivres, le quotidien. Source : A.D. Is\u00e8re, 57J36. Vercors<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le 21 juillet, une section de la compagnie <em>Philippe<\/em> participe \u00e0 la ligne d\u00e9fense lors de l\u2019infiltration des Allemands par le Val de Lans ; constitu\u00e9e par Fran\u00e7ois Huet, elle s\u2019\u00e9tend sur une quinzaine de kilom\u00e8tres, de Valchevri\u00e8re au nord-ouest jusqu\u2019aux contreforts des rochers de la Balme au sud-est. Cette ligne est primordiale, elle doit interdire aux troupes allemandes l\u2019acc\u00e8s au Vercors central et au Sud du massif <em>(23)<\/em>.  <\/p>\n\n\n\n<p>Juste avant la dispersion, et d\u2019apr\u00e8s le registre des Pionniers du Vercors, cit\u00e9 par Paul Dreyfus <em>(24)<\/em>, le bataillon <em>Philippe<\/em>, 12e BCA, compte 464 hommes. Il compte au moins deux compagnies. Au 9 juin, la premi\u00e8re compagnie est aux ordres du lieutenant Chambost (Planche), la deuxi\u00e8me comprend 110 hommes. Jusqu\u2019au 14 juillet 1944, une section de r\u00e9serve est rattach\u00e9e au PC et elle est mobilis\u00e9e le 14 juillet. Une section de mitrailleuses, command\u00e9e par le caporal Janvier, compl\u00e8te le dispositif.  <\/p>\n\n\n\n<p>A titre de comparaison, au 13 juillet 1944, la section \u00ab Brasseur-Buisson \u00bb comprend 45 hommes, tous arm\u00e9s ; lors de la mobilisation du 9 juin, la Compagnie civile de Villard-de-Lans compte 80 hommes, et 120 \u00e0 la fin du conflit <em>(25)<\/em>.  <\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/documents-et-analyses\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Compagnie Ullmann<\/a> (<em>Philippe<\/em>) : 464 hommes<br><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/documents-et-analyses\/#belmont\" target=\"_blank\">Compagnie Brisac<\/a> (<em>Belmont<\/em>) : entre 180 et 250 hommes<br>Compagnie Crouau (<em>Abel<\/em>) : 400 hommes<br>Compagnie Piron (<em>Daniel<\/em>) : 126 hommes  <\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le 23 juillet au soir que <em>Philippe<\/em> informe Brisac de l\u2019ordre de dispersion par la ligne EDF affect\u00e9e au maquis. Les consignes sont alors de communiquer par les bo\u00eetes aux lettres d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9es et surtout de se replier dans les Coulmes et non pas vers Herbouilly tel qu\u2019initialement pr\u00e9vu, car le pont de La Goule Noire a \u00e9t\u00e9 dynamit\u00e9. L\u2019\u00e9pouse d\u2019Ullmann ainsi que celle d\u2019Henri Chabert sont mises en s\u00fbret\u00e9 chez Roger Gl\u00e9nat, \u00e0 l\u2019or\u00e9e du massif forestier.  <\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s Brisac, <em>Philippe<\/em> connaissait par c\u0153ur le massif et s\u2019y sentait comme un poisson dans l\u2019eau. <em>Philippe<\/em> accepte de partager les vivres avec Brisac <em>(26)<\/em>. Dans la journ\u00e9e du 23 juillet, les hommes de <em>Philippe<\/em> prennent en charge le sergent Robert Godillot de la compagnie Brisac qui s\u2019est fractur\u00e9 la jambe lors de l\u2019escalade d\u2019une paroi. Le bless\u00e9 est ramen\u00e9 chez les <em>Philippe<\/em>, dans une ferme aux Charmeilles. Puis la compagnie se replie \u00e0 nouveau entre P\u00e9touze et Presles ; les hommes parviennent tous les soirs \u00e0 obtenir de l\u2019eau fra\u00eeche et potable <em>(27)<\/em>. Dans les derniers jours de juillet, <em>Philippe<\/em> envoie \u00e0 Brisac un petit stock de nourriture par l\u2019interm\u00e9diaire de Guillet, nomm\u00e9 intendant en juin par <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#costa\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Costa de Beauregard<\/a> (<em>Durieu<\/em>). <\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 la section de M\u00e9audre, conduite par Georges Buisson, elle se trouve au Pas de Montbrand le 21 juillet au soir. Elle y reste les 22 et 23 juillet o\u00f9 ses membres se heurtent \u00e0 une patrouille allemande <em>(28)<\/em>. Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 quelques jours sur le secteur du Pas de la cl\u00e9, ils d\u00e9cident de revenir sur M\u00e9audre. Le 31 juillet, ils parviennent, \u00e0 travers bois, au niveau du hameau de la Truite <em>(29)<\/em>. Ils y \u00e9tablissent un contact avec la ferme Durant-Poudret qui avait d\u00e9j\u00e0 auparavant ravitaill\u00e9 le maquis.  <\/p>\n\n\n\n<p>Le 7 ao\u00fbt, le PC de <em>Philippe<\/em> se trouve \u00e0 Presles. A cette date, Brisac et <em>Philippe<\/em> renouent le contact aux Charmeilles. Une alerte est lanc\u00e9e : les troupes allemandes ratissent les lieux, il faut \u00e9vacuer dans l\u2019urgence. On d\u00e9cide alors de transporter Robert Godillot dans une brouette car sa blessure est \u00ab civile \u00bb ; ils souhaitent le faire passer pour un berger bless\u00e9 et l\u2019envoyer \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Saint-Marcellin gr\u00e2ce \u00e0 la complicit\u00e9 des populations civiles. Mais les Allemands, qui ont investi le plateau, trouvent <em>Philippe<\/em> et le bless\u00e9, malgr\u00e9 les d\u00e9n\u00e9gations du propri\u00e9taire de la ferme o\u00f9 ils \u00e9taient cach\u00e9s. Brisac, qui parvient \u00e0 se cacher, \u00e9chappe \u00e0 l\u2019arrestation. Le bless\u00e9 est ex\u00e9cut\u00e9 et la ferme pill\u00e9e de ses vivres. Les Allemands incendient le hameau et repartent avec <em>Philippe<\/em>. Il est emmen\u00e9 \u00e0 <em>\u00ab la Balme puis au PC du commandant du r\u00e9giment alpin &#8211; H\u00f4tel Splendid \u00e0 Villard de Lans le 8 ao\u00fbt \u00bb (30).  <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le 9 ou le 10 ao\u00fbt, des soldats allemands, command\u00e9s par un sous-officier, se rendent \u00e0 Rencurel, au domicile de la m\u00e8re d\u2019Henri Chabert. Ils s\u2019emparent de plusieurs objets de valeur. Ils prennent \u00e9galement un uniforme, un sac \u00e0 dos et des v\u00eatements pour une somme d\u2019environ 50 000 francs <em>(31)<\/em>.  <\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, la section Buisson reste dans les bois jusqu\u2019au 10 ao\u00fbt, au lieu-dit Les Clapiers au dessus du hameau de la Truite, vers M\u00e9audre. Les maquisards sortiront prudemment du bois \u00e0 partir du 10 ao\u00fbt, sans rencontrer l\u2019ennemi.  <\/p>\n\n\n\n<p>Le 10 ao\u00fbt au soir, Ullmann\nest conduit dans les locaux de la Gestapo \u00e0 Grenoble. Le chef de la\nGestapo l\u2019accueille en personne et semble se r\u00e9jouir de son\narrestation car il le traquait depuis 1942. En pr\u00e9sence d\u2019Esclache\net de Waffen SS, il est rou\u00e9 de coups. On lui prend ses affaires\npersonnelles et une somme d\u2019argent correspondant \u00e0 la caisse du\n12e BCA-Vercors\nqu\u2019il avait sur lui. Seul en cellule, il est menott\u00e9 dans le dos.\nLe 15 ao\u00fbt, il est \u00e0 nouveau interrog\u00e9 et tortur\u00e9 et passe\npar le supplice de \u00ab la baignoire \u00bb. Pour gagner du temps il livre\npeu \u00e0 peu les noms d\u2019agents de la Gestapo qui jouaient\ndouble-jeu. Ullmann r\u00e9int\u00e9gre sa cellule apr\u00e8s les \u00ab\ninterrogatoires \u00bb. Mais, suite au d\u00e9barquement de Provence, les\nAllemands commencent \u00e0 \u00e9vacuer leurs troupes et leurs diff\u00e9rents\nservices, dont la Gestapo du cours Berriat. Le 20 ao\u00fbt, les troupes\nAlli\u00e9es se trouvent dans le Tri\u00e8ves, le 21 elles sont \u00e0 Vif et,\nenfin, elles parviennent \u00e0 Grenoble le 22 ao\u00fbt 1944, la ville\nayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9sert\u00e9e par l\u2019ennemi. \n<\/p>\n\n\n\n<p>Henri Ullmann \u00e9chappe de peu \u00e0 la mort. A la fin de la guerre, il deviendra membre des Pionniers du Vercors. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Auteur :<\/strong> Julien Guillon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Notes<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p>  1 PICIRELLA (La) (J.), <em>T\u00e9moignages sur le Vercors : Dr\u00f4me-Is\u00e8re<\/em>, Chez l\u2019auteur, Imprimerie Rivet, Lyon, 1973, 400 pages.<br>  2 A.D. Is\u00e8re, 57J50\/2. T\u00e9moignage de L\u00e9on Vincent-Martin recueilli par Suzanne Silvestre le 10 septembre 1966, 7 pages.<br>  3 <em>Ibid.<\/em><br>  4 <em>Ibid.<\/em><br>  5 DREYFUS (P.), <em>Histoire de la R\u00e9sistance en Vercors<\/em>, Arthaud, Paris, 1980, 290 pages.<br>  6 MARTIN (J-P.), <em>Alain Le Ray, le devoir de fid\u00e9lit\u00e9 : un officier alpin au service de la France, 1939-1945<\/em>, Association des amis du Mus\u00e9e des troupes de montagne, P.U.G., Grenoble, 2000, 215 pages.<br>  7 \u00ab Note sur les possibilit\u00e9s d\u2019utilisation militaire du Vercors (Is\u00e8re et Dr\u00f4me) \u00bb, f\u00e9vrier-mars 1943, document cit\u00e9 in : VERGNON (G.), <em>Le Vercors, Histoire et m\u00e9moire d\u2019un maquis<\/em>, Collection \u00ab patrimoine \u00bb, Les \u00e9ditions de l\u2019Atelier, paris, 2002, 256 pages.<br>  8 \u00ab Note sur les possibilit\u00e9s d\u2019utilisation militaire du Vercors (Is\u00e8re et Dr\u00f4me) \u00bb, f\u00e9vrier-mars 1943, document cit\u00e9 in : VERGNON (G.), op. cit.<br>  9 VERGNON (G.), op. cit.<br>  10 A.D. Is\u00e8re, 57J50\/1. T\u00e9moignage de Marie Louise et Georges Buisson recueilli par Suzanne Silvestre le 31 mai 1975, 8 pages.<br>  11 Nous \u00e9mettons l\u2019hypoth\u00e8se que l\u2019arriv\u00e9e d\u2019Ullmann dans le Vercors se situerait \u00e0 l\u2019automne 1942, apr\u00e8s l\u2019invasion de la zone libre par les troupes allemandes en novembre 1942 et non en 1941.<br>  12 A.D. Is\u00e8re, 57J36. Vercors. T\u00e9moignage d\u2019Henri Chabert de la compagnie \u00ab Philippe \u00bb recueilli par Paul Silvestre en juin 1967.  <br>  13 A.D. Is\u00e8re, 57J36. Vercors. \u00ab T\u00e9moignage en justice du Commandant <em>Philippe<\/em>, Ullmann \u00bb du 30 ao\u00fbt 1944 recopi\u00e9 par Paul ou Suzanne Silvestre.<br>  14 DREYFUS (P.), <em>Histoire de la R\u00e9sistance en Vercors<\/em>, Arthaud, Grenoble, 1980, page 128.<br>  15 A.D. Is\u00e8re, 57J36. Vercors. T\u00e9moignage d\u2019Henri Chabert de la compagnie \u00ab Philippe \u00bb recueilli par Paul Silvestre en juin 1967.<br>  16 PICIRELLA (La) (J.), <em>T\u00e9moignages sur le Vercors : Dr\u00f4me-Is\u00e8re<\/em>, Chez l\u2019auteur, Imprimerie Rivet, Lyon, \u00e9dition 1973, page 140.<br>  17 Ibid., pp. 139-140.<br>  18 TANANT (P.), <em>Vercors : Haut lieu de France, Souvenirs<\/em>, Arthaud, Grenoble, 1971, page 86. DREYFUS (P.), op. cit., page 145.<br>  19 Cit\u00e9 par TANANT (P.), op. cit., annexe page 224.<br>  20 A.D. Is\u00e8re, 57J36. Vercors. Note du commandant \u00ab Philippe \u00bb.<br>  21 A.D. Is\u00e8re, 57J36. Vercors. Note du lieutenant Planche adress\u00e9e au lieutenant Buisson dat\u00e9e du 15 juillet 1944.<br>  22 A.D. Is\u00e8re, 57J36. Vercors. Facture du commer\u00e7ant Isa\u00efe D\u00e9pr\u00e9s.<br>  23 DREYFUS (P.), Histoire de la R\u00e9sistance en Vercors, Arthaud, Grenoble, 1980, page 191.<br>  24 <em>Ibidem<\/em>, page 157.<br>  25 A.D. Is\u00e8re, 57J50\/1. T\u00e9moignage de Cl\u00e9ment Beaudoingt recueilli par Suzanne Silvestre le 2 avril 1975, 9 pages.<br>  26 ADI 57J50\/1 T\u00e9moignage de Paul Brisac recueilli par Paul ou Suzanne Silvestre le 3 novembre 1964, 6 pages. Entretien du 23 juin 1977, 7 pages.<br>  27  A.D. Is\u00e8re, 57J36. Vercors. T\u00e9moignage d\u2019Henri Chabert de la compagnie \u00ab Philippe \u00bb recueilli par Paul Silvestre en juin 1967.<br>  28 Silvestre (S.) et (P.), <em>Chronique des maquis de l\u2019Is\u00e8re. 1943-1944<\/em>, collection \u00abR\u00e9sistances\u00bb, P.U.G., Grenoble, 1995, page 321.<br>  29 <em>Ibid.<\/em><br>  30 A.D Is\u00e8re, 57J36. Vercors. \u00ab T\u00e9moignage en justice du Commandant <em>Philippe<\/em>, Ullmann \u00bb du 30 ao\u00fbt 1944 recopi\u00e9 par Paul ou Suzanne Silvestre.