Une foule nombreuse s’est rassemblée à la nécropole puis au village de Vassieux-en-Vercors pour rappeler le souvenir des combattants des maquis et le martyr du village de Vassieux perpétré le 21 juillet 1944.
Plus d’un millier de personnes ont assisté à la cérémonie commémorative des combats du Vercors, ce 21 juillet à la nécropole de Vassieux-en-Vercors. Cette affluence exceptionnelle était notamment due à l’Union fédérale des anciens combattants et victimes de guerre qui avait affrété quelque quatorze cars venus de toute la France pour participé à cette cérémonie à Vassieux, l’une des cinq communes Compagnon de la Libération.
Devant les cent quatre-vingt-sept sépultures de la nécropole, Pierre Buisson, président national de l’Association nationale des Pionniers et combattants volontaires du maquis du Vercors, et la préfète de la Drôme, Marie-Aimée Gaspari, ont pris la parole.

Pierre Buisson rappelait que « c’est à la mémoire de l’ensemble des victimes de la résistance en Vercors sans distinction d’origines, de nationalités, d’orientations politiques ou spirituelles que depuis 1947 nous nous retrouvons pour ce moment de recueillement et de souvenir plus que jamais nécessaire afin que les valeurs pour lesquelles nos aînés se sont battus – liberté, égalité et fraternité – ne soient pas que des mots mais la justification de leur courage et de leur sacrifice pour notre pays et sa population ». Après un hommage appuyé aux résistants qui nous ont quittés en 2025, Alphonse Taravello, Marc Serratrice et Daniel Huillier, Pierre Buisson prenait un engagement : « C’est avec détermination que nous poursuivrons » les missions dont Daniel Huillier avait marqué la présidence de l’association des Pionniers depuis 2002, année au cours de laquelle il avait pris la présidence de l’association. « Plus que jamais, l’œuvre de transmission est importante, sans relâche, nous irons à la rencontre de la jeunesse, c’est eux qui demain auront ce travail à effectuer, à nous de les sensibiliser à ce devoir de mémoire. Le conseil d’administration par ma voix, affirme sa volonté de relever les défis de l’avenir. »

Rendant elle aussi hommage à Daniel Huillier, la préfète de la Drôme rappelait l’histoire du maquis du Vercors et le souvenir des victimes « de la barbarie nazie ». Une histoire qui débute dèsla fin de l’année 1942 jusqu’aux combats de l’été 1944. Elle évoquait notamment cet épisode du rétablissement de la République proclamé le 3 juillet par Eugène Chavant et Yves Farge. Citant l’historien récemment panthéonisé Marc Bloch, elle relevait que « préserver la mémoire n’est pas se tourner vers le passé » mais au contraire que les valeurs pour lesquels les résistants se sont battus « avec cette indéfectible fidélité qui nous oblige » « montre le chemin à suivre ».

La cérémonie, qui avait lieu en présence de plus d’une centaine de porte-drapeaux, a été suivie d’un passage dans la salle du souvenir, créée par l’association des Pionniers au début des années 80, où Aurélie Dessert, directrice du Mémorial national de la prison Montluc, et Julien Guillon, historien référent du mémorial de la résistance en Vercors, ont pu exposer les raisons d’être de ce lieu voulu par les Pionniers pour transmettre l’histoire des maquis du Vercors. Ce fut l’occasion pour la préfète de la Drôme et le général Thierry Burkhard, délégué national de l’ordre de la Libération, de signer le livre d’or qui recueille en ce lieu les messages des personnalités qui l’ont visité.

C’est au village de Vassieux que les cérémonies se sont poursuivies, village martyr détruit par l’armée allemande le 21 juillet 1944 après de violents combats. Les troupes allemandes avaient été transportées par des planeurs jusqu’au cœur de la plaine de Vassieux.
Cérémonie émouvante où les familles de victimes – soixante-treize civils furent assassinés, la plus jeune ayant 18 mois et la plus âgée 93 ans – ont déposé des fleurs à l’appel des noms des victimes devant le martyrologe situé au coeur du village. Le maire, Thomas Ottenheimer prenant la parole pour appeler à résister « à l’érosion de ce que nos aînés ont construit », et refuser « chacun à notre échelle la violence et la haine, la recherche du bouc émissaire » afin de « se montrer digne de ceux que nous honorons aujourd’hui ».

Le général Thierry Burkhard, délégué national de l’ordre de la Libération, lui succédait en estimant que « les habitants de Vassieux, l’une des cinq communes compagnons de la Libération, ont une responsabilité collective pour conserver la mémoire du sacrifice » des martyrs de l’été 44. Pour le général, ces résistants qui ont « accompli leur devoir de patriotes » doivent aujourd’hui « être une source d’inspiration » pour tous citoyens, et promouvoir « l’esprit de défense qui doit nous animer » au moment « où la liberté est à nouveau menacée sur notre continent européen ».
Les cérémonies se sont achevées par un dépôt de gerbes puis par le salut aux porte-drapeaux.
Les cérémonies se sont déroulées en présence notamment de Marie-Aimée Gaspari, préfète de la Drôme ; Thomas Ottenheimer, maire de Vassieux commune compagnon de la Libération ; général Eric Maury, directeur adjoint de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre ; général Thierry Burkhard, délégué national de l’ordre de la Libération ; Marie Pochon, députée de la Drôme ; Marie-Pierre Mouton et Marie-Pierre Monier, sénatrices de la Drôme ; Bernard Buis, sénateur de la Drôme ; Franck Soulignac, président du conseil départemental de la Drôme ; Imen De-Smedt vice-présidente représentant le président du conseil départemental de l’Isère ; Isabelle Peters, adjointe représentant madame la maire de Grenoble, ville Compagnon de la Libération.
















