Rendre hommage, c’est s’engager pour la vigilance citoyenne

Les cérémonies commémoratives de la Saint-Barthélémy grenobloise – cette vague d’arrestations et d’assassinats de résistants – ont eu lieu le 25 novembre place des Martyrs de la résistance.

Les mois de novembre et décembre 1943 ont été cruciaux pour la résistance grenobloise aux forces d’occupation allemande. C’est le moment de deux explosions d’ampleur qui témoignent de l’organisation et de l’efficacité de la résistance. Le 13 novembre, c’est le dépôt d’armes et de munitions du polygone qui saute. Le 2 décembre, la caserne de Bonne est visée par une explosion destructrice.

Daniel Huillier, président de l’Association nationale des pionniers et combattants volontaires du maquis du Vercors, familles et amis. (photos Unadif38 PhB)

Mais ce mois de novembre 1943 est aussi celui de ce que l’on appelé la Saint-Barthélémy grenobloise. Conduite par des membres du Parti populaire français de Jacques Doriot, venu de Lyon sous la direction de Francis André et de la Gestapo allemande, onze dirigeants de la résistance son assassinés, treize autres sont déportés dont huit trouveront la mort en Allemagne.

Des événements que rappelait Daniell Huillier dans une allocution lue par Pierre Buisson, lors de cérémonie commémorative qui a eu lieu le 25 novembre dernier, devant le mur du souvenir à Grenoble, sur le site qui était celui du polygone d’artillerie : « Bien renseignés par des délateurs, exaspérés par l’efficacité de la Résistance qui s’attaque quasi-quotidiennement aux collaborateurs, dans la chasse desquels le groupe Vallier est à la pointe, humilié, au-delà de l’efficacité militaire, par l’explosion du polygone d’artillerie que fait sauter Aimé Requet, les tueurs enchainent arrestations et exécutions. Ils ne frappent pas seulement à Grenoble mais aussi à Bourgoin, à Cessieu, à La Mure, à Saint-Marcellin, au Touvet, à Voiron. Si elle a coûté la vie à de nombreux résistants elle a aussi galvanisé l’engagement local, contribuant à la mémoire héroïque de Grenoble. »

Cécile Cléry-Barraud, directrice de l’ONaCVG Isère.

Lors de cette cérémonie, la préfète de l’Isère était représentée par Cécile Cléry-Barraud, directrice de l’ONaCVG Isère, qui a rappelé l’impératif du devoir de mémoire, en cette année 2025, celle du 80e anniversaire dfe la libération des camps et de la victoire sur l’Allemagne nazie. La Ville de Grenoble était représentée par Emmanuel Carroz, adjoint au maire, qui a rappelé l’importance de l’histoire résistante de Grenoble et la vigilance indispensable face aux dérives idéologiques et au négationnisme. Barbara Schuman, conseillère métropolitaine, représentait le président de Grenoble Alpes métropole, le lieutenant-colonel Arnaud Burret représentait le commandant de la 27e brigade d’infanterie de montagne.

Pierre Buisson a lu l’allocution de Daniel Huillier.

L’allocution de Daniel Huillier se concluait en ces termes : « Ces femmes et ces hommes n’étaient pas des héroïnes ou des héros prédestinés, mais des citoyennes et des citoyens ordinaires : médecins, enseignants, étudiants, ouvriers. Ils ont choisi de dire non à l’oppression, non à la barbarie, et de défendre la dignité humaine au péril de leur vie. Leur sacrifice nous rappelle que la liberté n’est jamais acquise, qu’elle se conquiert et se défend, parfois au prix du sang.
Grenoble, ville de Résistance, ville Compagnon de la Libération, porte encore aujourd’hui la marque de ce courage. En commémorant ces journées sombres, nous ne cherchons pas seulement à pleurer les disparus. Nous affirmons notre fidélité à leurs idéaux : liberté, égalité, fraternité. »

Dépôt de gerbe d’Emmanuel Carroz, adjoint au maire de Grenoble.