<br>  31 <em>Ibid.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sources bibliographiques  <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dreyfus (P.), <em>Histoire de la R\u00e9sistance en Vercors<\/em>, Arthaud, Paris, 1980, 290 pages.<br>Martin (J-P.), <em>Alain Le Ray, le devoir de fid\u00e9lit\u00e9 : un officier alpin au service de la France, 1939-1945<\/em>, Association des amis du Mus\u00e9e des troupes de montagne, P.U.G., Grenoble, 2000, 215 pages.<br>Picirella (La) (J.), <em>T\u00e9moignages sur le Vercors : Dr\u00f4me-Is\u00e8re<\/em>, Chez l\u2019auteur, Imprimerie Rivet, Lyon, 1973, 400 pages.<br>Silvestre (S.) et (P.), <em>Chronique des maquis de l\u2019Is\u00e8re. 1943-1944<\/em>, collection \u00ab R\u00e9sistances \u00bb, P.U.G., Grenoble, 1995, 507 pages.<br>Tanant (P.), <em>Vercors : Haut lieu de France, Souvenirs<\/em>, Arthaud, Grenoble, 1971, 230 pages.<br>Vergnon (G.), <em>Le Vercors, Histoire et m\u00e9moire d\u2019un maquis<\/em>, Collection \u00ab patrimoine \u00bb, Les \u00e9ditions de l\u2019Atelier, paris, 2002, 256 pages.  <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sources archivistiques  <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>A.D. Is\u00e8re, 57J50<\/em><br>  T\u00e9moignage de Cl\u00e9ment Beaudoingt recueilli par Suzanne Silvestre le 2 avril 1975, 9 pages.<br>  T\u00e9moignage de Marie Louise et Georges Buisson recueilli par Suzanne Silvestre le 31 mai 1975, 8 pages<br>  T\u00e9moignage d\u2019Am\u00e9d\u00e9e Odemard recueilli par Suzanne Silvestre le 10 septembre 1974, 3 pages.<br>  T\u00e9moignage de Paul Brisac recueilli par Paul ou Suzanne Silvestre le 3 novembre 1964, 6 pages.<br>  Entretien du  23 juin 1977, 7 pages. de madame Noaro-Glaudas recueilli par Suzanne Silvestre le 3 mars 1975, 2 pages<br>  T\u00e9moignage d\u2019Am\u00e9d\u00e9e Odemard recueilli par Suzanne Silvestre le 10 septembre 1974, 3 pages.<br>  T\u00e9moignage  de L\u00e9on Vincent-Martin recueilli par Suzanne Silvestre le 10 septembre 1966, 7 pages<br><em>A.D. Is\u00e8re, 57J36. Vercors.<\/em><br>  T\u00e9moignage d\u2019Henri Chabert de la compagnie \u00ab Philippe \u00bb recueilli par Paul Silvestre en juin 1967.<br>  Pierre Dalloz, <em>G\u00e9n\u00e9ralit\u00e9s sur les maquis<\/em>, F\u00e9vrier 1944, Londres. Document communiqu\u00e9 par les A.N. \u00e0 Suzanne et Paul Silvestre.<br>  Documents (12) relatifs \u00e0 la section Buisson et au Bataillon \u00ab Philippe \u00bb  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Julien Guillon. Droits r\u00e9serv\u00e9s -reproduction interdite sans accord de l&#8217;auteur <\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"compagniedufau\">La compagnie Dufau (Andr\u00e9 Bordenave) Vercors-Nord. Mars 1943 &#8211; ao\u00fbt 1944 <\/h2>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">I. Les origines (Mars 1943-6 juin 1944)<\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">A. 1943\/1944 : les C3 et C5 <\/h5>\n\n\n\n<p>A partir du mois de f\u00e9vrier 1943, de nombreux jeunes r\u00e9fractaires au STO viennent se r\u00e9fugier dans le Vercors : des circuits d\u2019acheminement sont mis en place, notamment \u00e0 Grenoble, d\u2019o\u00f9 ils sont aiguill\u00e9s vers les massifs environnants dont le Vercors. C\u2019est sur ce plateau que des camps sont cr\u00e9\u00e9s sous l\u2019impulsion du Mouvement \u00ab Franc-Tireur \u00bb qui est bien implant\u00e9 depuis le printemps 1942. Les camps sont num\u00e9rot\u00e9s en fonction de la date de leur cr\u00e9ation : C1 Vercors- Nord <em>(1)<\/em>, C2, C3, etc. Les effectifs sont variables en fonction des arriv\u00e9es et des saisons, l\u2019hiver 1943\/1944 \u00e9tant particuli\u00e8rement rude et la r\u00e9pression de plus en plus accrue. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"375\" src=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/La-Compagnie-Dufau-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5095\" srcset=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/La-Compagnie-Dufau-1.jpg 500w, https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/La-Compagnie-Dufau-1-300x225.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><figcaption>Clairi\u00e8re du Gros Martel.  Photo Julien Guillon <\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Au mois de f\u00e9vrier 1943, un camp, qui ne porte pas encore son nom, est cr\u00e9\u00e9, le futur \u00ab C3 \u00bb. Des jeunes Pontois arrivent dans le Vercors \u00e0 la recherche d\u2019un refuge. Le boulanger de M\u00e9audre, L\u00e9on Vincent-Martin, et Georges Buisson, un enfant du pays, sollicitent Marcelle Repellin connue pour son <em>\u00ab [&#8230;] tr\u00e8s grand c\u0153ur \u00bb<\/em> <em>(2)<\/em> qui accepte de pr\u00eater une maison qu\u2019elle n\u2019occupe pas : la ferme du Cru. Ils ne poss\u00e8dent pas d\u2019armes au d\u00e9but mais quelques fusils de la guerre de 1914\/1918 sont r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s. Les effectifs passent alors de cinq \u00e0 quarante jeunes hommes en quelques semaines. Lorsque Aim\u00e9 Pupin int\u00e8gre le camp au projet du Vercors, il devient le \u00ab C.3 \u00bb. Pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9 le camp migre <em>\u00ab [&#8230;] de plus en plus loin dans la for\u00eat \u00bb (4)<\/em>, jusqu\u2019\u00e0 la baraque des Feuilles. L\u2019afflux de r\u00e9fractaires \u00e9tant de plus en plus important, le C3 donne naissance \u00e0 un autre camp, \u00e0 proximit\u00e9, le \u00ab C.5 \u00bb, car il faut d\u00e9sormais accueillir 150 jeunes hommes. Au printemps 1943, le C.5 et le C.3 migrent encore plus loin du village, jusqu\u2019au Gros Martel. Les destins des C3 et C5 sont d\u00e9sormais li\u00e9s. Du 10 mai 1943 au 27 mai 1943, les deux camps s\u2019installent au \u00ab Gros Martel \u00bb sous des tentes et des branchages. <\/p>\n\n\n\n<p>Aim\u00e9 Pupin est arr\u00eat\u00e9 ainsi que tous les responsables \u00e0 l\u2019origine de la cr\u00e9ation des camps. L\u2019ordre de la dispersion est alors donn\u00e9 : <em>\u00ab Ils descendent dans la vall\u00e9e de l\u2019Is\u00e8re. D\u2019autres sont achemin\u00e9s sur Pont-en-Royans et par une fili\u00e8re, gagnent Ambel \u00bb<\/em> <em>(5)<\/em>. Pendant l\u2019\u00e9t\u00e9 1943, des r\u00e9fractaires de l\u2019ancien C.3 sont inqui\u00e9t\u00e9s par la police et la milice. La d\u00e9cision est prise de se rendre \u00e0 nouveau dans le Vercors : <em>\u00ab [&#8230;] avec un esprit de groupe mieux soud\u00e9s qu\u2019avant \u00bb (6)<\/em>. Le C.3 se reconstitue \u00e0 la fin du mois d\u2019ao\u00fbt ou au d\u00e9but du mois de septembre 1943 sur les hauteurs d\u2019Autrans. Apr\u00e8s l\u2019exp\u00e9rience du Gros Martel, les maquisards sont d\u00e9sormais rompus \u00e0 la discr\u00e9tion. Ils disposent d\u2019un v\u00e9ritable poste de guet et d\u2019une liaison t\u00e9l\u00e9phonique avec le village d\u2019Autrans, en contrebas. Le ravitaillement ainsi que toute la logistique (courriers, tickets d\u2019alimentation) sont assur\u00e9s par la majorit\u00e9 de la population d\u2019Autrans<em> (7)<\/em>. Ils sont mieux arm\u00e9s et l\u2019encadrement militaire s\u2019impose peu \u00e0 peu. Selon les directives, ils changent r\u00e9guli\u00e8rement le camp d\u2019emplacement. En ao\u00fbt, ou septembre 1943, ils investissent une baraque foresti\u00e8re situ\u00e9e sur le plateau de G\u00e8ve puis, au printemps 1944 la cabane des Carteaux sous la direction de Robert Secchi. Le C.3 comprend alors une quarantaine d\u2019hommes. <\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">B. Vers la militarisation\n<\/h5>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but du mois de juin 1943, Charles Delestraint confie \u00e0 Alain Le Ray la direction militaire du Vercors. Eug\u00e8ne Chavant <em>(Cl\u00e9ment)<\/em> prend, quant \u00e0 lui, la direction civile du plateau. Le 10 ao\u00fbt 1943, lors de la r\u00e9union de d\u2019Arbounouze, qui r\u00e9unit les responsables civils et militaires du plateau, les relations entre les civils et les militaires sont mieux d\u00e9finies. Le Ray propose ainsi que les jeunes r\u00e9fractaires des camps, issus pour la plupart du S.T.O., aient un encadrement militaire pour en <em>\u00ab [&#8230;] faire des combattants r\u00e9guliers \u00bb (8).<\/em> Peu \u00e0 peu, les camps n\u00e9s du S.T.O. sont donc encadr\u00e9s par des militaires d\u2019active ou de r\u00e9serve, en bin\u00f4me avec les responsables civils issus de \u00ab Franc-Tireur \u00bb. Ainsi l\u2019influence militaire devient de plus en plus marqu\u00e9e : des sous-officiers ou des officiers sont alors charg\u00e9s d\u2019encadrer les jeunes des camps non sans heurts avec les maquisards eux-m\u00eames et les premiers responsables du camp qui voulaient garder une organisation strictement civile. Ainsi, un sous-officier autoritaire venu encadrer le C.3 est m\u00eame \u00e0 l\u2019origine d\u2019un d\u00e9but de mutinerie <em>(9)<\/em>. A Autrans, Alain Le Ray, est d\u2019abord fra\u00eechement accueilli par les responsables civils. Mais, peu \u00e0 peu, les relations sont empreintes <em>\u00ab [&#8230;] de franchises [&#8230;] \u00bb (10)<\/em> puis<em> \u00ab [&#8230;] de sympathie [&#8230;] \u00bb  (11). <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pour mener sa mission et encadrer les camps, Le Ray s\u2019adjoint alors les services d\u2019anciens compagnons d\u2019arme ou de militaires d\u00e9mobilis\u00e9s, comme Costa de Beauregard, qui, en 1943, est l\u2019un des premiers officiers \u00e0 rejoindre le comit\u00e9 de combat du Vercors. Il est d\u2019ailleurs homologu\u00e9 F.F.I. le 15 f\u00e9vrier 1943 <em>(12)<\/em>. En mai 1943, Andr\u00e9 Bordenave vient renforcer l\u2019ossature militaire, il a alors 24 ans. Il est affect\u00e9 \u00e0 la zone Nord du plateau qui comprend les communes d\u2019Autrans, M\u00e9audre, Villard-de-Lans et Corren\u00e7on sous les ordres de Le Ray et de Costa de Beauregard <em>(13)<\/em>. Il assure alors l\u2019encadrement global des camps du Vercors Nord. Daniel Bourgeois, caporal-chef d\u2019active <em>(14)<\/em>, qui a le m\u00eame \u00e2ge qu\u2019Andr\u00e9 Bordenave, est, quant \u00e0 lui, en charge du ravitaillement des quinze camps au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1944 <em>(15)<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">C. La cr\u00e9ation du C1 : accentuer la militarisation\n<\/h5>\n\n\n\n<p>Le 8 janvier 1944 un autre camp, le C1 Vercors-Nord, voit le jour pour des raisons diff\u00e9rentes en comparaison aux C.3 et C.5. Il ne s\u2019agit pas de trouver un refuge, mais bel et bien de pr\u00e9parer l\u2019insurrection et la Lib\u00e9ration. Jacques Faisy, du C.1, note qu\u2019il prend le maquis <em>\u00ab [&#8230;] non pour \u00e9chapper au STO et devenir \u2018r\u00e9fractaire\u2019, mais par id\u00e9al \u00bb (16)<\/em> sous l\u2019impulsion de Costa de Beauregard, son ancien chef du 159e RAM. Le responsable du camp est Pierre Trombert et l\u2019effectif est de trois combattants&#8230; Le camp s\u2019installe dans la baraque des Guinets, combe de Barbuisson, au Sud-est d\u2019Autrans, \u00e0 environ 1200 m\u00e8tres d\u2019altitude. La baraque foresti\u00e8re est alors am\u00e9nag\u00e9e et m\u00eame si les conditions sanitaires sont pr\u00e9caires, le ravitaillement est satisfaisant gr\u00e2ce aux tickets d\u2019alimentation fournis par les complicit\u00e9s \u00e9tablies dans les mairies. Huit jours apr\u00e8s sa fondation, des volontaires affluent et le camp compte une trentaine d\u2019hommes au mois de mars. C\u2019est au d\u00e9but du mois, le 2 mars 1944, que <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#costa\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Costa de Beauregard<\/a> (<em>Durieu<\/em>) est d\u00e9sign\u00e9 commandant de la zone Nord du Vercors <em>(17)<\/em>, soit de l\u2019ensemble des camps de ce territoire. Puis, au printemps 1944 Bordenave est nomm\u00e9 commandant de compagnie qui comprend th\u00e9oriquement <em>(18)<\/em> cent maquisards . Pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9, le camp devient itin\u00e9rant. Au printemps 1944, il s\u2019installe dans une baraque foresti\u00e8re, aux Fen\u00eats, puis \u00e0 Pl\u00e9nouze en mai 1944. Jusqu\u2019au 6 juin 1944, l\u2019effectif d\u2019environ 30 hommes reste stable. A partir de l\u2019annonce du d\u00e9barquement alli\u00e9 en Normandie les effectifs gonflent sensiblement. <\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">II. De la mobilisation aux combats (juin-septembre 1944)\n<\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">A. 9 juin 1944 : La mobilisation et la cr\u00e9ation de la Compagnie du Vercors-\nNord\n<\/h5>\n\n\n\n<p>Faisant suite au d\u00e9barquement de Normandie, c\u2019est le 7 juin que Bordenave annonce la mobilisation aux hommes du C.3 qui accueillent la nouvelle dans l\u2019euphorie <em>(19)<\/em>. Ainsi, <em>\u00ab Le 8 ou 9 juin, les C.1, C.3, C.5 et C.7, forment alors la Compagnie du Vercors-Nord \u00bb (20)<\/em> sous les ordres d\u2019Andr\u00e9 Bordenave (Dufau). Ils re\u00e7oivent plusieurs F.M., et deux mitrailleuses. La Compagnie est charg\u00e9e de surveiller l\u2019acc\u00e8s Nord du plateau et plus particuli\u00e8rement l\u2019acc\u00e8s par les gorges d\u2019Engins. Le C.7 est plac\u00e9 directement dans le tunnel qui m\u00e8ne \u00e0 Engins, le C.5 se d\u00e9ploie sur l\u2019ancienne route qui longe le Furon, le C.1 se dispose sur le tunnel en lui-m\u00eame et, enfin le C.3 occupe les hauteurs de la route <em>(21)<\/em>. C\u2019est de leurs positions que Gilbert Landau (Gilbert), du C.1, voit affluer les volontaires : <em>\u00ab [&#8230;] se souvient parfaitement des gens qui venaient au Vercors avec leur petite valise comme les ouvriers vont \u2018au boulot\u2019 le matin en emportant leur \u2018casse-cro\u00fbte\u2019 \u00bb. (22) <\/em><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">B. Les combats de juin et juillet 1944\n<\/h5>\n\n\n\n<p>Le jeudi 15 juin 1944, lors de l\u2019attaque allemande par Saint Nizier, la deuxi\u00e8me section de la compagnie \u00ab Dufau \u00bb arrive en renfort pendant la nuit. Elle est charg\u00e9e de tenir l\u2019extr\u00eame gauche du dispositif (\u00e0 l\u2019oppos\u00e9 des Trois Pucelles). A leur tour, les hommes du C.3 sont \u00e9galement mobilis\u00e9s pour tenir les acc\u00e8s. Les combats sont tr\u00e8s durs, les allemands concentrent leur feu et leurs troupes \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 du plateau de Charvet. Ils parviennent \u00e0 mettre en batterie leurs armes automatiques qui tiennent en enfilade les positions fran\u00e7aises. L\u2019ordre de repli est donn\u00e9 par <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#huet\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Huet<\/a> (<em>Hervieux<\/em>) \u00e0 9h du matin. Il s\u2019effectue gr\u00e2ce au couvert procur\u00e9 par les bois <em>(23)<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s les combats de Saint Nizier, du 15 juin au 21 juillet 1944, le Val de Lans-Villard devient un no man\u2019s land. Le 13 juillet 1944, <em>Hervieux <\/em>reconstitue les unit\u00e9s militaires dissoutes lors de l\u2019invasion de la zone libre. Bordenave est nomm\u00e9 commandant de la 1re compagnie du 6e B.C.A. qui comprend alors 170 hommes <em>(24)<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>La section d\u2019Henri Cheynis (<em>No\u00ebl<\/em>) <em>(25)<\/em>, chef de l\u2019ex C.5, prend position dans une carri\u00e8re, aux c\u00f4t\u00e9s des hommes de Brisac, au col de La Croix Perrin <em>(26)<\/em>, pour organiser une nouvelle ligne de d\u00e9fense. Jusqu\u2019au 21 juillet, le P.C. de la compagnie se trouve \u00e0 l\u2019h\u00f4tel Barnier d\u2019Autrans. Dufau annonce qu\u2019il ne quittera le village que lorsque les Allemands seraient en mesure de l\u2019encercler <em>(27)<\/em>. Quelques \u00e9l\u00e9ments du C.1 sont affect\u00e9s au d\u00e9but du mois de juillet 1944 dans les environs de Corren\u00e7on- en-Vercors pour garder les \u00ab Pas \u00bb puis ils furent relev\u00e9s par la compagnie <em>Goderville<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>Le 21 juillet, les troupes allemandes investissent le val de Lans, le groupement <em>Feeger<\/em> se divise alors en deux colonnes, l\u2019une se dirige en direction de Villard-de-Lans et l\u2019autre s\u2019engage sur la route qui m\u00e8ne au col de la Croix-Perrin, pour gagner Autrans et M\u00e9audre. Vers 8h, lorsque les Allemands se pr\u00e9sentent, ils ouvrent le feu mais ils sont rapidement d\u00e9bord\u00e9s par une man\u0153uvre qui vise \u00e0 contourner la position. A 11h, l\u2019ennemi s\u2019approche du col. Dans l\u2019apr\u00e8s midi, le col est sous son emprise. <em>Dufau<\/em>, alert\u00e9, d\u00e9cide de quitter les lieux pour \u00e9pargner la population civile compromise <em>(28)<\/em> : <em>\u00ab La posti\u00e8re d\u2019Autrans, D\u00e9d\u00e9 Molly (devenue madame Serratrice, \u00e9pouse d\u2019un chef du C.3) a toujours pris de gros risques m\u00eame en pleine occupation du plateau par les Allemands. Ils auraient bien eu des renseignements dans les lettres achemin\u00e9es pour les maquis \u00bb. (29) <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Quelques heures avant l\u2019arriv\u00e9e des troupes allemandes, <em>Dufau<\/em> fait mettre en batterie un F.M. sur le toit d\u2019une Peugeot et gagne Les Jarrands avec sa compagnie. Malgr\u00e9 les tentatives de contre-attaque des hommes de Bordenave, le village d\u2019Autrans est occup\u00e9 vers 17 h. La section <em>No\u00ebl<\/em> se replie en direction de M\u00e9audre tout en combattant mais <em>No\u00ebl<\/em> est bless\u00e9, ainsi que son adjoint, le sergent-chef Georges Jacquet. Incapables de se mouvoir ils rest\u00e8rent sur place et furent ex\u00e9cut\u00e9s par les Allemands au lieu-dit des Echarli\u00e8res. Apr\u00e8s de violents combats, les effectifs de la compagnie <em>Dufau<\/em> sont \u00e9parpill\u00e9s <em>(30)<\/em>. Le C.5, qui comportait environ une trentaine d\u2019hommes au d\u00e9but du mois de juin 1944, aura perdu environ la moiti\u00e9 de son effectif apr\u00e8s les combats. Aux Jarrands, lieu de repli, il r\u00e8gne <em>\u00ab [&#8230;] un certain d\u00e9sordre \u00bb (31<\/em>). Le 23, apr\u00e8s l\u2019ordre de dispersion, le nomadisme sur le plateau commence. <\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">C. La dispersion et les conditions de vie\n<\/h5>\n\n\n\n<p>A la fin du mois de juillet la compagnie se disperse. L\u2019ossature primitive des camps est alors reprise, l\u2019esprit de groupe pr\u00e9valant. Les hommes du C.1 reviennent \u00e0 Pl\u00e9nouze, le 21 ou le 22 juillet, lieu du dernier camp install\u00e9 avant les combats <em>\u00ab [&#8230;] et survit relativement moins mal que les autres camps. Toutefois il fut un jour o\u00f9 l\u2019on se souvient d\u2019avoir mang\u00e9 une bo\u00eete de Thon de 125 grammes \u00e0 4 en 24 heures \u00bb (32<\/em>). L\u2019encadrement militaire du camp permet alors de garder une certaine coh\u00e9sion, m\u00eame si les conditions de vie sont pr\u00e9caires : <em>\u00ab Le docteur Chauve d\u2019Autrans a op\u00e9r\u00e9 un phlegmon aux amygdales avec la lame d\u2019un couteau Opinel&#8230; \u00bb (33)<\/em>. Ils parviennent \u00e0 se procurer une vache aupr\u00e8s des paysans d\u2019Engins, mais le terrain, pentu, ne favorise pas son acheminement, ils sont donc oblig\u00e9s de l\u2019achever sur place <em>(34)<\/em>. La viande est cuite de nuit au fond des clapiers (- 30 m\u00e8tres sous terre environ) pour ne pas d\u00e9voiler leur emplacement. Les conditions sanitaires sont m\u00e9diocres : la dysenterie et les poux n\u2019\u00e9pargnent pas les hommes. <\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">D. Ao\u00fbt 1944, la reprise des combats\n<\/h5>\n\n\n\n<p>Dans les premiers jours du mois d\u2019ao\u00fbt, le P.C. de <em>Dufau<\/em> se trouve dans les Clapiers de Sornin, au dessus d\u2019Autrans, accompagn\u00e9 de l\u2019essentiel du C.1. Le 8 ao\u00fbt ils quittent cet emplacement pour rejoindre Barbuisson, bois se trouvant au dessus de M\u00e9audre, afin de reprendre les combats avec les C.3, C.5 et C.1 <em>(35)<\/em>, ainsi que les volontaires pris en charge depuis le 7 juin. C\u2019est au lieu dit de Jaume, entre Villard et Lans, que la premi\u00e8re embuscade est tendue. Le 10 ao\u00fbt, une forte colonne allemande, venant de Villard, se pr\u00e9sente et ils ouvrent le feu avec des F.M. Le bilan est lourd c\u00f4t\u00e9 allemand : sept tu\u00e9s et trente bless\u00e9s environ et les maquisards se retirent sans dommages. L\u2019\u00e9tau allemand \u00e9tant peu \u00e0 peu moins pressant, ils rejoignent r\u00e9guli\u00e8rement Autrans et obtiennent ainsi des vivres gr\u00e2ce \u00e0 la population : pommes de terre, soupes, salades et un peu de viande. Le 14 ao\u00fbt, \u00e0 la Croix-Lichoux, sur la route qui m\u00e8ne de Lans \u00e0 Saint-Nizier, un nouveau convoi allemand est attaqu\u00e9. Mais lorsque les maquisards aper\u00e7oivent des civils \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un des camions, le feu stoppe aussit\u00f4t. Le d\u00e9crochage est alors compliqu\u00e9 : un maquisard est bless\u00e9 gri\u00e8vement, les Allemands reprennent possession du terrain tout en intimidant les habitants du hameau <em>(36)<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>Le 16 ao\u00fbt, une nouvelle tentative d\u2019embuscade est organis\u00e9e \u00e0 l\u2019initiative de <em><a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#costa\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Durieu<\/a><\/em> et de <em>Dufau<\/em>. Quelques anciens r\u00e9fractaires du C.3 refusent d\u2019y prendre part : les troupes sont affaiblies moralement et physiquement, <em>Durieu<\/em> d\u00e9cide alors de reporter l\u2019op\u00e9ration au lendemain. <\/p>\n\n\n\n<p>Le 17 ao\u00fbt, au petit matin, le dispositif est en place : <em>\u00ab Dans l\u2019ordre on trouve une mitrailleuse, des grenades, des Gamons et un F.M. \u00bb (37). <\/em>Lorsqu\u2019un convoi allemand arrive, l\u2019ordre de tirer est donn\u00e9 ; l\u2019ennemi se retire en laissant environ trente morts. Les maquisards d\u00e9crochent sans dommages. Le 21 ao\u00fbt, de fortes explosions, qui proviennent de Grenoble, sont entendues.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 22 ao\u00fbt, les troupes de <em>Dufau<\/em> descendent \u00e0 Saint-Gervais, dans le Bas Gr\u00e9sivaudan. L\u2019ensemble des groupes F.F.I. venant du d\u00e9partement est regroup\u00e9 et ils participent \u00e0 la Lib\u00e9ration du Nord-Is\u00e8re (Beaurepaire, La C\u00f4te-Saint-Andr\u00e9, Saint-Jean-de-Bournay) avant la marche sur Lyon. Le 3 septembre ils participent \u00e0 la Lib\u00e9ration de Lyon, puis <em>\u00ab [&#8230;] la premi\u00e8re compagnie du 6e B.C.A., c&#8217;est-\u00e0-dire les camps du Vercors Nord, occupe la gare de Perrache \u00bb (38). <\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Auteur :<\/strong> Julien Guillon<br>Janvier 2014<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Notes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>  1 Le C1 du Vercors-Nord, selon la nomenclature des camps qui attribue les num\u00e9ros impairs \u00e0 la zone Nord du plateau et les num\u00e9ros pairs au Sud \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1943, ne doit pas \u00eatre confondu avec le C1 \u00ab Camp d\u2019Ambel \u00bb.<br>  2 A.D. Is\u00e8re, 57J50\/1. T\u00e9moignages de Marie-Louise et Georges Buisson recueillis par Suzanne Silvestre le 31 mai 1975, 8 pages. <br>  3 <em>Ibidem<\/em>.<br>  4 A.D. Is\u00e8re, 57J50\/2. T\u00e9moignage de L\u00e9on Vincent-Martin recueilli par Suzanne Silvestre le 10 septembre 1966, 7 pages.<br>  5 A.D. Is\u00e8re, 57J50\/2. T\u00e9moignage de L\u00e9on Vincent-Martin recueilli par Suzanne Silvestre le 10 septembre 1966, 7 pages.<br>  6 <em>Ibidem.<\/em><br>  7 A.D. Is\u00e8re, 57J50\/2. T\u00e9moignage de Madame Jarrand recueilli par Suzanne Silvestre le 28 mars 1976, 5 pages.<br>  8 MARTIN (J-P.), <em>Alain Le Ray, le devoir de fid\u00e9lit\u00e9 : un officier alpin au service de la France, 1939-1945<\/em>, Association des amis du Mus\u00e9e des troupes de montagne, P.U.G., Grenoble, 2000, 215 pages.<br>  9 A.D. Is\u00e8re, 57J50\/1. T\u00e9moignage de Cl\u00e9ment Beaudoingt recueilli par Suzanne Silvestre le 2 avril 1975, 9 pages.<br>  10 A.D. Is\u00e8re, 57J50\/2. T\u00e9moignage de L\u00e9on Vincent-Martin recueilli par Suzanne Silvestre le 10 septembre 1966, 7 pages. <br> 11 <em>Ibid.<\/em><br> 12 Apr\u00e8s l\u2019armistice de juin 1940, il est affect\u00e9 au 3e bataillon du 15\/9 \u00e0 Gap. En novembre 1942, il est d\u00e9mobilis\u00e9 et se retire \u00e0 Grenoble. Il est nomm\u00e9 capitaine le 25 septembre 1943. A la reconstitution du 6e BCA, le 15 juillet 1944, il en est nomm\u00e9 chef de corps. Il le conduit au feu, contre la 157e division allemande lors des combats du Vercors. Source : Collectif, <em>Les militaires dans la R\u00e9sistance, 1940-1944, Ain, Dauphin\u00e9, Savoie, Dictionnaire biographique<\/em>, CD Rom, Editions Anovi, 2010.<br>  13 Collectif, <em>Les militaires dans la R\u00e9sistance, 1940-1944, Ain, Dauphin\u00e9, Savoie, Dictionnaire biographique<\/em>, CD Rom, Editions Anovi, 2010.<br>  14 N\u00e9 le 15 juillet 1919 \u00e0 Montereau en Seine-et-Marne Il participe \u00e0 tous les combats de l\u2019\u00e9t\u00e9 1944, du Vercors \u00e0 jusqu\u2019\u00e0 la lib\u00e9ration de Lyon. Engag\u00e9 avec le 6e BCA en Haute-Maurienne, au printemps 1945, il participe \u00e0 l\u2019attaque du mont Froid.<br>  15 Collectif, <em>Les militaires dans la R\u00e9sistance, 1940-1944, Ain, Dauphin\u00e9, Savoie, Dictionnaire biographique<\/em>, CD Rom, Editions Anovi, 2010.<br>  16 A.D. Is\u00e8re, 57J50\/2. T\u00e9moignage de Jacques Faisy recueilli par Suzanne Silvestre le 13 juillet 1964, 2 pages.<br>  17 Collectif, <em>Les militaires dans la R\u00e9sistance, 1940-1944, Ain, Dauphin\u00e9, Savoie, Dictionnaire biographique<\/em>, CD Rom, Editions Anovi, 2010.<br>  18 Collectif, <em>Les militaires dans la R\u00e9sistance, 1940-1944, Ain, Dauphin\u00e9, Savoie, Dictionnaire biographique<\/em>, CD Rom, Editions Anovi, 2010.<br>  19 Silvestre (S.) et (P.), <em>Chronique des maquis de l\u2019Is\u00e8re. 1943-1944<\/em>, collection \u00ab R\u00e9sistances \u00bb, P.U.G., Grenoble, 1995, p 216.<br>  20 A.D. Is\u00e8re, 57J50\/2. T\u00e9moignage de Gilbert Landau recueilli par Suzanne Silvestre le 13 juillet 1964, 6 pages. <br>  21 A.D. Is\u00e8re, 57J50\/2. T\u00e9moignage de Gilbert Landau recueilli par Suzanne Silvestre le 13 juillet 1964, 6 pages.<br>  22 A.D. Is\u00e8re, 57J50\/2. T\u00e9moignage de Gilbert Landau recueilli par Suzanne Silvestre le 13 juillet 1964, 6 pages.<br> 23 DREYFUS (P.), <em>Histoire de la R\u00e9sistance en Vercors<\/em>, Arthaud, Grenoble, 1980, 288 pages.<br> 24 Collectif, <em>Les militaires dans la R\u00e9sistance, 1940-1944, Ain, Dauphin\u00e9, Savoie, Dictionnaire biographique<\/em>, CD Rom, Editions Anovi, 2010. <br>  25 Militaire de carri\u00e8re, Henri Cheynis appartient au g\u00e9nie militaire. Originaire de La B\u00e2tie-Rolland, o\u00f9 il est n\u00e9 le 19 septembre 1918, il entre au maquis de Malleval en octobre 1943 avec quelques militaires du 6e B.C.A. qui a \u00e9t\u00e9 dissous par la convention d\u2019armistice. Il \u00e9chappe de peu \u00e0 la mort lors de l\u2019attaque du maquis le 29 janvier 1944 par les troupes allemandes. En mars 1944, il est nomm\u00e9 chef du C.5. <br>  26 A.D. Is\u00e8re 57J50\/1. T\u00e9moignage de Paul Brisac recueilli par Paul ou Suzanne Silvestre le 3 novembre 1964, 6 pages. Entretien du 23 juin 1977, 7 pages.<br> 27 A.D. Is\u00e8re 57J50\/1. T\u00e9moignage de Monsieur Delaunay recueilli par Suzanne Silvestre le 23 mars 1976, 3 pages.<br>  28 A.D. Is\u00e8re 57J50\/1. T\u00e9moignage de Monsieur Delaunay recueilli par Suzanne Silvestre le 23 mars 1976, 3 pages.<br>  29 A.D. Is\u00e8re 57J50\/2. T\u00e9moignage de Gilbert Landeau recueilli par Suzanne Silvestre le 13 juillet 1964, 6 pages.<br>  30 <em>Ibidem.<\/em><br>  31 A.D. Is\u00e8re 57J50\/1. T\u00e9moignage de Monsieur Delaunay recueilli par Suzanne Silvestre le 23 mars 1976, 3 pages. 32 A.D. Is\u00e8re 57J50\/1. T\u00e9moignage de Jacques Faisy recueilli par Suzanne Silvestre le 13 juillet 1964, 2 pages. <br>  33 <em>Ibidem.<\/em><br>  34 <em>Ibidem.<\/em><br>  35 A.D. Is\u00e8re 57J50\/1. T\u00e9moignage de Paul Brisac recueilli par Paul ou Suzanne Silvestre le 3 novembre 1964, 6 pages. Entretien du 23 juin 1977, 7 pages.<br>  36 A.D. Is\u00e8re 57J50\/1. T\u00e9moignage de Jacques Faisy recueilli par Suzanne Silvestre le 13 juillet 1964, 2 pages.<br>  37 <em>Ibidem<\/em>.<br>  38 <em>Ibidem.<\/em> <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sources <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Bibliographie <\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dreyfus (P.), <em>Histoire de la R\u00e9sistance en Vercors<\/em>, Arthaud, Paris, 1980, 290 pages.<br> Martin (J-P.), <em>Alain Le Ray, le devoir de fid\u00e9lit\u00e9 : un officier alpin au service de la France, 1939-1945<\/em>, Association des amis du Mus\u00e9e des troupes de montagne, P.U.G., Grenoble, 2000, 215 pages.<br>Picirella (La) (J.), <em>T\u00e9moignages sur le Vercors : Dr\u00f4me-Is\u00e8re<\/em>, Chez l\u2019auteur, Imprimerie Rivet, Lyon, 1973, 400 pages.<br> Silvestre (S.) et (P.), <em>Chronique des maquis de l\u2019Is\u00e8re. 1943-1944<\/em>, collection \u00ab R\u00e9sistances \u00bb, P.U.G., Grenoble, 1995, 507 pages.<br> Tanant (P.), <em>Vercors : Haut lieu de France, Souvenirs<\/em>, Arthaud, Grenoble, 1971, 230 pages.<br> Vergnon (G.), <em>Le Vercors, Histoire et m\u00e9moire d\u2019un maquis<\/em>, Collection \u00ab patrimoine \u00bb, Les \u00e9ditions de l\u2019Atelier, paris, 2002, 256 pages. <\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Archives <\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>AD Is\u00e8re, 57J50. T\u00e9moignages<br>T\u00e9moignage de Paul Brisac recueilli par Paul ou Suzanne Silvestre le 3 novembre 1964, 6 pages. T\u00e9moignage du 23 juin 1977, 7 pages.<br>T\u00e9moignage de Gilbert Landeau recueilli par Suzanne Silvestre le 13 juillet 1964, 6 pages. T\u00e9moignage de Jacques Faisy recueilli par Suzanne Silvestre le 13 juillet 1964, 2 pages. T\u00e9moignage de Monsieur Delaunay recueilli par Suzanne Silvestre le 23 mars 1976, 4 pages. AD Is\u00e8re, 57J36. Vercors <\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Multim\u00e9dia <\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Collectif, <em>Les militaires dans la R\u00e9sistance, 1940-1944, Ain, Dauphin\u00e9, Savoie, Dictionnaire biographique<\/em>, CD Rom, Editions Anovi, 2010. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Julien Guillon. Droits r\u00e9serv\u00e9s -reproduction interdite sans accord de l&#8217;auteur <\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"bataillenizierbrisac\"><strong>Les combats du 13 juin 1944 \u00e0 Saint-Nizier racont\u00e9s par Paul Brisac <\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Mardi 13 juin<br>Bonne nuit. Le matin, je me l\u00e8ve de la paille frais et dispos, heureusement ! Grande toilette.<br>Vers huit heures et demie je suis sur les positions avec <em><a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#jprevost\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Goderville<\/a> <\/em>lorsque les paysans travaillant dans les champs viennent nous annoncer : \u00ab <em>Les Allemands montent <\/em>\u00bb. Alerte g\u00e9n\u00e9rale. On occupe les emplacements de combat. <em><a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#costa\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Durieu<\/a> <\/em>pr\u00e9sent me demande de prendre le commandement g\u00e9n\u00e9ral de la ligne de d\u00e9fense. Je lui conseille de le confier plut\u00f4t \u00e0 <em><a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#jprevost\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Goderville<\/a><\/em>, qui, fantassin, conna\u00eet beaucoup mieux que moi la technique du combat que nous allons avoir \u00e0 mener. Ce qu\u2019il accepte. <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019attaque d\u00e9bute sur notre gauche, tenue par la compagnie <em>Goderville <\/em>et une section de\nchez moi. On m\u2019annonce qu\u2019une infiltration ennemie se serait produite de ce c\u00f4t\u00e9. J\u2019y vais en\nfaisant le tour par les bois, pour voir ce qui s\u2019y passe, mais \u00e0 l\u2019entr\u00e9e d\u2019un glacis d\u00e9couvert\nqu\u2019il me faudrait traverser, je trouve deux hommes de chez nous qui me signalent que ce\nglacis est constamment battu par les feux de l\u2019ennemi qui ne se trouve qu\u2019\u00e0 tr\u00e8s faible\ndistance et que <em>Durieu <\/em>et <em>Goderville <\/em>sont de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9. Je n\u2019y ferai donc rien de plus et\nrentre \u00e0 mon PC. Mais, craignant que cette infiltration ne soit plus profonde qu\u2019on me l\u2019a dit,\nje fais demander \u00e0 Guillet, rest\u00e9 \u00e0 Saint-Nizier avec l\u2019\u00e9chelon de surveiller ce secteur, tr\u00e8s\nvisible depuis le village et de placer les quelques \u00e9l\u00e9ments dont il dispose le long d\u2019un chemin\ncreux descendant vers la ligne de d\u00e9fense de fa\u00e7on \u00e0 nous \u00e9viter d\u2019\u00eatre tourn\u00e9s par la gauche.\n<\/p>\n\n\n\n<p>Peu apr\u00e8s 13 heures, <em><a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#huet\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Hervieux<\/a> <\/em>arrive sur les positions. Il est satisfait ; la bagarre dure maintenant depuis plus de quatre heures et, en somme, l\u2019ennemi n\u2019a pris pied nulle part d\u2019une fa\u00e7on profonde. Il nous annonce que des renforts sont attendus, provenant des chasseurs et de quelques autres camps et que, si nous pouvons tenir jusqu\u2019\u00e0 16 ou 17 heures, tout ira bien. <\/p>\n\n\n\n<p>Je profite d\u2019un moment de r\u00e9pit pour aller voir ce qui se passe sur la droite de mon\nsecteur, c\u2019est-\u00e0-dire au pied des Trois-Pucelles. Je prends trois hommes et pars en patrouille\ndans les bois. Nous descendons assez loin, essuyons bien quelques coups de feu, mais il ne\nsemble pas y avoir quoi que ce soit d\u2019inqui\u00e9tant; malheureusement, la densit\u00e9 de la\nv\u00e9g\u00e9tation et l\u2019\u00e9loignement emp\u00eachent de voir, comme je l\u2019esp\u00e9rais, ce qui se passe sur la\ngauche.\n<\/p>\n\n\n\n<p>Au retour, je mange rapidement un morceau avec le groupe bas\u00e9 sur la ferme Thorens et rentre \u00e0 mon PC. J\u2019y trouve <em>Andr\u00e9 <\/em>[qui] vient, comme je l\u2019en avais charg\u00e9, d\u2019\u00e9tablir avec un groupe, une liaison avec la gauche ; la situation parait r\u00e9tablie mais les pertes sont lourdes : quatre tu\u00e9s chez nous, chez <em><a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#jprevost\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Goderville<\/a><\/em>, le lieutenant Armand Isra\u00ebl, l\u2019art\u00e8re f\u00e9morale sectionn\u00e9e par une balle, est mort pendant son transfert \u00e0 Lans. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce moment arrive la section de chasseurs command\u00e9e par l\u2019adjudant-chef Chabal,\n\u00e9l\u00e9ments d\u2019active qui ont pris le maquis apr\u00e8s la dissolution de l\u2019arm\u00e9e de l\u2019Armistice ; bien\nentra\u00een\u00e9s, bien arm\u00e9s, beaucoup de cran. <em>Goderville <\/em>les envoie contre-attaquer en un point de\nson secteur o\u00f9 la pression est assez forte. Ils s\u2019y lancent avec un entrain admirable et\nr\u00e9ussissent parfaitement l\u2019op\u00e9ration, h\u00e9las, au prix de trois tu\u00e9s.\n<\/p>\n\n\n\n<p>Mais entre temps, c\u2019est \u00e0 la droite de mon secteur, jusque-l\u00e0 assez calme, que la\nfusillade reprend de plus belle. Les Allemands, maintenus sur notre gauche, essayent de forcer\nde ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0. Ils ont pu s\u2019infiltrer par un petit chemin creux qui m\u00e8ne presque jusqu\u2019\u00e0 nos\npositions. Lorsque j\u2019arrive, on m\u2019annonce qu\u2019ils ne sont plus gu\u00e8re qu\u2019\u00e0 une trentaine de\nm\u00e8tres. Heureusement notre position, ici, est tr\u00e8s forte et l\u2019on peut r\u00e9sister sans pertes, bien\nenterr\u00e9s dans un autre chemin creux. On les attaque \u00e0 la grenade et \u00e0 la mitraillette ; autour de\nmoi des jeunes de 18 \u00e0 25 ans, dont la plupart ont vu une arme pour la premi\u00e8re fois que\ndepuis trois jours s\u2019y donnent de tout c\u0153ur. \u00c7a fait certainement beaucoup plus de bruit que\nde mal, mais l\u2019ennemi n\u2019ose plus avancer. De plus, <em>Andr\u00e9 <\/em>vient de recevoir deux FM (alors\nque jusqu\u2019ici nous n\u2019en avions pas un) qu\u2019il a pu installer l\u2019un dans le chemin creux, l\u2019autre\nsur notre droite. Je reste avec lui un bon moment \u00e0 cet emplacement d\u2019o\u00f9 la vue est meilleure.\nDes grenades tombent \u00e0 proximit\u00e9 mais sans faire de d\u00e9g\u00e2ts. Sans doute des grenades OF.\n<\/p>\n\n\n\n<p>Et progressivement la fusillade diminue d\u2019intensit\u00e9. On a l\u2019impression que l\u2019ennemi est\nen train de d\u00e9crocher. Nous montons, <em>Andr\u00e9 <\/em>et moi, vers l\u2019h\u00f4tel des Trois-Pucelles qui se\ntrouve \u00e0 mi-chemin de Saint-Nizier d\u2019o\u00f9 l\u2019on a une bonne vue d\u2019ensemble sur le terrain. De\nl\u00e0-haut, on voit, \u00e0 la jumelle, un groupe de civils monter dans notre direction, venant de\nl\u2019endroit o\u00f9 se trouvaient les Allemands tout \u00e0 l\u2019heure. On redescend juste \u00e0 temps pour les\nrecevoir au bout du chemin creux. Ce sont les occupants de l\u2019h\u00f4tel Touristic, situ\u00e9 en\ncontrebas de Saint-Nizier et que les Allemands ont occup\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but de la journ\u00e9e. Ils nous\ndisent que ceux-ci sont redescendus furieux, qu\u2019ils ont d\u00e9clar\u00e9 ne pas s\u2019\u00eatre attendus \u00e0 une\nr\u00e9sistance pareille et avoir \u00e9t\u00e9 stup\u00e9faits du nombre d\u2019armes automatiques qui leur ont \u00e9t\u00e9\noppos\u00e9es (alors qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 nous en avons si peu, mais les mitraillettes font beaucoup de\nbruit !). Ils ont arr\u00eat\u00e9 le directeur du Touristic et d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019ils reviendraient demain, \u00e0 quatre\nheures, en force (Ils ont m\u00eame une telle peur que nous ne descendions nous-m\u00eames les\nattaquer que, dans la soir\u00e9e ils d\u00e9m\u00e9nagent d\u2019urgence tous leurs services qui se trouvent sur la\nrive gauche du Drac : Fontaine, Seyssins, Seyssinet, etc. pour les ramener dans des lieux plus\nhospitaliers). On est donc tranquille pour ce soir.\n<\/p>\n\n\n\n<p>Les principaux artisans du succ\u00e8s de cette journ\u00e9e sont sans conteste les chasseurs de\nChabal, qui, par leur contre-attaque hardie, ont d\u00e9gag\u00e9 une cr\u00eate sur laquelle la pression\nennemie \u00e9tait forte et c\u2019est certainement le fait de ne pas avoir pu enlever cette position qui les\na conduits au d\u00e9crochage g\u00e9n\u00e9ral. Mais les pertes de la journ\u00e9e sont s\u00e9v\u00e8res : trois tu\u00e9s,\ncomme d\u00e9j\u00e0 dit, chez Chabal dont un bless\u00e9 achev\u00e9 au passage par les Allemands avec leur\nhumanit\u00e9 coutumi\u00e8re, sept au total chez moi. J\u2019ignore le nombre exact chez <em>Goderville<\/em>. Le\nsoir j\u2019ai le triste devoir d\u2019annoncer \u00e0 Dominique le d\u00e9c\u00e8s de son fr\u00e8re Armand : il en pique\nune syncope.\n<\/p>\n\n\n\n<p>On reste sur les positions. J\u2019y fais porter la soupe que l\u2019infatigable Guillet a fait pr\u00e9parer\npour tous les combattants de la journ\u00e9e, soit en comptant matin et soir, environ 700 rations.\n<\/p>\n\n\n\n<p>On nous annonce une rel\u00e8ve prochaine. Effectivement, vers 22 heures arrive un\nlieutenant <em>Payot <\/em>(Lt. Point), du 2 RAD, qui sera tu\u00e9 un mois plus tard lors du bombardement\ndu Rousset et vient de la zone sud). Vers une heure et demie les rel\u00e8ves sont termin\u00e9es, sauf\nsur la droite, le commandement n\u2019ayant plus personne \u00e0 nous envoyer. Je vais voir Di Maria\nqui tient ce secteur et lui propose d\u2019aller se reposer en ne laissant sur place qu\u2019une garde\nr\u00e9duite. Il est en effet peu probable qu\u2019il y ait quelque chose avant le lendemain. Il refuse de\nquitter son poste, ne voulant pas courir le risque d\u2019infiltration en son absence.\n<\/p>\n\n\n\n<p>Je remonte \u00e0 Saint-Nizier et, vers trois heures et demie, me mets dans la paille.\n<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Auteur :<\/strong> Paul Brisac<br><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Souvenirs du Vercors, ao\u00fbt 1943 - septembre 1944 (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Brisac_souvenirs_Vercors.jpg\" target=\"_blank\">Souvenirs du Vercors, ao\u00fbt 1943 &#8211; septembre 1944<\/a>, <em>L\u2019Harmattan, 2015.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">A lire \u00e9galement (fichiers en t\u00e9l\u00e9chargement)<br><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Paul_Arnaud_temoignage.pdf\" target=\"_blank\">Un r\u00e9cit paru<\/a> dans un journal qui pourrait \u00eatre le bulletin de l&#8217;Association nationale des anciens combattants de la R\u00e9sistance, \u00e0 une date qui n&#8217;est pas connue. Pour nous communiquer cette information, merci de nous <a href=\"\/contact\">contacter<\/a>.<br> <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Article_Huet_Saint-Nizier_11-juin-1946.pdf\" target=\"_blank\">Un article de Fran\u00e7ois Huet<\/a> dat\u00e9 du 11 juin 1946.<br><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Recit-Tanant-1.pdf\" target=\"_blank\">Le r\u00e9cit de Pierre Tanant<\/a>, chef d&#8217;\u00e9tat-major.<br><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Recit-Perrotin-1.pdf\" target=\"_blank\">Le r\u00e9cit de Yves P\u00e9rotin<\/a><br>Voir \u00e9galement le r\u00e9cit<br>de Roland Bechmann dans  <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Bulletin_n\u00b049_janvier_1985.pdf\" target=\"_blank\"><em>le Pionnier du Vercors n\u00b049, janvier 1985<\/em><\/a> <\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"typesdecombattants\">Types de combattants dans le Vercors <\/h2>\n\n\n\n<p>Quatre sortes de combattants coexist\u00e8rent parmi les maquisards du Vercors. Les plus anciens provenaient des camps, \u00e9tablis d\u00e8s le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1943 pour accueillir les r\u00e9fractaires du STO. Ils b\u00e9n\u00e9fici\u00e8rent d\u2019un certain entra\u00eenement militaire et en tout cas d\u2019une accoutumance \u00e0 la vie en montagne (exemple : Camp d\u2019Ambel). Ces \u00e9l\u00e9ments regardaient avec une certaine condescendance les \u00ab nouveaux \u00bb qui mont\u00e8rent au Vercors en juin 1944. <\/p>\n\n\n\n<p>Les seconds appartenaient aux maquis cr\u00e9\u00e9s par d\u2019anciens militaires de l\u2019Arm\u00e9e d\u2019Armistice. \u00c0 Malleval, l\u2019<a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#hgroues\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">abb\u00e9 Pierre<\/a> et l\u2019ORA install\u00e8rent d\u2019anciens chasseurs alpins, fra\u00eechement d\u00e9mobilis\u00e9s de l\u2019Arm\u00e9e d\u2019Armistice, et ayant une v\u00e9ritable exp\u00e9rience militaire, b\u00e9n\u00e9ficiant au d\u00e9part d\u2019une autonomie totale puisque install\u00e9s par l\u2019ORA alors que les camps d\u00e9pendaient de Franc-Tireur. \u00c0 cette cat\u00e9gorie appartenaient aussi les \u00e9l\u00e9ments du 11 R\u00e9giment de cuirassiers command\u00e9s par Narcisse Geyer et dont les qualit\u00e9s man\u0153uvri\u00e8res firent l\u2019admiration et l\u2019envie des \u00ab civils \u00bb.<br> Les compagnies civiles formaient le troisi\u00e8me groupe, g\u00e9n\u00e9ralement des citadins des villes environnantes, Grenoble, Romans, qui mont\u00e8rent au Vercors lors de la mobilisation des 8-10 juin 1944 et qui, souvent, ne poss\u00e9daient aucune exp\u00e9rience militaire. Tel fut le cas de la <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/documents-et-analyses\/#belmont\" target=\"_blank\">compagnie Brisac<\/a>&#8211;<em>Belmont<\/em>. On peut classer avec eux les \u00ab s\u00e9dentaires \u00bb du Vercors, habitants permanents charg\u00e9s de la logistique puis mobilis\u00e9s apr\u00e8s le 9 juin.<br> Enfin les groupes francs (GF), peu nombreux mais le plus souvent \u2013 pas toujours car ils recrut\u00e8rent de tout jeunes gens \u2013 rompus au maniement des armes et des explosifs, qui cherch\u00e8rent refuge dans le massif \u00e0 cause de la r\u00e9pression allemande (cas du groupe Vallier). Leur audace, mais aussi leur indiscipline \u2013 ils n\u2019ob\u00e9issaient souvent qu\u2019\u00e0 leurs chefs directs \u2013 caus\u00e8rent quelques tracas aux autorit\u00e9s civiles et militaires du Vercors. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ces quatre types de maquisards, il faudrait ajouter les isol\u00e9s qui, le bouche \u00e0 oreille aidant,\nmont\u00e8rent spontan\u00e9ment au Vercors apr\u00e8s le 6 juin. Nombre de jeunes se rendirent dans le massif d\u00e8s\nle 7 juin bien au-del\u00e0 de ce qui \u00e9tait attendu. Cet afflux cr\u00e9a des probl\u00e8mes d&#8217;accueil et d&#8217;entra\u00eenement\nalors que les cadres manquaient. Nous devons y joindre aussi les jeunes gens mobilis\u00e9s par les\nautorit\u00e9s civiles \u2013 Yves Farge y participa en personne \u2013 qui n\u2019h\u00e9sit\u00e8rent pas pour cela \u00e0 organiser une\nop\u00e9ration \u00e0 Villard-de-Lans le 16 juillet pour \u00ab <em>ramasser <\/em>\u00bb cent cinquante jeunes incorpor\u00e9s ensuite\ndans les unit\u00e9s de la R\u00e9sistance.\n<\/p>\n\n\n\n<p>La question de la coordination de ces divers \u00e9l\u00e9ments plut\u00f4t disparates se posa assez\nrapidement. Le rapport d\u2019une commission de la R\u00e9sistance cr\u00e9\u00e9e apr\u00e8s l\u2019accrochage entre GF et\nAllemands \u00e0 Saint-Nizier en mars 1944, donc avant l\u2019arriv\u00e9e de F. Huet, soulignait \u00ab <em>le manque\nd\u2019unit\u00e9 <\/em>\u00bb des divers \u00e9l\u00e9ments arm\u00e9s du Vercors et \u00ab <em>le d\u00e9sordre indescriptible dans l\u2019ex\u00e9cution des\ncoups de main op\u00e9r\u00e9s par les GF<\/em>\u00bb. Le rapport pr\u00e9cisait le but final de cette commission:\n\u00ab <em>transformer l\u2019autorit\u00e9 virtuelle de l\u2019\u00e9tat-major en une autorit\u00e9 r\u00e9elle <\/em>\u00bb. Un des moyens utilis\u00e9s par\n<\/p>\n\n\n\n<p>Fran\u00e7ois Huet consista \u00e0 reconstituer les unit\u00e9s de l\u2019Arm\u00e9e d\u2019Armistice afin d\u2019uniformiser les\ncomportements et cr\u00e9er un esprit de corps subsumant les clivages anciens-nouveaux, civils-militaires,\ninstruits-n\u00e9ophytes, en cr\u00e9ant en quelque sorte un premier amalgame. Les GF conserv\u00e8rent cependant\nune part d\u2019autonomie, tandis qu\u2019apr\u00e8s l\u2019ordre de dispersion, paradoxalement, des unit\u00e9s de la Dr\u00f4me,\nne d\u00e9pendant pas de F. Huet, se r\u00e9fugi\u00e8rent dans le massif, \u00e0 l\u2019\u00c9charasson par exemple.\n<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Auteur : <\/strong>Jean-William Dereymez<br><strong>Sources :<\/strong><br><em>Archives du service historique de la d\u00e9fense (dossiers Vercors).<br>Vergnon Gilles, <\/em>R\u00e9sistance dans le Vercors, Histoire et lieux de m\u00e9moire<em>, Grenoble, Gl\u00e9nat, 2012, 191 pages.<br>Association Nationale des Pionniers et Combattants Volontaires du Vercors, <\/em>Le Vercors racont\u00e9 par ceux qui l\u2019ont v\u00e9cu<em>, 26 rue Claude Genin-38100 Grenoble, 431 pages.<br>Bernet Jean-Pierre, <\/em>Les maquis de Rh\u00f4ne-Alpes<em>, pr\u00e9fac\u00e9 par Alain le Ray. Archives du mus\u00e9e de Vassieux, dossier \u00ab gendarmerie \u00bb.<br>Archive de Daniel Huillier, la R\u00e9sistance, <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/T\u00e9moignage-Daniel-Huillier-e1547985168992.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"\u00absouvenir d\u2019un adolescent\u00bb (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">\u00absouvenir d\u2019un adolescent\u00bb<\/a>. <br><\/em>Des r\u00e9sistants polonais en Vercors<em>, Presses universitaires de Grenoble. Marillier Richard, <\/em>Vercors, 1943-1944, le malentendu permanent<em>, \u00e9ditions de l\u2019Arman\u00e7on, 2003, 202 pages.<br>Tanant Pierre, <\/em><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Vercors haut lieu de France (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Couv-Tanant-300.jpg\" target=\"_blank\">Vercors haut lieu de France<\/a><em>, \u00e9ditions Arthaud, 1948, 237 pages. Derni\u00e8re \u00e9dition en juin 2014 aux \u00e9ditions de la Th\u00e9ba\u00efde. <\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"mobilisationprecoce\">Une mobilisation trop pr\u00e9coce ?<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 9 juin 1944, trois jours apr\u00e8s le d\u00e9barquement en Normandie, les <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/le-vercors-resistant\/#compagniesciviles\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">compagnies civiles<\/a> re\u00e7urent l\u2019ordre de monter au Vercors. On peut s\u2019interroger sur le caract\u00e8re pr\u00e9coce de cette mobilisation : le \u00ab Plan Montagnards \u00bb pr\u00e9voyait en effet que le massif entrerait en action lors du d\u00e9barquement de Provence. Peu de r\u00e9sistants de la r\u00e9gion imaginaient que celui-ci n\u2019interviendrait que deux mois et demi apr\u00e8s celui de Normandie, ignorant les probl\u00e8mes logistiques pos\u00e9s par le transfert des navires de d\u00e9barquement de la Manche \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e et par le regroupement de l\u2019aviation. Cette focalisation des Anglo-Am\u00e9ricains sur les moyens \u00e0 mettre en \u0153uvre pour l\u2019op\u00e9ration <em>Anvil-Dragoon <\/em>a certainement nui au Plan Montagnards, rel\u00e9gu\u00e9 au second plan quand il ne fut pas carr\u00e9ment ignor\u00e9 des \u00e9tats-majors alli\u00e9s. D&#8217;autant que la r\u00e9ussite du d\u00e9barquement en Normandie ne parut totale qu\u2019au bout de plusieurs semaines : les Allemands qui r\u00e9prim\u00e8rent le maquis du Vercors pensaient ensuite partir combattre en Normandie et \u00ab <em>rejeter les Alli\u00e9s \u00e0 la mer <\/em>\u00bb. Fran\u00e7ois Huet, bien que peu convaincu du bien-fond\u00e9 de cette mobilisation, ob\u00e9it aux ordres, r\u00e9it\u00e9r\u00e9s de mani\u00e8re insistante par Marcel Descour, chef des FFI des VII et XIV r\u00e9gions. Eug\u00e8ne Chavant aurait, \u00e0 l\u2019inverse, pouss\u00e9 \u00e0 l\u2019action imm\u00e9diate.<br> Cette mobilisation pr\u00e9coce pouvait tenir \u00e0 plusieurs raisons. D&#8217;abord, les ordres de la France libre, r\u00e9affirm\u00e9s par le discours du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle \u00e0 la BBC le soir du 6 juin et r\u00e9sum\u00e9s dans le plan <em>Ca\u00efman <\/em>ordonnant de mani\u00e8re ambigu\u00eb aux FFI \u00ab <em>d\u00e8s le d\u00e9barquement des Alli\u00e9s, <\/em>[d\u2019]<em>intervenir directement dans la bataille, en liaison avec les forces alli\u00e9es, par des actions visant \u00e0 la lib\u00e9ration de zones enti\u00e8res du territoire <\/em>\u00bb. Ensuite, les incitations de certaines organisations, comme celles proches des communistes, dans le droit fil de leur position lors de la r\u00e9union \u00ab Monaco \u00bb. Un tract du Parti communiste, distribu\u00e9 le 6 juin \u00e0 Grenoble, incitait les <em>\u00ab Dauphinois et les Dauphinoises <\/em>\u00bb \u00e0 cr\u00e9er \u00ab <em>partout des groupes de combat <\/em>\u00bb. \u00ab <em>N\u2019attendez pas pour mener le combat<\/em>, poursuivait le texte<em>. Il n\u2019y a pas de jour J ni d\u2019heure H pour ceux qui veulent lib\u00e9rer le sol de la patrie <\/em>\u00bb. Cette impatience rejoignait celle d\u2019une partie de l\u2019opinion, particuli\u00e8rement dans la jeunesse. Le d\u00e9barquement se faisait tellement attendre que \u00ab croire au d\u00e9barquement \u00bb \u00e9tait devenu l\u2019\u00e9quivalent de \u00ab croire au P\u00e8re No\u00ebl \u00bb. Cette pr\u00e9cipitation allait \u00e0 l\u2019encontre des <em>desiderata <\/em>du g\u00e9n\u00e9ral Eisenhower ne souhaitant pas que la population fran\u00e7aise \u00ab <em>se soul\u00e8ve <\/em>\u00bb et \u00ab <em>s\u2019expose \u00e0 des sacrifices inutiles, en des r\u00e9gions qui n\u2019avaient pas encore d\u2019int\u00e9r\u00eat pour nous <\/em>\u00bb, pr\u00e9f\u00e9rant qu\u2019\u00ab <em>elle se r\u00e9serve pour le moment o\u00f9 nous lui demanderions son appui <\/em>\u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>En tout cas, s\u2019il permettait de lib\u00e9rer les r\u00e9sistants des affres de l\u2019attente, l\u2019ordre de mobilisation, lanc\u00e9 presque trois mois avant l\u2019arriv\u00e9e des Alli\u00e9s, donna aussi aux Allemands plus d\u2019un mois pour rep\u00e9rer les \u00e9l\u00e9ments arm\u00e9s dans le Vercors et les d\u00e9truire. R\u00e9pit d&#8217;autant plus pr\u00e9cieux que leur capacit\u00e9 de r\u00e9action s\u2019av\u00e9ra beaucoup plus rapide que celle de la lourde machine alli\u00e9e, comme ils le prouv\u00e8rent en organisant l\u2019op\u00e9ration a\u00e9roport\u00e9e de Vassieux-en-Vercors. L\u2019ordre de mobilisation pla\u00e7ait les maquisards du Vercors en position d\u00e9fensive, ce que ne pr\u00e9voyait pas le Plan Montagnards dont la conception reposait sur l\u2019id\u00e9e du Vercors comme une base de d\u00e9part pour harceler les arri\u00e8res des troupes allemandes faisant face aux Alli\u00e9s venant du sud.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"> <strong>Auteur : <\/strong>Jean-William Dereymez<strong>  <\/strong><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"eucalyptus\">La mission Eucalyptus<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 29 juin 1944, la mission Eucalyptus est parachut\u00e9e sur le terrain&nbsp;<em>Taille-Crayon<\/em>&nbsp;de\n Vassieux-en-Vercors. Elle est compos\u00e9e, outre du&nbsp;chef de mission, \nle&nbsp;major Desmond Longe, et de son second, John Vincent Houseman, de \ntrois officiers, dont le Fran\u00e7ais Yves Croix de la DGSS, et de deux \nop\u00e9rateurs radio : l&#8217;agent franco-am\u00e9ricain de l&#8217;<em>OSS<\/em>, Andr\u00e9 Pecquet,&nbsp;<em>Paray, Bavarois, <\/em>ainsi que le Fran\u00e7ais Philippe Saillard,<em> Touareg<\/em>.\n La mission s\u2019installe \u00e0 proximit\u00e9 de Saint-Martin-en-Vercors. Elle sera\n renforc\u00e9e de trois autres officiers fran\u00e7ais, dont Adrien Conus, <em>Volume<\/em>, le 10 juillet 1944.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle doit \u00e9valuer la situation dans le \nmassif, instruire les maquisards \u00e0 l\u2019utilisation des armes parachut\u00e9es, \nles former au combat de type gu\u00e9rilla. Elle a souvent r\u00e9clam\u00e9 le \nparachutage d\u2019armes lourdes, demandes rest\u00e9es lettre morte de la part \ndes alli\u00e9s et du Bureau central de renseignement et d\u2019action (BCRA) \nd\u2019Alger.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour en savoir plus : <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/museedelaresistanceenligne.org\/musee\/doc\/pdf\/208.pdf\" target=\"_blank\">Chronologie des structures des services secrets<\/a>&nbsp;(G. Giraud) <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/museedelaresistanceenligne.org\/musee\/doc\/pdf\/67.pdf\" target=\"_blank\">Les services secrets et les liaisons radio dans le Vercors<\/a>&nbsp;(G. Giraud) <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/museedelaresistanceenligne.org\/musee\/doc\/pdf\/205.pdf\" target=\"_blank\">Les liaisons ext\u00e9rieures et&nbsp;int\u00e9rieures<\/a>&nbsp;(J-W. Dereymez et P. Huet) <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/museedelaresistanceenligne.org\/musee\/doc\/pdf\/209.pdf\" target=\"_blank\">Les organismes ext\u00e9rieurs au Vercors &#8211; les services alli\u00e9s<\/a>&nbsp;(G. Giraud) <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/museedelaresistanceenligne.org\/musee\/doc\/pdf\/210.pdf\" target=\"_blank\">Les services de renseignement fran\u00e7ais : du SR au BCRA<\/a>&nbsp;(G. Giraud) <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/museedelaresistanceenligne.org\/musee\/doc\/pdf\/66.pdf\" target=\"_blank\">S\u00e9lection de messages<\/a>&nbsp;(G.&nbsp;Giraud&nbsp;et P. Huet)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Auteur :<\/strong>&nbsp;Guy Giraud<br><strong>Sources :<\/strong><br><em>Jean-Pierre&nbsp;Bernet, <\/em>Les maquis de Rh\u00f4ne-Alpes<em>,&nbsp;pr\u00e9fac\u00e9 par Alain Le Ray, Panazol, Editions Lavauzelle, 1987.<br>Richard Marillier,&nbsp;<\/em>Vercors, 1943-1944, le malentendu permanent<em>,&nbsp;Pr\u00e9cy-sur-Thil,&nbsp;\u00e9ditions de l\u2019Arman\u00e7on, 2003, 202 pages.<br>Fernand Rude, <\/em>Grenoble et le Vercors, de la R\u00e9sistance \u00e0 la Lib\u00e9ration<em>,&nbsp;Grenoble, Presse Universitaires de Grenoble (PUG), janvier 2004.<br>Pierre Tanant,&nbsp;<\/em><a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Couv-Tanant-300.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Vercors haut lieu de France (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Vercors haut lieu de France<\/a><em>, Grenoble, \u00e9ditions Arthaud, 1948, 237 pages. Derni\u00e8re \u00e9dition en juin 2014 aux \u00e9ditions de la Th\u00e9ba\u00efde.<br><\/em>Revue d&#8217;Histoire de la Seconde Guerre&nbsp;mondiale<em>, n\u00b0 49, janvier 1963.<\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"belmont\"><strong>La compagnie Paul Brisac (Belmont) <\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>La gen\u00e8se (ao\u00fbt 1943-juin 1944) <\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Pendant la guerre, Paul Brisac est ing\u00e9nieur dans l\u2019usine Merlin Gerin \u00e0 Grenoble, v\u00e9ritable p\u00e9pini\u00e8re de la R\u00e9sistance dauphinoise. Officier<br>d\u2019artillerie de r\u00e9serve, il a tent\u00e9 plusieurs fois de rejoindre Alger par l\u2019Espagne mais sans succ\u00e8s. En ao\u00fbt 1943, il est discr\u00e8tement abord\u00e9 sur son lieu de travail par un coll\u00e8gue, Georges Longue, qui souhaite avoir son avis sur la R\u00e9sistance. Arguant qu\u2019il ne souhaitait pas s\u2019engager en politique, il exprima n\u00e9anmoins ses sentiments antiallemands et souhaitait se rendre disponible pour des actions militaires. Mis en relation avec Bob Tarze, ce dernier lui pr\u00e9senta les premiers contours de projets militaires sans lui pr\u00e9ciser qu\u2019il s\u2019agissait du Vercors. Cela consistait \u00e0 \u00ab [\u2026] bloquer un certain point d\u2019appui et de tenir quelques jours, le temps n\u00e9cessaire \u00e0 des troupes a\u00e9roport\u00e9es de d\u00e9barquer \u00e0 l\u2018abri des Allemands ; ensuite on se replierait et on laisserait le champ libre 1 \u00bb. Le 31 octobre 1943, il rencontre Alain Le Ray dans la ferme de Samuel Ravalec (Jacques), un des pionniers du Vercors, afin d\u2019obtenir des renseignements suppl\u00e9mentaires et ainsi mettre en place la compagnie civile de Grenoble. La confiance entre Brisac est imm\u00e9diatement \u00e9tablie : les deux hommes se connaissant pour avoir habit\u00e9 dans le m\u00eame immeuble, rue Marceau \u00e0 Grenoble. La formation de <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/le-vercors-resistant\/#compagniesciviles\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">compagnies civiles<\/a> en pi\u00e9mont du massif, \u00e0 l\u2019image de son pendant dr\u00f4mois, la <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/documents-et-analyses\/#compagnieabel\" target=\"_blank\">compagnie <em>Abel<\/em><\/a> dans les environs de Romans-sur-Is\u00e8re, devait assurer une v\u00e9ritable ceinture de protection. Ainsi le dispositif devait \u00eatre mobilisable rapidement pour pouvoir assurer la couverture des op\u00e9rations a\u00e9riennes. Si le Vercors dispose de falaises naturelles qui \u00e9rigent le plateau en forteresse, il n\u2019en demeure pas moins que des faiblesses avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9cel\u00e9es lors de l\u2019\u00e9laboration du plan Montagnards : l\u2019acc\u00e8s par Saint-Nizier \u00e9tait l\u2019objet d\u2019inqui\u00e9tudes qui allaient se r\u00e9v\u00e9ler justifi\u00e9es. La compagnie civile de Grenoble fut ainsi mise en place pour prot\u00e9ger l\u2019acc\u00e8s du plateau en cr\u00e9ant un point de d\u00e9fense sur Saint-Nizier. <br>De retour \u00e0 Grenoble, Paul Brisac s\u2019enquerra d\u2019organiser sa compagnie. Il recruta principalement dans son usine, \u00e0 Merlin-G\u00e9rin, mais pas directement par son interm\u00e9diaire ; ne souhaitant pas trop s\u2019exposer c\u2019est, entre autres, le comptable Guillet et Henri Cocat qui se charg\u00e8rent de prendre contact \u00ab [\u2026] sur un terrain connu d\u2019avance 2 \u00bb. En revanche, de son c\u00f4t\u00e9, il s\u2019appuie sur des amis s\u00fbrs pour recruter. Le sous-lieutenant d\u2019active Andr\u00e9 Paccalet, de Saint-Martin-d\u2019H\u00e8res, est charg\u00e9 d\u2019amener un autre contingent \u00e0 la compagnie ainsi que Gagnaire, le maire de Saint-Martin-le-Vinoux. La jeunesse caract\u00e9rise la compagnie, certaines recrues ont 16 ans et n\u2019ont pas effectu\u00e9 leur service militaire. Le jeune fr\u00e8re d\u2019Andr\u00e9 Paccalet, qui prendra part aux combats, a 14 ans. Elle n\u2019appartient \u00e0 aucun mouvement de R\u00e9sistance, elle n\u2019entre pas dans les desseins de Franc-Tireur : elle a un caract\u00e8re strictement militaire et est apolitique. &nbsp; &nbsp;<br>Selon les plans de Le Ray, cette compagnie devait rester s\u00e9dentaire et les membres, conserver leur emploi. Il fut pr\u00e9vu qu\u2019un message donnant l\u2019ordre de mobilisation leur soit adress\u00e9 afin de gagner leur position. Tapis dans l\u2019ombre des falaises de calcaire, \u00e0 l\u2019automne 1943, la compagnie continue \u00e0 accueillir des recrues et certains se font rafler lors la manifestation du 11 novembre \u00e0 Grenoble. Les consignes de s\u00e9curit\u00e9 sont pourtant drastiques : sans observer le strict cloisonnement des F.T.P (Francs-Tireurs et Partisans), les personnes ne se connaissent que par petits groupes et Brisac n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 quitter son domicile lorsque des personnes sont arr\u00eat\u00e9es sur le plateau. &nbsp;<br>Par choix tactiques inh\u00e9rents \u00e0 la s\u00e9dentarisation et \u00e0 la mise en sommeil de la compagnie qui doit attendre le signal de la mobilisation, les exercices effectu\u00e9s pr\u00e8s de M\u00e9audre \u00e0 partir de mars 1944 sont restreints ; il n\u2019a y pas de tirs \u00e0 balle r\u00e9elle pour pr\u00e9server la discr\u00e9tion. Seules quelques d\u00e9monstrations consistant \u00e0 d\u00e9monter et \u00e0 remonter une arme sont r\u00e9alis\u00e9es en fonction des disponibilit\u00e9s des membres, souvent le samedi ou le dimanche. &nbsp; <br>\u00c0 la veille du d\u00e9barquement, 150 personnes de la compagnie sont mobilisables et connaissent les positions \u00e0 tenir.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>La mobilisation <\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Le 9 juin 1944 au matin, <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#huet\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Fran\u00e7ois Huet<\/a> (<em>Hervieux<\/em>) donne l\u2019ordre \u00e0 la compagnie de prendre position. Mais c\u2019est dans un ordre dispers\u00e9 que les membres se rendirent sur le plateau. D\u00e8s l\u2019annonce du d\u00e9barquement, quelques membres s\u2019\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 rendus sur le plateau, aux Fen\u00eats, leur lieu d\u2019entra\u00eenement. De son c\u00f4t\u00e9, Henri Cocat de Merin G\u00e9rin alerta imm\u00e9diatement les \u00ab Merger \u00bb : selon les ordres d\u2019<em>Hervieux<\/em>, les cars Huillier les attendent au-dessus de Sassenage \u00e0 15h pour les prendre en charge et ainsi gagner les hauteurs. Enfin le sous-lieutenant Paccalet, qui apr\u00e8s un d\u00e9tour par Pont-de-Claix et les Pas en raison des suppos\u00e9s contr\u00f4les allemands sur les ponts du Drac qui m\u00e8nent au Vercors, se trouva enfin sur lesdites positions avec deux jours de retard. <br>Les premiers arrivants, soit environ 50 hommes, sont h\u00e9berg\u00e9s \u00e0 la ferme de La Croix Lichou entre Lans et Saint-Nizier le 9 juin 1944 au soir. L\u2019accueil est chaleureux, mais ils n\u2019ont pas d\u2019armes. E. Chavant (<em>Cl\u00e9ment<\/em>) qui leur rend visite, s\u2019\u00e9tonne, pensant qu\u2019ils avaient constitu\u00e9 une r\u00e9serve dans la vall\u00e9e. Ils sont alors pourvus de fusils anglais, de nombreuses grenades et de mitraillettes et les contacts sont \u00e9tablis avec le P.C. d\u2019 <em><a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#huet\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Hervieux<\/a><\/em>. Brisac demande aussit\u00f4t un d\u00e9lai suppl\u00e9mentaire pour prendre en main les lieux pr\u00e9vus en raison du retard du sous-lieutenant Paccalet.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019engagement, &nbsp;le combat de Saint-Nizier, la suite des combats<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#huet\" target=\"_blank\">F. Huet<\/a> (<em>Hervieux<\/em>) attend des <em>\u00ab [\u2026] \u00e9v\u00e9nements graves \u00bb<\/em>. Il maintient les plans initiaux. Le village de Saint-Nizier et ses hameaux sont alors investis par la compagnie le 10 juin \u00e0 15 heures. La jonction avec la compagnie de Jean <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#jprevost\" target=\"_blank\">Pr\u00e9vost<\/a> (<em>Goderville<\/em>), forte de 60 hommes, est r\u00e9alis\u00e9e et de nombreux volontaires sont incorpor\u00e9s. Le drapeau fran\u00e7ais flotte sur les Trois Pucelles.  Le 13 juin 1944, les Allemands passent \u00e0 l\u2019offensive. Les compagnies Brisac et <em>Goderville<\/em> r\u00e9ussirent \u00e0 repousser l\u2019assaut, m\u00eame si pour Paul Brisac, cette op\u00e9ration consistait \u00e0 sonder l\u2019\u00e9tat des troupes. Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, la section du 6e B.C.A., conduite par Chabal, allait donner un appui d\u00e9cisif aux effectifs d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9s. Le 15 juin, les Allemands reprennent l\u2019offensive tout en \u00e9tant sup\u00e9rieurement arm\u00e9s et avec un contingent plus important. La compagnie est d\u00e9bord\u00e9e et doit se retirer \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du plateau. \u00c0 partir du 15 juin, l\u2019axe Lans-en-Vercors \/ Villard-de-Lans devient un no man\u2019s land, la compagnie Brisac est alors charg\u00e9e de mettre en place une autre ligne de d\u00e9fense pour tenir la vall\u00e9e d\u2019Autrans-M\u00e9audre. Les hommes installent plusieurs points d\u2019appui : un situ\u00e9 \u00e0 la carri\u00e8re \u00ab Converso \u00bb sur la route qui m\u00e8ne de Lans-en-Vercors au col de La Croix-Perrin, au col en lui-m\u00eame, et une mitrailleuse est install\u00e9e aux Jarrands, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e des gorges de La Bourne. Des tours de garde sont organis\u00e9s, les troupes au repos reprennent l\u2019entra\u00eenement et le maniement des armes. Le 16 juillet, ils participent au terrassement du terrain de Vassieux. Des reconnaissances sont effectu\u00e9es en direction de Saint-Nizier pour observer les positions allemandes. Les informations qui proviennent des nombreux canaux de renseignement annoncent le d\u00e9marrage imminent d\u2019op\u00e9rations de l\u2019arm\u00e9e allemande. <br>Le 21 juillet, des avions de chasse allemands accompagnent les planeurs charg\u00e9s de troupes sur le terrain de Vassieux. En parall\u00e8le, une colonne allemande forte de plusieurs centaines d\u2019hommes atteint Saint-Nizier pour investir le plateau. Une partie des troupes occupe peu \u00e0 peu tous les hameaux de Lans \u00e0 Villard, tandis que l\u2019autre tente de s\u2019emparer des cr\u00eates de La Moli\u00e8re, au-dessus d\u2019Engins et du col de La Croix-Perrin qui m\u00e8ne \u00e0 Autrans et M\u00e9audre. Elle se trouve confront\u00e9e aux postes de surveillance de la compagnie, renforc\u00e9e au pr\u00e9alable par des hommes des camps \u00e9tablis d\u00e8s la fin de l\u2019hiver 1943 et par le groupe \u00ab No\u00ebl \u00bb de la compagnie Bordenave (Dufau). Mais, sous la pression et malgr\u00e9 les tentatives de contreattaque, le Col est sous la coupe allemande dans l\u2019apr\u00e8s-midi du 21 juillet. \u00c0 17 heures, le bourg d\u2019Autrans est occup\u00e9. La compagnie se replia alors sur Haute-Valette, qui domine le pont de La Goule noire qu\u2019on a fait sauter. Le 23 juillet, elle occupe Les Jarrands sans entrer en contact avec les troupes allemandes. Dans la matin\u00e9e, Huet leur donne l\u2019ordre d\u2019aller soulager le flanc de Chabal, qui se trouve au Belv\u00e9d\u00e8re de Valchevri\u00e8re. Cependant, lors de leur d\u00e9placement, un paysan signale qu\u2019une voiture allemande d\u2019\u00e9tat-major est attendue sur la route qui m\u00e8ne \u00e0 Bois Barbu. Brisac d\u00e9cide alors de tendre une embuscade. Mais seul un convoi de ravitaillement compos\u00e9 de quelques soldats polonais se pr\u00e9sente. Apr\u00e8s un accrochage l\u00e9ger, la compagnie retourne aux Jarrands et apprend l\u2019ordre de repli.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>La dispersion, la poursuite du combat <\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>La compagnie avait comme consigne, en cas de pression allemande trop forte, de se rendre dans la for\u00eat d\u2019Herbouilly, via Valchevri\u00e8re.<br>L\u2019\u00e9tau allemand changea n\u00e9anmoins ses plans. S\u2019\u00e9tant rendue sur le Plateau tardivement, elle ne connaissait pas les autres points de chute pr\u00e9vus, et peu les sentiers. Apr\u00e8s un discours visant \u00e0 remonter le moral des troupes, toutes les sections sont d\u00e9clar\u00e9es autonomes. Il est alors conseill\u00e9 de se fondre dans la v\u00e9g\u00e9tation en nomadisant, m\u00eame si les recrues sont libres de quitter le Vercors. Les deux tiers de la compagnie d\u00e9cident de rester sur le Plateau. Ceux qui se rendirent dans les vall\u00e9es se firent cueillir ou se noy\u00e8rent dans l\u2019Is\u00e8re. &nbsp; Le 24 juillet, apr\u00e8s avoir partag\u00e9 le reste de nourriture et d\u2019armes, la compagnie se scinde et commence une vie de nomade \u00e0 travers le Vercors. Les consignes sont alors simples : les sections ne doivent en aucun cas accrocher les Allemands pour \u00e9viter les pertes inutiles et les repr\u00e9sailles sur la population et, si possible, un homme doit maintenir les relais entre les groupes. La section d\u2019Henri Cocat s\u2019installe au Col du Mont-Noir, au-dessus de Rencurel, pour observer les mouvements des troupes ennemies. C\u2019est au-dessus de Choranche, dans la for\u00eat des Coulmes, au lieu-dit de \u00ab La Sarna \u00bb, qu\u2019une partie de la compagnie d\u00e9cide de s\u2019installer dans un premier temps. &nbsp;<br>D\u00e8s les premiers jours, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau et le ravitaillement pos\u00e8rent probl\u00e8me ; de plus, les points d\u2019eau \u00e9taient surveill\u00e9s par les Allemands. Dans les premiers jours, les sections vivent de gruy\u00e8re et de pois chiches avant de pouvoir s\u2019approvisionner aupr\u00e8s des fermes alors que les Allemands impos\u00e8rent un ratissage de moins en moins serr\u00e9. &nbsp; &nbsp;Quelques accrochages accidentels se produisirent : le 28 juillet, vers le Col de Romey\u00e8re, des hommes de la mission \u00ab Paquebot \u00bb et quelques membres de la compagnie prennent \u00e0 partie un convoi allemand. Le 4 ao\u00fbt, une patrouille subit le feu des Allemands, le sous-lieutenant Andr\u00e9 Paccalet est bless\u00e9 et soign\u00e9 \u00e0 Rencurel par le Docteur Jean Bernard. Apr\u00e8s deux semaines d\u2019errance, le contact est r\u00e9tabli avec <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/notices-biographiques\/#costa\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Costa de Beauregard<\/a> (<em>Durieu<\/em>), le 6 ao\u00fbt et avec la compagnie Philippe dont le P.C. est \u00e0 Presles, \u00e0 quelques kilom\u00e8tres, le 7.<br>Mais les lieux furent rep\u00e9r\u00e9s : les Allemands d\u00e9cid\u00e8rent d\u2019incendier les fermes et achev\u00e8rent les bless\u00e9s. Brisac \u00e9chappa de justesse \u00e0 la mort.<br>Ainsi, vers le 12 ao\u00fbt, des \u00e9l\u00e9ments de la compagnie Bernard d\u00e9cid\u00e8rent de se rendre aux Feneys, au nord d\u2019Autrans, \u00e0 un endroit bien connu pour leur avoir servi de terrain d\u2019entra\u00eenement au tir lors du printemps. Plac\u00e9s en des lieux plus s\u00fbrs, ils lanc\u00e8rent, le 19 ao\u00fbt, des op\u00e9rations d\u2019observation jusqu\u2019\u00e0 Vinay, dans le Bas Gr\u00e9sivaudan et au-dessus des marais de Cras. D\u2019apr\u00e8s les observateurs, les Allemands \u00e9taient en train de d\u00e9laisser le Vercors et le Dauphin\u00e9, et, apr\u00e8s une derni\u00e8re reconnaissance en direction d\u2019Autrans le 21 ao\u00fbt, il fut d\u00e9cid\u00e9 de descendre du Plateau, par Saint-Gervais. La compagnie Brisac ne comptait plus que 40 hommes sur les 150 engag\u00e9s lors de la bataille de Saint-Nizier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Auteurs :<\/strong> Julien Guillon et Guy Giraud <br><strong>Sources :<\/strong><br><em>A.D. Is\u00e8re, 57J50\/1. T\u00e9moignages de Paul Brisac recueillis par Suzanne<br>Silvestre le 3 novembre 1964, 6 pages et le 23 juin 1977, 7 pages.<\/em><br><em> &nbsp;Dreyfus (P.), <\/em>Histoire de la R\u00e9sistance en Vercors<em>, Arthaud, Paris, 1980, 290 pages.<br><br><\/em> <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le maquis de Malleval \u00c0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1943, deux maquis coexistent dans les hameaux qui ceinturent le village de Malleval. Un camp FTP, sous la direction de Raymond Perinetti, responsable r\u00e9gional, accueille des membres du FN et du PCF \u00ab&nbsp;grill\u00e9s&nbsp;\u00bb, notamment des cadres, des intern\u00e9s politiques, \u00e0 La Lia, hameau des Belles. Un (&#8230;) <a href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/documents-and-analyses\/\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"class_list":["post-5880","page","type-page","status-publish","hentry"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.7 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Documents and analyses - Association nationale des pionniers et combattants volontaires du maquis du Vercors<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/documents-and-analyses\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"en_US\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Documents and analyses - Association nationale des pionniers et combattants volontaires du maquis du Vercors\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Le maquis de Malleval \u00c0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1943, deux maquis coexistent dans les hameaux qui ceinturent le village de Malleval. Un camp FTP, sous la direction de Raymond Perinetti, responsable r\u00e9gional, accueille des membres du FN et du PCF \u00ab&nbsp;grill\u00e9s&nbsp;\u00bb, notamment des cadres, des intern\u00e9s politiques, \u00e0 La Lia, hameau des Belles. Un (...) Lire la suite\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/documents-and-analyses\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Association nationale des pionniers et combattants volontaires du maquis du Vercors\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2021-03-09T13:25:25+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Carte_EM_1950-1012x1024.jpg\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"100 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.vercors-resistance.fr\\\/en\\\/documents-and-analyses\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.vercors-resistance.fr\\\/en\\\/documents-and-analyses\\\/\",\"name\":\"Documents and analyses - Association nationale des pionniers et combattants volontaires du maquis du Vercors\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.vercors-resistance.fr\\\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.vercors-resistance.fr\\\/en\\\/documents-and-analyses\\\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.vercors-resistance.fr\\\/en\\\/documents-and-analyses\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/www.vercors-resistance.fr\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/06\\\/Carte_EM_1950-1012x1024.jpg\",\"datePublished\":\"2021-03-09T13:25:19+00:00\",\"dateModified\":\"2021-03-09T13:25:25+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.vercors-resistance.fr\\\/en\\\/documents-and-analyses\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"en-US\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.vercors-resistance.fr\\\/en\\\/documents-and-analyses\\\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"en-US\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.vercors-resistance.fr\\\/en\\\/documents-and-analyses\\\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.vercors-resistance.fr\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/06\\\/Carte_EM_1950-1012x1024.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/www.vercors-resistance.fr\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2020\\\/06\\\/Carte_EM_1950-1012x1024.jpg\"},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.vercors-resistance.fr\\\/en\\\/documents-and-analyses\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.vercors-resistance.fr\\\/en\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Documents and analyses\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.vercors-resistance.fr\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.vercors-resistance.fr\\\/\",\"name\":\"Association nationale des pionniers et combattants volontaires du maquis du Vercors\",\"description\":\"La flamme de la r\u00e9sistance fran\u00e7aise ne doit pas s\u2019\u00e9teindre et ne s\u2019\u00e9teindra pas &lt;span&gt;Charles de Gaulle, appel du 18 juin 1940&lt;\\\/span&gt;\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.vercors-resistance.fr\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"en-US\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Documents and analyses - Association nationale des pionniers et combattants volontaires du maquis du Vercors","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/documents-and-analyses\/","og_locale":"en_US","og_type":"article","og_title":"Documents and analyses - Association nationale des pionniers et combattants volontaires du maquis du Vercors","og_description":"Le maquis de Malleval \u00c0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1943, deux maquis coexistent dans les hameaux qui ceinturent le village de Malleval. Un camp FTP, sous la direction de Raymond Perinetti, responsable r\u00e9gional, accueille des membres du FN et du PCF \u00ab&nbsp;grill\u00e9s&nbsp;\u00bb, notamment des cadres, des intern\u00e9s politiques, \u00e0 La Lia, hameau des Belles. Un (...) Lire la suite","og_url":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/documents-and-analyses\/","og_site_name":"Association nationale des pionniers et combattants volontaires du maquis du Vercors","article_modified_time":"2021-03-09T13:25:25+00:00","og_image":[{"url":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Carte_EM_1950-1012x1024.jpg","type":"","width":"","height":""}],"twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Est. reading time":"100 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/documents-and-analyses\/","url":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/documents-and-analyses\/","name":"Documents and analyses - Association nationale des pionniers et combattants volontaires du maquis du Vercors","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/documents-and-analyses\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/documents-and-analyses\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Carte_EM_1950-1012x1024.jpg","datePublished":"2021-03-09T13:25:19+00:00","dateModified":"2021-03-09T13:25:25+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/documents-and-analyses\/#breadcrumb"},"inLanguage":"en-US","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/documents-and-analyses\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"en-US","@id":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/documents-and-analyses\/#primaryimage","url":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Carte_EM_1950-1012x1024.jpg","contentUrl":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Carte_EM_1950-1012x1024.jpg"},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/documents-and-analyses\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Documents and analyses"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/#website","url":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/","name":"Association nationale des pionniers et combattants volontaires du maquis du Vercors","description":"La flamme de la r\u00e9sistance fran\u00e7aise ne doit pas s\u2019\u00e9teindre et ne s\u2019\u00e9teindra pas &lt;span&gt;Charles de Gaulle, appel du 18 juin 1940&lt;\/span&gt;","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"en-US"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/5880","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5880"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/5880\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.vercors-resistance.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5880"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}